Le jeu vidéo est souvent décrié alors qu'il comporte de nombreux aspects positifs. Défouloir, détente, support au relationnel, versant pédagogique ou encore thérapeutique, le jeu vidéo est un formidable outil de médiation et de lien social.
Déjà Montaigne écrivait au XVIe siècle que "Le jeu devrait être considéré comme l'activité la plus sérieuse des enfants." En jouant, l'enfant fabrique son imaginaire, lui permettant de mettre à distance certains mouvements négatifs et d'intérioriser des images mentales des différentes situations rencontrées. Le jeu apporte donc la continuité dont un enfant a besoin pour se construire. Dès le plus jeune âge, le jeu sert donc d'appui à la reconnaissance de la réalité car lorsque celle-ci ne donne pas immédiatement satisfaction, l'enfant crée des jeux de substitutions, pour mieux supporter l'absence de réponses. L'expérience de la réalité pousse donc à être créatif tout en permettant de nombreuses expérimentations. "On dirait que", début de nombreuses histoires d'enfants, pose d'emblée un cadre : on fait "comme si". S'inventer 1000 vies à la minute, c'est le principe même du jeu.
Tout petit donc, l'être humain fait la différence entre le jeu et la réalité. Pourtant, une fois adulte, jouer devient inacceptable par la société ou considéré comme le syndrome de Peter Pan : les joueurs ne veulent pas grandir !
"Grandir" doit donc signifier de lâcher l'imaginaire au profit des valeurs comme le travail ? Qu'en est-il de toutes ces personnes qui prennent plaisir à travailler ? La vie n'est-elle pas un terrain de jeu géant ?
Notre société de consommation, basée sur le plaisir perdu et les désillusions l'a malgré tout compris. Réalité austère, liberté humaine déclarée comme telle, mais finalement utopique et précaire, "On peut en savoir plus sur quelqu'un en une heure de jeu qu'en une année de conversation" (Platon)
Les principaux impacts positifs du jeu sur la personne
- Effets sociaux des jeux : L'un des aspects les plus positifs puisqu'il permet le rapprochement des classes sociales et d'âge, contrairement à l'idée basique que s’approprient les médias : exclusion, enfermement et isolement. En effet, le jeu est fédérateur en plus d'un point, qu'il s'agisse de Lan, de guilde, ou tout simplement de jeu de salon familial. Ces liens sociaux sont bels et bien là, trop souvent oubliés par les observateurs.
- Impact positif sur la personne : Le jeu en lui-même est un outil sans conséquences qui permet un engagement total alors qu'il divertit au même moment. En fonction du type de jeu, la créativité, l'imaginaire ou encore la réactivité de l’individu est influencé de manière bénéfique. Cet aspect thérapeutique se transforme en nouvelles pédagogies dans divers domaines. Vous avez également tous été touchés par l'aspect scolaire du jeu puisqu'il permet également l'apprentissage de beaucoup de choses, dont l'anglais ou la grammaire.
- La famille : Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'expérimentation des parents est un atout considérable dans la réduction des fossés entre les générations. La connaissance des parents permet de responsabiliser les enfants tout en connaissant le contenu et les limites du jeu. C'est donc un outil formidable pour les familles, s'il est bien utilisé, qui influencera positivement l'apprentissage de l'enfant.
Ces points seront abordés plus largement dans un dossier complet publié prochainement à l'aide de Vanessa Lalo.


