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Dragon Age : Origins est sorti récemment et son engouement auprés du public amateur de jeu de rôle ne pouvait passer inaperçu. Je suivais l'actualité de ce nouveau titre de Bioware depuis plusieurs mois, et vous livre mes impressions du dernier titre édité par Electronics Arts. Depuis la sortie du mythique Baldur's Gate puis NeverWinter Nights, nombreux jeux de rôles se sont annoncés comme étant leurs successeurs. Mais ces derniers ont rarement atteint la qualité offerte par les 2 titres de Bioware, et ont souvent été considérés comme des titres « pour patienter ». Le Messie du JdR moderne est attendu depuis de nombreuses années, mais avec la sortie de Dragon Age : Origins, les puristes pensent qu'il est enfin arrivé parmi nous. Est-ce que seul Bioware pouvait recréer le succès de titre de Bioware ?
Secret Ashes, une quête du jeu
Il y a plus de 10 ans, Bioware sortait Baldur's Gate, un jeu de rôle sous licence ADD, considéré comme le summum du jdr solo. 3 ans plus tard, le studio renouvelait l'exploit en créant enfin un multijoueur réussi dans un JdR (Et sans être un MMO) avec NeverWinter Nights grâce au système de Modules.. Puis gardant les règles d'ADD, Bioware sortait KOTOR, Knights of The Old Republic, dans l'univers de Star Wars, grande réussite technique et commerciale. Puis Mass Effect, jeu dans un univers futuriste mais tout aussi intéressant où l'on ressent le début du concept des choix moraux que le joueur devra faire tout au long du titre et que l'on retrouve dans DAO. Puis Bioware est revenu à son premier amour, l'Heroic Fantasy. Dragon Age : Origins a été annoncé il y a 4 ans et son développement a subi des hauts et des bas, comme nous le verrons plus loin. Débarrassé de son carcan que lui imposait les règles d'ADD et son univers des Royaumes Oubliés déjà visité sous toutes les coutures, Bioware a donc dû créer un univers propre a lui, et un systeme de règle de jeu solide. De plus, ils ont su rendre le monde de Ferelden sombre et violent, au background accrocheur, solide, et je suis sûr qu'il deviendra un nouvel univers de référence. Par contre la structure du jeu, les nombreux rebondissements du scénario, la vue stratégique des combats rappellent fortement Baldur's Gate. Alors, Dragon Age : Origins est-il le Messie ? L'avenir de la race naine se joue sur cette conversation...
Dès le début du jeu, l'univers sombre et torturé de DAO vous sautera à la gorge, quel que soit votre choix de personnage, parmi les 3 races et les 3 classes de départ et parfois 2 origines différentes (Noble ou homme du commun). Commencez avec un Nain Noble dans la ville d'Ostagar et vous serez en prise avec le fameux « Pouvoir derrière le Trône » avec toutes les conséquences que cela implique pour un jeune Nain. Commencez donc l'histoire avec un Humain Guerrier et vous découvrirez que la trahison a un goût bien amer et qu'il faut souvent savoir retenir son désir de vengeance. Choisissez un Mage et vous serez directement mélé aux conflits entre la Chantrie, la religion principale, les Templiers, sorte d'Inquisiteurs qui surveillent les mages, et ces derniers qui ne cherchent qu'à se libérer du joug de la Chantrie. Dans tous les cas, vous serez un électron libre qui selon votre prologue, votre histoire personnelle, vos premiers contacts, changera beaucoup de choses dans ce Ferelden. Pour couronner le tout, il se prépare un nouvel enclin, sorte d'armagueddon qui n'avait été évité que par le sacrifice d'un groupe connu sous le nom des Gardes des Ombres. Duncan, Responsable de ce groupe amoindri mais toujours vaillant, cherche de nouvelles recrues capables de passer le Rite d'Initiation. Mais, le serez-vous ? Une Abomination, un mage possedé par un démon
