Tokihiro Naito, pionnier japonais des jeux RPG d’action en monde ouvert, vit actuellement une situation difficile. Malgré son rôle dans la création de titres historiques comme Hydlide, il peine aujourd’hui à retrouver un emploi dans l’industrie du jeu vidéo. À 50 ans, ce développeur vétéran fait face à un problème qui revient très souvent... la discrimination liée à l’âge. Alors que sa carrière aurait dû être un atout majeur pour sa recherche d'emploi, il se retrouve rejeté par de nombreuses entreprises japonaises. Son témoignage met en avant un problème très présent dans le secteur au Japon, où les talents "seniors" se voient souvent marginalisés malgré leur expérience.
Dans le jeu vidéo, l'’expérience ne suffit plus...
Aujourd’hui directeur chez M2, Tokihiro Naito, a partagé publiquement sa frustration face à la réalité du marché japonais. Après la fin de son précédent contrat, il a envoyé près d’une centaine de candidatures, mais environ 90 % ont été rejetées uniquement en raison de son âge. Même lorsqu’il obtenait des entretiens, ils semblaient parfois juste symboliques d'après lui, sans réelle intention de recrutement derrière. Ce constat illustre la difficulté pour les professionnels expérimentés du monde du jeu vidéo de rester actifs dans un secteur fortement centré sur la jeunesse et l’innovation rapide tout en étant flexible.
Le cas de Tokihiro Naito n'est malheureusement pas un cas isolé... D’autres vétérans, comme Hiromasa Iwasaki ou d’anciens collaborateurs de T&E Soft, rapportent des expériences similaires, parfois même accompagnées d’insultes liées à l’âge. Cette situation démontre que, malgré une solide réputation et un parcours reconnu dans ce corps de métier, les développeurs âgés de plus de cinquante ans rencontrent de véritables obstacles pour continuer à travailler au Japon. Cette tendance reflète une culture industrielle, la jeunesse prédominent au détriment de l’expérience accumulée.
Une problématique très présente dans l’industrie japonaise
Ce problème est révélateur pour beaucoup et il pointe un problème plus large, l’absence de lois explicites contre la discrimination par âge dans le secteur vidéoludique au Japon. Là où les studios étrangers semblent considérer l’âge comme un facteur secondaire lors des recrutements, au Japon, les talents seniors sont souvent écartés, même pour des postes correspondant parfaitement à leur expertise. Cette réalité pousse certains à chercher des opportunités à l’étranger ou à se reposer sur leur réseau pour trouver un emploi.
Les conséquences pour l’industrie sont pour le coup importantes. L’exclusion des professionnels expérimentés limite la diversité des perspectives, de la vision créative et de la transmission des connaissances aux jeunes générations. Elle peut également ralentir l’innovation, puisque ces vétérans ont souvent contribué à poser les bases techniques et créatives de nombreux genres, comme les RPG en monde ouvert. Tokihiro Naito espère que son témoignage éveillera les consciences et incitera les studios japonais à reconsidérer leurs pratiques de recrutement. La reconnaissance de l’expérience et l’intégration des talents seniors pourraient non seulement enrichir les projets liés au jeu vidéo, mais aussi préserver un héritage précieux dans le développement vidéoludique japonais.







