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ENTRETIEN : Avec l'aide de Tony Parker, Team LDLC fait le pari de l'éducation

ENTRETIEN : Avec l'aide de Tony Parker, Team LDLC fait le pari de l'éducation
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Depuis la Tony Parker Adéquat Academy, Stephan Euthine, directeur de Team LDLC, s'est entretenu avec nous sur une rentrée pas comme les autres. L'équipe y accueille cette année un cursus esport-étude ambitieux, et souhaite alerter sur le sort précaire des joueurs professionnels en devenir.

ENTRETIEN :  Avec l'aide de Tony Parker, Team LDLC fait le pari de l'éducation

À travers un nouveau partenariat, qui s'inscrit en grandes lettres dans une collaboration plus large avec Tony Parker, Team LDLC a décidé de tenir le pari. Celui d'un esport académique responsable, avec en toile de fond nombre de précédents déplorables qui ont abîmé l'image de l'éducation, de la formation et de la professionnalisation dans le milieu de l'esport.

La Tony Parker Adéquat Academy, l'équipe académie officielle de Team LDLC, concourra dès l'année prochaine dans une nouvelle ligue professionnelle, la Division 2 de League of Legends. Mais à la différence de n'importe quelle autre équipe de haut niveau en France, les jeunes joueurs de la TPAA poursuivront, entre deux séances d'entraînement, un rythme scolaire classique qui s'étale de la seconde à la terminale, au sein d'un établissement flambant neuf.

Dans le cadre de notre reportage dans leurs locaux à Lyon, Stephan Euthine, Directeur Général de Team LDLC, met en lumière ce nouveau défi de l'accompagnement pour les structures professionnelles. En plus d'être un sujet de société émergent dans l'esport, la question de l'éducation, et surtout de la capacité des équipes professionnelles à y répondre, rassemble désormais des enjeux de marque.

Une posture à définir face à la déscolarisation des joueurs

Évidemment, pour Team LDLC et son président, avoir une star du basket planétaire — et une figure du sport-étude — comme appui est un énorme atout à l'origine du projet.

« Quand on parle de jeu vidéo, qui a encore souvent dans la tête de certaines personnes mauvaise presse, arriver avec un ambassadeur comme Tony Parker ouvre des portes. Le faire résonner dans l'esport, c'est bien plus fort que d'avoir laissé le terme "Team LDLC Academy". Tout le monde connaît Team LDLC, puisqu'on est en Ligue 1. Tout le monde sait qui nous sommes dans l'écosystème. Ce qui m'intéresse, c'est d'amener le regard extérieur sur l'écosystème. Ce n'est pas avec la Team LDLC que l'on va amener plus de regards extérieurs ».

La TPAA est un institut de formation reconnu dans le monde du basket professionnel - Millenium
La TPAA est un institut de formation reconnu dans le monde du basket professionnel

C'est en renouant avec l'école que Team LDLC et son représentant espèrent figurer comme les porte-étendard d'un esport qualifié de « responsable », un esport modèle en soi, donc un esport visible. À la TPAA, le principe est simple : Team LDLC et l'équipe pédagogique vont travailler de concert avec les joueurs pour leur offrir une issue professionnelle après le lycée, que ce soit devant ou derrière l'écran.

« L'objectif c'est que tout le monde se professionnalise, d'une manière ou d'une autre, dans le métier qu'il veut faire, et que la passion soit le fil conducteur. Il faut qu'on pense à l'avenir des joueurs professionnels dans nos clubs. Si on ne le fait pas maintenant, on va nous obliger à le faire, parce que dans le monde du sport, c'est déjà le cas ».

L'idée, si tant est qu'elle soit teintée de bon sens, peut surprendre. Aujourd'hui, les structures qui peuvent se permettre d'établir leur modèle économique sur l'apport d'un suivi pédagogique et d'un vrai savoir-faire pour rendre opérationnel sont rares — voire inexistantes —, là où les projets long-terme cèdent souvent la place à la recherche pressante de la performance. À partir de ce constat lacunaire, Team LDLC a élaboré un pari sur l'avenir.

« Le but, c'est que chaque carrière finance la formation des jeunes de demain. Ainsi, on crée un cercle bénéfique de "retour à l'envoyeur" dans cette formation. C'est un pari qu'on fait, nous. On va s'assurer, d'un côté, que les études soient toujours le focus initial pour qu'ils continuent leur formation, et de l'autre côté, que nous ayons bien cette possibilité de professionnalisation derrière ».

Avec la multiplication des équipes académiques, notamment depuis l'arrivée des contrats de franchise, de nouvelles perspectives d'évolution s'ouvrent aux clubs, qui recrutent désormais des profils de plus en plus jeunes. En intégrant de jeunes talents avec un très haut niveau d'encadrement, Stephan Euthine fait comprendre que Team LDLC dispose d'un matériau de base pour le développement de sa propre marque.

« Prendre une académie, c'est au moins les prendre au SMIC à l'année. Le coût d'un SMIC à l'année, on a décidé qu'on préférait le mettre dans une formation plutôt que de leur faire un contrat et de les déscolariser en les mettant au SMIC.

Par contre, derrière, on a maintenant tout un écosystème que l'on construit autour, et cette formation va aussi me permettre de limiter mes pertes ».

