Le jeu vidéo doit-il être un sport ?

Si l'eSport était reconnu par l'Etat

24/07/2011 à 08:12 - Actualités -  97 commentaires

Tout bon gamer qui se respecte a, dans sa jeunesse, été confronté à ses parents parce qu'il jouait en cachette, de préférence à une heure tardive. Inévitablement, le jeune « geek » en pleine formation monte au créneau et entend un jour ou l'autre défendre sa passion auprès de l'autorité parentale. Malheureusement, pour la plupart d’entre nous, la sentence tombait, définitive : « arrête avec tes jeux, et va faire du sport ». Ouch !

" quasiment aucun effort « physique ».... ce critère n'a pas empêché les échecs d'obtenir le titre de sport en janvier 2000 "

 

Ainsi fût initiée la lente marche du jeu vidéo pour acquérir une reconnaissance, une légitimité en tant que « sport » officiel et agréé. L'issue n'est pas évidente : le sport électronique ne demande quasiment aucun effort « physique » pour ses acteurs, mais ce critère n'a pas empêché les échecs d'obtenir le titre de sport en janvier 2000. À l'inverse, le Conseil d'État a refusé que le paintball devienne un sport lors d'un arrêt du 13 avril 2005. On voit donc bien que la notion de sport transcende l'aspect physique. Le duo de commentateurs français de Starcraft II Pomf et Thud ont d'ailleurs livré leur avis à ce propos : « je pense que la première fois que la fédération de curling a postulé pour faire accepter cette discipline en tant que sport traditionnel, on l'a regardée d'un air narquois... »1. Le débat fait donc rage aujourd'hui, dopé par le succès croissant que connait l'e-sport auprès du public.

 

Les deux commentateurs Starcraft 2

Pourtant, en marge de la polémique, peu se posent la question suivante : qu'est-ce que le jeu vidéo gagnerait à être considéré comme un sport ? L'enjeu ici n'est pas de déterminer si le jeu vidéo est un sport ou non, mais d'imaginer les conséquences s'il acquérait un tel label.

Il y a deux choses. La première est de voir que considérer l'e-sport comme un sport au même titre que les autres permettrait l'élargissement de son public, et donc favoriserait sa croissance, son importance. L'idée est que si l'e-sport devient légitime, l'histoire de la confrontation avec les parents n'a plus lieu, et le jeune geek peut aisément continuer sa passion, et diffuser l'envie aux autres. Le problème majeur de cette analyse est qu'elle est pratiquement impossible à quantifier, puisqu'elle se base sur l'évolution d'un imaginaire collectif.

Or, comment savoir à quel point les parents vont changer d'avis ? Comment anticiper les limites de l'expansion de l'e-sport ? Même s'il était légitime, il se pourrait qu'il ne plaise qu'à un public restreint. Après tout, le tir à l'arc et le bobsleigh sont des sports officiels et ont une audience limitée. En plus, ces évolutions ont lieu malgré le tampon officiel. Les mentalités changent sans demander leur avis aux actes administratifs. Les États-Unis ont longtemps refusé de reconnaître l'existence de la Chine communiste, mais cela n'a jamais empêché à la République populaire de Chine d'exister...

Du coup, les discussions sur les bénéfices du label de « sport » occultent un aspect primordial : l'institutionnalisation. C'est la deuxième conséquence, la plus importante, et pourtant la moins mise en avant dans les débats. Si l’État français acceptait le jeu vidéo en tant que discipline sportive, qu'est-ce que cela signifierait ?

"...le Ministère aiderait le développement du sport électronique"

 

Voyons concrètement ce qu'il se passe. D'abord, pour obtenir le titre de sport agréé, il suffit de créer une fédération (association type loi 1901) et de demander au ministère de la Jeunesse et des Sports … de l'agréer. Le ministère reste cependant libre de refuser s'il considère que ce n'est pas un sport, d'où la problématique actuelle. Prenons donc l'hypothèse irréaliste que la Fédération Française des jeux vidéo en réseau (qui existe depuis 2004) obtienne cet agrément.

Une fois obtenu, cette fédération entre sous la tutelle du Ministère actuel de Chantal Jouanno, et participe donc à l’exécution d'une mission d'intérêt général. L'e-sport aurait alors des droits et des devoirs. Il faut essayer de se représenter ce que cela signifie.

 

Le tournoi LDLC SC2 Summer Trophy

D'une part, cela veut dire que notre fédération recevrait des aides financières conséquentes. En dialoguant avec l'Etat, l'e-sport fixerait des « conventions d'objectifs » à travers lesquelles le Ministère aiderait le développement du sport électronique : aides matérielles pour l'organisation de LAN, subventions pour rémunérer les professionnels dans le milieu (managers, organisateurs), financements pour la communication autour des événements, etc. Par exemple, pour la compétition qu'a mis en place Llewellys dans les locaux d'EPITA/EPITECH, les collectivités publiques seraient intervenues pour aider à l'installation, pour fournir du matériel, ou encore pour libérer des locaux. À titre informatif, pour l'année 2011, l'État a versé presque 100 millions d'euros aux fédérations pour les aider financièrement.