Quel que soit votre prologue parmi les 6 possibles, vous découvrirez que le scénario est très touffu, complexe, et que chaque choix que vous ferez aura réellement des conséquences plus tard, parfois démesurées. L'histoire est particulièrement ouverte et bien ramifiée. Si vous décidez d'aider telle personne, ou tel empire, ce choix aura une conséquence, car un château assiégé peut tomber aux mains de l'ennemi, car vous avez tardé, ou bien si, en tant qu'Humain Noble, vous avez préféré laisser vivre cet assassin à la solde de votre « traître préféré » pour qu'il aille prévenir que vous arrivez vous venger, ne soyez pas étonné que cela se sache, en bien ou en mal. Car comme je l'indiquais dans l'introduction, les choix moraux auront un impact réel sur le jeu. Et, pour avoir testé (grâce au Save n'Load, bien connu des amateurs de JdR) plusieurs choix moraux majeurs, leurs conséquences sont importantes. Un exemple de choix difficile qui « spoilie » un peu le jeu, en fonction du prologue que vous avez choisi : un enfant de 6 ans est il responsable de meurtres commis par possession ? Ou bien est ce la Mère qui connaissant le secret de son fils a tenté de le faire exorciser en secret - c'est interdit par la Chantrie - entrainant des conséquences graves puisque le Mage, qui se trouve être votre meilleur ami (selon un prologue), a profité de tout ce charivari pour empoisonner le seul ennemi, le père de l'enfant, qui pouvait s'opposer au « traître préféré » (d'un autre prologue) ? Quel sera votre choix ? Tuer l'enfant, sacrifier la mère pour sauver l'enfant, choisir en priorité de sauver le père malgré les risques de laisser l'enfant vivre pour la population locale ? N'est il pas grandiose ?
Votre personnage ne s'arrête pas au prologue qui lui donne une origine. Il a aussi un physique ! Un éditeur de personnage relativement correct est intégré au jeu, et je vous conseille fortement de bien choisir votre apparence, car vous vous verrez sans cesse dans les cut scenes du jeu. Ces Cut-Scenes sont d'une excellente qualité et les dialogues extrêments bons. Ayant joué à la version US avant la version FR, je vous promets que la qualité du doublage est terrible. Les traducteurs ont fait un excellent boulot, ayant poussé le vice jusqu'à retravailler les scènes pour que les mouvements labiaux correspondent aux délais des phrases et du doublage ! L'immersion dans l'histoire et vos choix n'en sont que plus réels ! Apres le choix de l'apparence apparaît la partie technique du jeu, le choix des caractéristiques. Bioware a dû créer son propre système de règles. Elles sont assez classiques, mais bien plus faciles à comprendre que celles d'ADD. Vous avez la Force, qui détermine le toucher avec les armes lourdes et de contacts, le port d'armure, et les dégâts infligés en combat. La dextérité qui régit la défense, le toucher avec les armes de distances et d'autres détails. Augmenter la volonté permets d'augmenter la Mana pour les Casters, l'énergie pour les CaC, et la résistance aux sorts. La Magie permet l'apprentissage de sorts, l'augmentation des dégâts magiques et la pénétration des sorts. La Ruse régit quasiment toutes les autres caractéristiques car elle influe autant sur la chance de toucher, d'ouvrir des coffres, de faire les poches ou sur les choix de dialogues comme la persuasion ou la diplomatie. Vous avez un nombre de points de départ selon votre race, puis 5 points à attribuer selon votre classe. Selon votre origine, vous avez aussi des compétences de départ. Par exemple, un Nain du Commun saura faire les poches et créer du poison, alors qu'un Humain Noble aura déjà une certaine expertise des armes. Seul votre personnage, car vous pouvez gérer le développement des autres personnages, aura accès à la Rhétorique, basé sur la ruse, et qui permettra d'influencer vos interlocuteurs par la persuasion ou la diplomatie, voire les effrayer, amenant de nouveaux choix de dialogues.
Alistair se livre a certaines confidences au campement le soir...