Le box d'entraînement tout neuf de la TPAA version esport - Millenium
Le box d'entraînement tout neuf de la TPAA version esport

Ce dernier point soulève l'autre question de la rentabilité des équipes esport, qui se heurte souvent à un discours alarmiste, peu enclin à la prise de risques. Parier sur un modèle économique est une chose, le risquer en est une autre pour Team LDLC. Concernant le rendement de cette initiative, le directeur de la marque a suscité beaucoup d'interrogations.

« Avoir des joueurs professionnels, ça coûte cher. Aller chercher des joueurs professionnels dans un autre pays, ça coûte cher. Peut-être qu'en les formant, cela va me coûter pendant un an la somme de les former en France, mais les salaires que je vais devoir débourser, et les buyouts (rachats) que je n'aurais pas à payer vont me permettre de rentrer dans mes finances ».

Vers un travail de pédagogie à l'intention des institutions

De toute manière, les futurs résultats de l'équipe en championnat n'impacteront pas le projet. Stephan Euthine se montre confiant sur le fait de réussir à joindre culture de l'apprentissage et ambition de la performance. Il met déjà en valeur les « très bons profils » arrivés depuis le mois d'août à la TPPA, et sait qu'il « tirera quelque chose de ces jeunes ». Un optimisme qui amène l'équipe championne de France de League of Legends à considérer d'autres terrains de jeux.

« La problématique qu'on a sur le choix du jeu, c'est que c'est une promesse qu'on va faire au joueur, qui est en seconde et qui aura son bac à la fin de sa terminale. Est-ce que le jeu sera encore là, trois ans plus tard ? Est-ce que le jeu est construit pour que les clubs puissent s'installer correctement ? ».

En attendant l'arrivée programmée d'une académie CS:GO, le directeur de Team LDLC affiche tout de même sa prudence sur une expansion "industrielle" de la TPAA. Il s'agit surtout de montrer l'exemple pour les Foxes, car l'académie s'apprête à vivre une première "année test" sur tous les plans. À l'échelle des infrastructures comme de l'expertise dans la performance, le groupe LDLC a le soutien de la Tony Parker Adequat Academy, qui est lui-même un institut de formation reconnu dans le monde du basket.

Cependant, en ce qui concerne l'esport en tant que discipline, tout reste à prouver pour s'attacher la crédibilité des médias, des institutions publiques ou des grandes marques privées. À l'aide de son projet éducatif, Team LDLC pousse sur un premier levier auprès de l'opinion.

« Pour eux, l'esport, c'est la virtualisation du sport. Ils ne savent déjà pas ce qu'est l'esport en terme de définition ou d'engouement populaire. L'esport est un outil qui, mal utilisé, peut mener comme n'importe quelle activité à des extrémités néfastes pour les pratiquants. Donc on doit déjà acculturer ces personnes là sur nos pratiques. Une fois qu'elles sont acculturées, le regard change complètement ».

En parallèle, les joueurs prennent part à une vie scolaire classique - Millenium
En parallèle, les joueurs prennent part à une vie scolaire classique

Cette pédagogie, le directeur de Team LDLC, professeur de sciences physiques de formation, la poursuit pour la deuxième année consécutive à la tête de l'association France Esports, l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur ces enjeux. Avec cette double casquette lui incombe aussi une lourde responsabilité, et le devoir de « faire les choses bien » dans le cadre de sa démarche.

« La présidence de France Esports, ce n'est pas "je vous amène ma légitimité en tant que Président". Si le Président de France Esports fait n'importe quoi, c'est une catastrophe pour tout l'écosystème en terme de communication. Le rôle de France Esports, sur ce côté-là, c'est de communiquer sur tous ces bons formats. Le but de France Esports va être de communiquer sur les bonnes pratiques ».

Avec, bientôt, la publication d'une série de Guides pédagogiques destiné aux acteurs de l'esport, l'association espère attirer l'attention sur la Responsabilité Sociale des Entreprises, qui est un « vrai sujet » d'actualité pour son président. Même si, pour Stephan Euthine, la racine du problème est bien plus profonde.

« C'est plus qu'un sujet d'entreprise, on commence à alerter sur l'aspect social. Notre problématique, elle est sociale. L'esport est populaire et il ne faut pas qu'on en fasse un secteur élitiste. Trouvons le moyen de garder cette continuité et, donc, de créer des formats sociaux. C'est une vraie mission qui va alerter les institutions ».

Dans cette action pour la professionnalisation — et pour la prévention de nouveaux abus susceptibles de défrayer la chronique —, Stephan Euthine entend prendre part, lui aussi, à un jeu d'équipe.

Il attend aujourd'hui des signaux venant de ses « camarades de jeu », impatient de voir comment les grandes équipes à Paris comptent se saisir de la question incontournable de l'éducation, et de la lutte contre la déscolarisation au sein des clubs.

esport

REPORTAGE : Le premier cursus esport-étude dans l'académie de Tony Parker

À Lyon, les jeunes pensionnaires de la TPAA représenteront bientôt Team LDLC dans une toute nouvelle ligue semi-professionnelle. Avec l'aide du basketteur et d'un cursus esport-étude inédit, l'équipe française s'est emparée du problème de la déscolarisation des futurs joueurs professionnels.

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