1 - http://www.esportsfrance.com/actualites/25383/

2 - « L’aide de l’Etat se tra­duit par une inter­ven­tion finan­cière signi­fi­ca­tive auprès des fédé­ra­tions spor­ti­ves : 74,9 mil­lions d’euros pré­vus en loi de finan­ces 2010, aux­quels s’ajou­te­ront 18,25 mil­lions d’euros attri­bués au titre du fonds de concours du Centre natio­nal pour le déve­lop­pe­ment du sport (CNDS). » Source : http://www.sports.gouv.fr/index/acteurs-du-sport/role-du-ministere/les-relations-entre-l-etat-et-les-3056

Woopsy


Pour aller plus loin :

> Fédaration française des jeux video

> Direction des sports

bandeau PC Millenium
Commentaires :
  • J'ai déjà un compte

  • Je n'ai PAS de compte,

larve

28/07/2011 à 15h04

@ Morkem : ce que tu as écrit ci-dessous est consternant …

« Soyons clair, il vaut mieux privilégier la pratique des échecs que du paintball. Je pense que le problème n'est pas réellement sur le plan de l'activité physique mais plus clairement sur le plan moral. »

Si je suis ton raisonnement, j’en déduis que tu conseillerai à une personne de jouer aux échecs plutôt qu’à SC2 ou Counter-Strike car ces 2 jeux sont basés sur la simulation d’une guerre. Et moralement c’est pas bien...

Moi qui pensais qu’un gamer était la personne la plus à même de comprendre ce que le paintballer pratiquant la compétition endure en terme d’image renvoyée par la « société ». Je vois que tu tombes exactement dans le même travers en jugeant une activité que tu ne connais pas ou très peu. Belle mentalité !

Larve
Joueur de paintball « sportif » durant 6 ans
Manager d’une LU SC2

Morkem

28/07/2011 à 08h53

Citation Envoyé par jekoh Voir le message
Les 2 exemples qui font jurisprudence ont été cités par l'auteur et ouvre une brêche a cette définition.
Selon ta définition les Echecs ne sont pas un sport et ils font pourtant parti de la liste des fédérations sportives
Selon ta définition le paintball devrait être un sport et pourtant ils ne sont toujours pas reconnu, la fédération de paintball sportif (FPS) lutte depuis plus de 6ans pour un statut qui tombe sous le sens avec ta définition et pourtant il y a toujours des résistances politiques
http://www.paintball-france.com/Page.php?id=412
http://www.paintball-france.com/Page.php?id=892

Maintenant quand on voit que l'aéromodélisme et l'aerostation (mongolfiere) est reconnu comme sport, on se dit que l'e-sport pourrait l'être
Effectivement 2 soucis se posent. Le premier c'est qu'il y a, dans les sciences de la vie, autant de définitions que d'auteurs. Le second, c'est qu'il y a (peut être à cause du premier) des écarts entre ce qu'évoquent les chercheurs et l'application qu'en font ensuite les politiques. Soyons clair, il vaut mieux privilégier la pratique des échecs que du paintball. Je pense que le problème n'est pas réellement sur le plan de l'activité physique mais plus clairement sur le plan moral. Et le plan financier comme l'article l'évoque.

Craimefraych

25/07/2011 à 23h46

En ce qui concerne l'article, mon humble avis est que j'espère que le jeu vidéo ne deviendra pas un sport officiel, du fait du poids des contraintes engendrées par rapport au quelques avantages.
- Cela tirerait un trait entre les joueurs pros (possédant la licence et présent régulierement sur la scène professionnelle) et les joueurs amateurs (chez eux entrain de s'amuser ou qui assiste a des évenement comme les lans. On ne verrait peut-être plus la branche amateur de la DreamHack pour les tournois SC2 par exemple, les joueurs devront en effet posséder une licence.
- Les avantages financiers apportés sont-ils vraiment nécessaires ? As-t-on réellement besoin d'un soutien financier, hormis les organisations de tournois ou d'évenement, pour pratiquer cette activité ? Je ne parle pas du matériel personnel de la personne (son ordinateur, enceintes, clavier, ecran, carte graphique, etc.) mais bien d'espace de réunion pour la pratique du sport, comme un terrain de tennis, de golf ou de matériel trop cher pour l'aquisition à un particulier comme la mise en place d'un système de location comme pour les tenues d'escrime. Les serveurs de jeux vidéo pourraient bien être subventionné par l'Etat. (Je ne pense pas que Blizzard laisserait un Etat prendre des décisons sur un serveur, par contre l'aide financière...) Bien sur, l'aide financière se ressentirait et la scène de ce qui est aujourd'hui l'e-sport en France connaitrait une poussée nouvelle. Mais ceci fera encore une séparation entre les joueurs professionnels qui ressentiront les aides et les joueurs amateurs, toujours chez eux, qui verait peut-être les améliorations sur les streams, mais pas en jeu (sport). On retiendra que, hormis les événements, les aides financières pourront donner du matériel tel que des serveurs ou des locaux, lieux de rencontres des joueurs. (peut-être que j'ai perdu de vue un aspect, vous pourrez écrire un post pour corriger ce que j'aurais oublié
- Mon avis personnel est que le jeu vidéo devrait tout d'abord être reconnu comme une activité pouvant être pratiquée d'un point de vue professionnel ou amateur. Les principes des jeux vidéos étant différents de ceux du sport, (participation universelle, un certain anonymat, pas d'activité physique intense) peut-être qu'il faudrait songer à créer une nouvelle institution (pourquoi pas le Ministère des Jeux Vidéo Multijoueurs avec Compétitions, mais il ne faut pas rêver) différentes et correspondant au critères de la pratique des activités vidéoludiques multijoueurs.

