Le succès unanime de Baldur's Gate 3 au cours de l'année 2023 a marqué l'histoire du jeu vidéo, propulsant Larian Studios au sommet et sur le devant de la scène. Pourtant, le studio belge a choisi de tourner la page pour retrouver ses propres licences, comme notamment Divinity. Face à cette décision, Hasbro, propriétaire des droits, cherche activement un successeur pour développer un Baldur's Gate 4. Une tâche qui s'avère particulièrement complexe, puisque les plus grands talents du milieu refusent déjà de relever ce défi jugé "impossible".
L'ombre de Baldur's Gate 3 et Larian Studio est-elle trop grande ?
Pour imaginer l'avenir de la franchise, Hasbro s'est naturellement tourné vers des figures historiques de la licence et des développeurs reconnus du milieu. L'entreprise a ainsi approché James Ohlen, l'ancien co-concepteur principal du mythique Baldur's Gate 2. Cependant, le verdict de ce vétéran de l'industrie a été sans appel, puisqu'il a poliment décliné l'offre d'Hasbro, affirmant que la réalisation d'un projet comme celui qui lui a été présenté, en prenant en compte les forces en présence, "serait un échec".
Pour James Ohlen, succéder au chef-d'œuvre de Larian Studios relève tout simplement du suicide créatif. Tenter de rivaliser avec un titre ayant raflé le prix de jeu de l'année en 2023 lors de la cérémonie des Game Awards et marqué durablement les esprits des joueurs est une pression que peu de créateurs sont prêts à accepter. Il déclare ainsi au média PC Gamer ; "Je ne voudrais pas rivaliser avec ça. Développer Exodus est déjà assez difficile, mais devoir rivaliser avec Baldur's Gate 3 ? Ce serait de la folie". Le fossé creusé par les équipes de Swen Vincke est si profond qu'aucun studio ne semble vouloir assumer le poids d'une comparaison inévitable et potentiellement destructrice pour sa réputation.
S'attaquer à un monument sans les atouts de Larian Studio
Au-delà de la simple comparaison artistique, le problème d'un projet autour de Baldur's Gate 4 est avant tout technique. Le succès du troisième opus repose en grande partie sur le moteur de jeu propriétaire de Larian Studio, une technologie peaufinée et améliorée depuis l'époque de la sortie de Divinity : Original Sin. Reprendre tout ce travail impliquerait donc de repartir de zéro, et qu'on se le dise, c'est un gros risque. James Ohlen a d'ailleurs ajouté lors de son entretien, sans mâcher ses mots, qu'un nouveau studio ferait face à "au moins une demi-décennie d'horreur, juste pour construire tout cela".
James Ohlen a même envisagé l'hypothèse de louer le moteur de Larian Studio pour simplifier les choses, mais cette option n'est pas viable sur le moyen/long terme. D'parès lui, Swen Vincke est le "maître incontesté du développement de ce genre de systèmes", et il sera difficile de reproduire les résultats de Baldur's Gate 3 en utilisant le même moteur. Détrôner Larian est quasi impossible à l'heure actuelle en raison de leurs outils fondamentaux, de leur savoir-faire institutionnel et de la synergie de leur équipe. Bien que Hasbro refuse de baisser les bras et continue de chercher des solutions pour faire vivre l'univers de Donjons & Dragons, l'avenir d'une suite directe s'inscrit dans un grand flou sans le studio qui lui a redonné ses lettres de noblesse il y a maintenant quelques années.