J'ai vraiment trouvé de grande qualité les différents personnages que l'on peut intégrer à notre groupe. Ils ont tous une âme et sont très crédibles. Ils dépassent rapidement le stade du NPC Lambda. J'adore vraiment Alistair, un ancien templier, Morrigan la sorcière qui découvre la vie en société, Leliana la barde au passé sulfureux, le serial killer Sten, la « vielle mégère aux principes », l'assassin à l'humour décapant aussi loyal que peut l'être un mercenaire. Une mention spéciale au principe du Mabari, sorte de chien de combat qui a le regard plus vif que nombreux de mes collègues, et que l'on peut nommer. De plus, les histoires d'amour entre personnages sont possibles, ma relation avec l'une des membres de ma troupe ayant entraîné un conflit qui a fini dans un bain de sang. Mais certains de nos choix au cours de l'aventure peuvent déplaire à nos collègues. Par exemple, ne pas tuer un homme malade qui souffre d'une maladie incurable dans un stade avancé nous fait passer pour un être faible pour l'un, pour un homme avec de la compassion pour Leliana, et un être abject pour Sten le psychopathe. Leur loyauté évolue donc, et ils peuvent même quitter le groupe en cas de désaccord. Avec violence parfois, rejoignant même le camp opposé...On peut donc leur faire cadeau d'objets trouvés au cours de l'aventure. Morrigan a par exemple un faible pour les grimoires, Leliana pour les objets liés a la religion et Pustule (c'est mon chien) pour les os de mouton, d'agneaux et/ou d'ours, le tout dans le but de les garder auprès de nous ou de se faire apprécier suite a un choix moral déplaisant. Quand vos alliés vous apprécient particulièrement, ils peuvent se confier à vous et apparaît de nouvelles quêtes secondaires. De plus, vos personnages peuvent intervenir dans les cut-scenes s'ils se sentent impliquer dans l'histoire. Et certains NPCs refusent de nous parler s'ils sont en désaccord avec nos alliés ! Pustule, Warzilla, Duncan, et le Roi de Férelden.
Même si le jeu se dit Heroic-Fantasy, il y a quand même pas mal de choses très actuelles. Univers sombre, trahisons, prises de positions très tranchées, tout cela nous donne un univers de Ferelden loin d'être idyllique. Les Elfes ne sont plus qu'un pâle reflet de leur ancienne civilisation, et ont été réduits en esclavage par les humains et ne sont rarement plus que de simples domestiques. Les nains sont devenus un peuple rare, difficile d'accès, et bien trop hautain pour être appréciés. De plus, leurs règles d'Honneur avec un grand H font que tout nain sortant des villes naines devient un paria et ne peut plus prétendre à de l'aide des autres nains. Les castes de marchands en sont parfois amenées à piller leurs propres ancêtres pour continuer à vivre. Le conflit qu'oppose la Chantrie aux différents cercles de Mages exarcebe encore plus la haine dans le monde de Ferelden, et fait miroir aux conflits entre les différents banns, tierns et seigneurs entre eux pour le Pouvoir. Le seul personnage qui tenait tout ce monde était le Roi, et quand celui va.... J'vais quand même pas vous raconter l'histoire non ? Je vous laisse deviner la suite.... Sacrée Morrigan...
Le monde est particulièrement découpé. Vous ne pourrez pas accéder à certaines zones avant de les avoir débloquées. Nous ne sommes pas dans un univers à la Baldur's Gate où l'on se promène pour atteindre notre lieu de quête. Là, un carré sur la carte vous amene a une destination, à une partie du jeu limitée. Les zones apparaissent parfois restreintes et le manque d'ouvertures vers l'extérieur peut donner l'impression d'être enfermé. Mais les zones visitées restent d'excellentes factures. Vous pouvez voyager entre les différentes zones, et faire des rencontres particulières, ou importantes pour l'Histoire au travers de cinématiques qui expliquent ce qui se passe de l'autre coté de Ferelden.
Graphiquement, on sent que le jeu a été commencé il y a plus de 4 ans. Graphismes corrects, mais pas transcendants, personnage un peu rigide, et certaines textures tout simplement moches. Mais l'ensemble est très valable, de bonne facture, surtout avec des effets spéciaux d'excellentes qualités, avec mention pour les sorts de feu et d'électricité. Je crois que j'ai fait une connerie...
