Maintenant que les attentes sont essentiellement dirigées vers le projet "Polaris", ou plus communément The Witcher 4, Tomasz Marchewka, une des figures clé de CD Projekt Red, revient sur l'héritage de Cyberpunk 2077. Pour lui, la force du jeu ne se trouve pas dans la profusion de néons, ni dans son arsenal d'armes toutes plus stylées les unes que les autres, mais dans une approche radicale et assumé de son écriture : la mise en lumière des failles irréparables de ses personnages.
Cyberpunk 2077 : Pourquoi les personnages ont-ils autant d'impact ?
Pour Tomasz Marchewka, l'intérêt d'une histoire ne réside pas dans une simple réussite "héroïque", mais dans la manière dont un personnage se débat avec ses propres limites et démons. Le scénariste ne cache pas son penchant pour les récits amers et dramatiques. Il le confie sans filtre lors d'une interview pour le média GamesRadar en disant ; "Ce que je préfère explorer en tant qu'auteur, que ce soit pour des jeux vidéo, des bandes dessinées ou autre, ce sont les failles d'un personnage. J'aime explorer les failles. J'adore les erreurs inévitables, et j'aime voir où cela mène le personnage".
Cette philosophie d'écriture donne énormément de densité au développement d'un personnage et à ce que peut ressentir un joueur quand il va interagir avec, car il pourrait se reconnaître dans certains comportements ou questionnement qu'il verra.
Contrairement à de nombreux RPG qui proposent des expériences de jeu où le joueur a la possibilité d'incarner une version idéalisée de lui-même, Cyberpunk 2077, quant à lui cherche à les confronter à des personnalités carrément imparfaites qui forcent à se questionner sur toutes les actions que l'on peut faire dans le titre. Que ce soit le personnage de V ou de Johnny Silverhand, aucun ne ressort indemne ou totalement vertueux des histoires qui composent Night City.
Pour le directeur de The Witcher 4, ce sont ces "erreurs inévitables" qui créent un lien fort et organique avec le public. En acceptant que ses histoires aient "rarement une fin heureuse", il offre une dimension plus humaine à ses personnages et une forme bien plus réaliste à ses récits, loin des clichés du héros qui doit sauver le monde. C'est cette vulnérabilité constante et les remises en question auxquelles on doit faire face qui font que Cyberpunk 2077 est un jeu à part.
Night City, une ville qui fait ressortir nos parts les plus sombres !
En parallèle de la narration, ce qui marque le plus les fans, c'est la conception de la ville de Night City. Dans Cyberpunk 2077, l'adversaire n'est pas seulement une corporation ou un mercenaire qui nous veut du mal, c'est l'environnement urbain et le lieu dans lequel on évolue en tant que joueurs. Tomasz Marchewka insiste sur le fait que l'équipe de développement a rapidement réalisé que Night City devait être le principal antagoniste du jeu. Cette ville est si présente et oppressante qu'elle pousse les individus dans leurs derniers retranchements, forçant des choix moraux où la "bonne" solution n'existe souvent pas.
Tout le point de l'élaboration du RPG repose sur un schéma de pensée bien précis, et le directeur de chez CD Projekt RED l'explique bien en déclarant ; "Explorer le côté sombre de la nature humaine est passionnant, car nous pouvons aussi apprendre quelque chose sur nous-mêmes". C'est là que réside le génie du jeu ; car il utilise le cadre futuriste pour poser des questions universelles sur la survie et l'identité des êtres humains.
Les défauts des personnages avec lesquels on évolue, accentués par la pression imposée par la ville de Night City, deviennent ce qui dirige l'intrigue et font que nous sommes face à un jeu considéré comme un chef d'œuvre. En refusant les dénouements trop "faciles", CD Projekt Red permet au joueur de ressentir le poids réel de ses décisions. Cette approche est, en tout cas, devenue une règle et une ligne directrice que Tomasz Marchewka compte emporter avec lui pour la suite de la saga The Witcher, et on ne peut qu'être rassuré ou heureux de ce choix !