Merci pour la lecture !!! et longues vies aux Craimes !!!

EDIT : Réponse a la problématique, le jeu vidéo doit-il être un sport ?
EDIT 2 : Le début était HS.

FoUsTy

25/07/2011 à 20h40

Typhonx : tu représentes ceux pourquoi je trouve que le JV ne doit jamais être un sport.
Passion ou non!
EDIT : "une visite médicale neurologie : You Made My Day !

Poypoy

25/07/2011 à 19h55

Tiens je savais pas trop où coller ça... bon je vais faire un petit sc2 pour m'entraîner à un futur massacre dans une 20aine d'années... bn

"Attentats en Norvège : le jeu vidéo, éternel bouc émissaire des tueries"
http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/07/25/le-jeu-video-eternel-bouc-emissaire-des-tueries_1552692_651865.html#ens_id=1551858

typhonx

25/07/2011 à 19h39

Bonjour.Le Esport OUI a 200 %. Subventionner Non.
S'il dois y avoir plus de place sur les Chaines Tv, évidement.
Le Esprot Pas de dopage,pas de triches. Subvention,trop de fédérations sont pourris par un encadrement sans compétences et
Souvent limite.Viols,pédophilie, détournement de fonds(l'actualité
en est souvent échos).Du sport pation ,bon il y aura des pubs,mais
quel pied.Enfin de joueurs a notre portée.Des journaux,(des sélections,local,départemental, régional,Les barres a frites, l’accordéon ^^).Gamers unissons nous.
Créer un monde a notre image quoi ;).

jekoh

25/07/2011 à 18h21

Citation Envoyé par Morkem Voir le message
Hum si ca me semble clair... Ma définition met en avant l'habileté personnelle comme facteur essentiel de l'activité sportive. Echec et poker peuvent être joués par une autre personne que moi si je me contente de dire ce qu'il faut jouer. Golf, billard et même curling ne le peuvent pas.
N'hésites pas à donner les activités qui te posent problème pour en discuter.
Les 2 exemples qui font jurisprudence ont été cités par l'auteur et ouvre une brêche a cette définition.
Selon ta définition les Echecs ne sont pas un sport et ils font pourtant parti de la liste des fédérations sportives
Selon ta définition le paintball devrait être un sport et pourtant ils ne sont toujours pas reconnu, la fédération de paintball sportif (FPS) lutte depuis plus de 6ans pour un statut qui tombe sous le sens avec ta définition et pourtant il y a toujours des résistances politiques
http://www.paintball-france.com/Page.php?id=412
http://www.paintball-france.com/Page.php?id=892

Maintenant quand on voit que l'aéromodélisme et l'aerostation (mongolfiere) est reconnu comme sport, on se dit que l'e-sport pourrait l'être

Aless

25/07/2011 à 17h42

On aura tout vu avec toi le barbier mdr , visite médical pour joué a un jeux on aura tout vu

Le_Barbier

25/07/2011 à 16h31

bonjour a vous alor pour donner mon avi sur le sujet je dirai que oui le jeu video devrait etre un sport reconu mais avec des conditions bien definies, du style interdit au moin de 16 ans et pas pratiqué par n'importe qui non plus, il faudrai crée une federation francaise avec une visite medical neurologique pour chaque nouvel adherent, ca pourait etre envisagable

Morkem

25/07/2011 à 16h22

Hum si ca me semble clair... Ma définition met en avant l'habileté personnelle comme facteur essentiel de l'activité sportive. Echec et poker peuvent être joués par une autre personne que moi si je me contente de dire ce qu'il faut jouer. Golf, billard et même curling ne le peuvent pas.
N'hésites pas à donner les activités qui te posent problème pour en discuter.