Gérer 4 combattants en même temps peut être complexe, surtout pour les néophytes. Vous pouvez donc automatiser certaines actions. Chaque combattant possède des scripts que vous pouvez configurer, et que le combattant exécutera selon la situation. Par exemple, si votre personnage principal est ciblé par un adversaire a distance, vous pouvez configurer qu'un personnage mette hors combat celui-ci par un sort, ou bien d'automatiser un soin si votre personnage passe sous les 50% de HP. Il y a des centaines de possibilités de scripts, et plus vous gardez ce combattant avec vous, plus il gagne de possibilités de scripts. Si par accident, un de vos personnages tombe au combat, il se relèvera si au moins un membre du groupe survit au combat. Par contre, il recevra des blessures importantes qui l'handicaperont tant qu'il n'aura pas été soigné. Un truc aussi à gérer dans les combats sont les sorts de zone. Les boules de feu, ou cône de givre touche tout autant vos adversaires que vos compagnons. Le placement de vos personnages est donc très importants, et il faut souvent utiliser le décor à votre avantage si vous souhaitez tenir longtemps dans ce jeu. Bloquer une porte par 2 CaCs et allumer à distance avec vos 2 casters sera le B.A.BA de ce jeu. La stratégie sera très très importante. Il ne faut surtout pas laisser à un Ogre la place pour charger, il faut éviter d'avoir trop de personnes au contact avec les spectres etc... On apprend souvent sur le tas, et au combat suivant, on ne commet pas une deuxième fois une erreur. Choulie ? Dommage, c'est un rêve. Pour ceux qui lisent en diagonale, je vais résumer ce que je pense de Dragon Age : Origins. Bioware a su revenir aux origines, comme l'indique le sous-titre, avec un Baldur's gate de haute volée, retravaillé, débarrassé des règles ADD beaucoup trop restrictive à mon goût et surtout bien plus mature que toutes leurs autres productions. Le sigle « 18 ans et + » est loin d'être anodin, le monde de Ferelden étant parfois bien plus sombre que notre univers. Le graphisme a souffert des 4 ans de développement, l'animation aussi, mais cela reste secondaire dans ce style de jeu. Les graphismes ne sont pas horribles, juste dépassé techniquement, mais les jeux de lumières, la mise en scène, le leveldesign rattrapent tous ces défauts légers. La jouabilité est excellente, la stratégie dans les combats hautement passionnante et certains rencontres sont épiques. Les quêtes secondaires du jeu sont parfois bien plus difficiles que la trame principale de l'histoire. La gestion de l'inventaire, des personnages est de bonne qualité, un gros « plus » pour les cadeaux envers nos compagnons, cela rajoute beaucoup de profondeurs au coté Rôle Play du jeu. Une énorme mention pour le scénario, qu'on dévore du début jusqu'à la fin, et tous les choix que celui propose. Sachez qu'aucun choix ne sera anodin, et vous vous maudirez parfois d'avoir choisi à la légère une solution à un conflit sans réfléchir plus avant aux conséquences de vos actes. Le « Noir ou blanc » n'existe pas dans ce jeu, vous ne voyagerez que dans différentes teintes de gris. A vous de voir si vous préférez le gris clair ou le gris foncé ? Village People s'est reformé....
Pour finir, j'aimerais dire que Dragon Age : Origins a été une énorme surprise pour moi. Il a réussi à me faire décrocher de WoW depuis plusieurs semaines, et avec plus de 32h de jeu dessus, je ne suis qu'a 18% de l'aventure. Et vu comme le scénario est bien ficelé, je sais que je vais continuer à y jouer, car je pressens quelques rebondissements une fois les 3 grands axes du jeu effectués. Je n'ai pas eu du tout le même plaisir à tester ces dernières semaines Ego Draconis 2 ou Risen, qui restent des jeux corrects, mais bien inférieurs à la qualité d'un DAO. Je sais que je recommencerais l'aventure, car j'ai toujours été un « fignoleur » et jouant avec un mage, je regrette certains choix de sorts/spécialisation. Je recommencerais bien immédiatement avec un Rogue Nain, ayant vraiment aimé le background nain. Et d'avoir dû laisser autant de coffres non-ouverts me fendait le cœur ! :D
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