Interview de ManuB et prochaine manche du Championnat de poker

29/04/2009 à 16:10 - Actualités -  0 commentaires

Chez Manuel Bevand, plus connu sous le pseudo "ManuB", la passion du jeu est une longue histoire. Devenu joueur professionnel du team WInamax, il enchaîne les succès dans les tournois...

 

Son histoire :

 

 

J’ai toujours été fasciné par les mécanismes, les règles du jeu. Très tôt, j’ai été intéressé par la question « comment ca marche ? », « comment je peux modifier pour que cela marche comme j’en ai envie »
Je programmais des jeux en Basic sur mon Amstrad 464 à cassette. Puis après sur Amiga, et PC.
Au départ je voulais surtout jouer, mais j’avais cette curiosité… Maintenant je suis plus intéressé par la mécanique derrière les jeux que les jeux eux-mêmes.

 

J’essaie de chercher des points commun entre des jeux très différents : dans la gestion des ressources, l’utilisation ou pas d’éléments aléatoires, la façon dont ils cherchent à provoquer des plaisirs ou des sensations, etc...
C’était un chemin tout tracé de devenir game designer, sauf que le métier n’existait pas vraiment à proprement parler. Avant, c’était le chef de projet qui s’occupait de la vision du jeu, ce qui est impensable maintenant. Maintenant il y a des experts en game design, des équipes entières qui ne se penchent que sur ses questions : scénario, jouabilité, gameplay, difficulté, progression, plaisir, etc.

 

Entre 2002 et 2004, j’ai donné de nombreuses conférences dans diverses écoles (ingénieurs, programmation, etc), ainsi que des cours réguliers pendant plusieurs années à Supinfogame, la première école française de game design.
J’ai participé à la Game Developper’s Conference à San Jose, à l’E3 à Los Angeles…
Je n’ai pas fait d’études pour ce métier, car cela n’existait pas à l’époque. Le métier s’est structuré au début de ma vie professionnelle. Donc dès le début, j’étais intervenant dans les écoles en même temps que j’apprenais mon métier sur le terrain.
Le programme annuel de Supinfogames porte de lourdes traces de mon passage ! Des générations d’étudiants traumatisés, bref…


Une start-up lyonnaise voulait créer un jeu vidéo… Ils cherchaient un chef de produit. Je me suis fait embaucher grâce à mon expérience de joueur de Magic, un jeu dans lequel je m’étais beaucoup investi (performances dans les compétitions, articles, etc) J’ai réalisé un premier jeu avec ce studio, un jeu de stratégie au tour par tour : Duelfield. Petit succès critique, gros échec commercial. Cette première expérience m’a permis de lancer une carrière freelance, et d’intervenir comme prof/conférencier.

C’est moi qui ai tout conçu… C’était un petit jeu sympa. Il a fallu dealer avec les problématiques de production d’un jeu que je ne connaissais pas à l’époque. Planifier la production, respecter les contraintes de budget et de développement…

Ensuite, je suis devenu freelance… Le jeu vidéo français traversait une crise, et il n’y avait que très peu d’embauches. J’ai proposé mes services en freelance, ce qui arrangeait bien les studios de prod, qui appréciaient la flexibilité. J’étais l’un des deux trois game designer français qui savaient ce qu’ils faisaient [rires]

Donc, j’ai bossé sur plusieurs projets, pour divers studios lyonnais, parisiens, bordelais… Toujours au même poste : principalement du travail de conceptualisation créative et de conception de documents.
Mon boulot, c’était souvent un studio qui venait me voir et me disait « on a ce projet de jeu, il nous faut quelqu’un pour l’écrire et l’étoffer », ou « on a cette technologie, on cherche des concepts de jeu pour aller avec ».

Parallèlement, j’ai gagné un concours de game design organisé par Nokia. Avec un codeur et un graphiste, on a réalisé Countdown, un petit jeu, pour la N-Gage, et on a remporté le premier prix de 15,000 euros. J’ai encore le chèque géant !

 

Parallèlement, j’ai découvert le poker fin 2004, durant les championnats du monde de Magic. Je bossais la journée, et je jouais en ligne le soir. Au bout d’un moment, il a fallu choisir. Pas un choix difficile, en fait : mes conditions de travail s’étaient dégradées sérieusement à la suite du rachat de PAM par une boîte américaine. Et puis, j’avais besoin de vacances…
Cela n’a pas été une si grosse décision, de tout abandonner pour le poker : j’étais confiant de pouvoir retrouver un travail si l’expérience poker n’eut pas marché.
Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu à me poser la question… Mon expérience de game designer m’a bien aidé pour le poker. J’avais déjà une bonne vision des mécanismes de jeu de stratégie, par exemple sur la théorie des jeux. Cette expérience m’a aidé par exemple dans la compréhension des mécanismes profonds qui se cachent derrière chaque choix, et aussi pour examiner le bien fondé des conseils stratégiques que l’on retrouve dans les bouquins , sites… Aussi, l’expérience acquise à Magic m’a bien aidé, pour le côté concentration et compétition.

Au poker, j’ai été un « fish » pendant deux mois, et puis j’ai commencé à gagner.
Et voilà !
Je ne pense pas revenir un jour dans l’industrie du jeu vidéo en tant que salarié… Une fois qu’on a gouté à la liberté qu’offre le statut de joueur de poker pro, il est difficile de revenir en arrière. Cependant, j’ai gardé beaucoup de liens avec le milieu du jeu vidéo, pour éventuellement bosser en freelance sur des projets qui me plaisent. J’ai d’ailleurs quelques pistes, mais il est trop tôt pour en parler !
Je suis encore régulièrement l’actualité, à la recherche de concepts innovants, mais il faut avouer qu’il y en a peu. En ce moment, il n’y a pratiquement que des suites, ou des concepts qui existaient déjà.

Je joue à World of Goo et à Warhammer 40K : Dawn of War 2. Et je ne dis jamais non à un bon FPS en solo, genre Far Cry, Crysis ou Call of Duty 4. Mon jeu de référence reste Civilization… J’ai installé le dernier mais je n’ai pas encore eu le temps d’y jouer vraiment.

 

Si vous aussi vous voulez faire vos premiers pas dans le poker ou consolider vos connaissances, rendez-vous lundi 4 Mai à 21h pour la prochaine manche du Championnant de poker Millenium!

 

 

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