Le premier jeu de la licence Reigns est sorti en 2016 et sa formule simple, mais efficace, lui a permis de devenir l'équivalent du Monopoly, mais pour le jeu vidéo. Plusieurs variantes sont sorties depuis, dont un crossover remarqué avec Game of Thrones. C'est au tour d'une autre licence populaire d'avoir droit à son adaptation, avec The Witcher de CD Projekt Red (pour le distinguer de la série TV et des livres). La sortie du quatrième jeu étant toujours loin à l'horizon, on peut dire qu'il arrive au bon moment pour aider les joueurs à patienter, y compris dans les transports en commun.
- Genre : Narratif, Choix, Aventure
- Date de sortie : 25 février 2026
- Plateformes : PC (Steam, GoG), iOS, Android
- Développeur : Nerial
- Éditeur : Devolved Digital
- Prix : Indéterminé, probablement autour de 5 euros
Reigns de pique
Pour ceux qui ne connaissent pas le gameplay de Reigns, il est très simple. On peut le décrire comme un Rogue-lite narratif à base de carte événement semi-aléatoires offrant deux choix distincts. On commence chaque nouvelle partie avec quatre jauges à moitiés remplies et chaque fois influencera différentes jauges dans un sens ou dans l'autre. Accepter d'aider les êtres humains va remplir leur jauge, mais cela risque de vider celle des non-humains en contrepartie.
Tout est une question d'équilibre et de mesure dans Reigns, puisque si une des jauges est complètement vide, ou au contraire, qu'elle est pleine, la mort vous attend. Dans le jeu originel, cela représentait l'équilibre entre les factions, leur pouvoir, leur influence et leur attitude envers vous. Reigns:The Witcher reprend ce concept avec humour en les remplaçant avec les humains, la sco'iatel/les non-humains, les mages et la voie du Sorceleur. Geralt doit trouver la solution correspondant au moindre mal, même si ça implique de maltraiter des orphelins à l'occasion, pour ne pas finir sur le bucher.
Donnez une pièce à votre Witcher
Le véritable de Reigns: The Witcher n'est pas vraiment Géralt, mais plutôt Jaskier, qui écrit des contes et des chansons sur des aventures complètement imaginaires du Sorceleur. Cela explique pourquoi elles peuvent adopter une morale plus que douteuse et une fin aussi absurde qu'abrupte à chaque fois. Cela relève presque des fables de La Fontaine, avec Geralt qui décide de ranger son épée pour changer de voie, ou qui meurt lors d'une orgie de magiciennes. Cela permet d'offrir une grande liberté narrative, tout en préservant le ton et l'humour tantôt noir, tantôt grivois de la licence.
Chaque nouvelle partie tire au hasard trois cartes thématiques, que vous pouvez retirer au besoin. Chacune correspond à un thème spécifique, comme le fait d'être gentil avec Ablette, ainsi qu'un pouvoir spécial dans certains cas, comme une invincibilité temporaire ou la révélation de l'impact exact de chacune de vos décisions. D'autres sont liés à une aventure spéciale, par exemple affronter la redoutable Tarasque souffleuse de poison ou une enquête à mener. Réussir à progresser en parallèle dans les objectifs parfois contradictoires de ces cartes, tout en essayant de ne pas mourir, est un sérieux numéro d'équilibriste pour Geralt.
Vos résultats sont notés sous la forme d'étoiles lorsque Geralt finit d'une façon ou l'autre par mourir (ou son équivalent), ce qui alimente le niveau de popularité de Jaskier. Les niveaux débloquent de nouveaux thèmes, ainsi que des contrats spéciaux pour Jaskier, qui devra choisir les bons thèmes joués pour répondre à un public mortellement exigeant. Même les différentes morts expérimentées par Geralt servent de conclusion utile. En cas d'erreur, on retourne jouer normalement, pour tenter de marquer un meilleur score sur les différents thèmes ou pour débloquer de nouvelles cartes avant de retenter sa chance.
Même si la mort est intégrée à la boucle de gameplay, l'équilibrage des réponses, ainsi que la clarté des choix, laisse à désirer. Dans de nombreux cas, l'effet d'un choix s'avère être complètement l'inverse de ce à quoi on s'attendait logiquement, où il y a de ramifications inattendues, ce qui mène à des fins de partie prématurées un peu frustrantes. De plus, certains choix n'en sont pas vraiment et vos jauges vont évoluer entièrement en dehors de votre contrôle. Une série de mauvaises cartes d'affilée vous conduira parfois tout droit vers un Game Over inévitable. Heureusement, avec de l'expérience, les bons pouvoirs et un peu de chance, il est aussi possible d'avoir une aventure exceptionnellement longue.
C'est assez amusant et distrayant et la tournure que prend chaque partie peut s'avérer complètement différent en fonction des thèmes qui ont été tirés. Leur nombre important, ainsi que la large galerie de personnages et d'événements, offrent une durée de vie assez variée et solide. Un autre élément plus dynamique qui vient renouveler le gameplay est l'intégration de combats.
Leur principe est tout à fait dans l'esprit de Reigns. Le jeton de Geralt va automatiquement à droite ou à gauche, en fonction de votre dernier swipe et il faut éviter la pluie de jetons d'attaque de l'adversaire, tout en passant sur les jetons d'attaque, de soin et de signes au bon moment. Cela représente surprenamment bien les pouvoirs de chaque monstre et c'est plus difficile que cela en a l'air, mais différents bonus permanents, ainsi que quelques options permettent de moduler la difficulté, voire de complètement éliminer cet aspect du jeu, s'il ne vous convient pas.
Histoires à jouer debout
Autant le dire tout de suite, Reigns est avant tout un jeu prévu pour les appareils mobiles. Cela explique que les commandes en dehors des menus se limitent à un swipe à gauche ou à droite pour choisir votre réponse ou pour combattre. Mais ces derniers sont très inconfortables si on joue à la souris, une manette s'avère plus appropriée. Mais dans ce cas, les menus deviennent parfois difficiles à utiliser. On peut sentir que toute l'interface a été prévue pour l'écran d'un smartphone. Son format se prête très bien aux petites sessions de jeu, qu'on peut interrompre presque n'importe quand.
Il ne faut pas non plus se laisser tromper par le trailer officiel, sur la réalisation du jeu. Il contient plus d'animations à lui tout seul que le jeu complet, qui se limite généralement à du texte sans doublage et à des images fixes sur fond de musiques de The Witcher 3. Mais il faut aussi dire que cela correspond du prix de Reigns: The Witcher, seulement quelques euros, en échange d'une grosse dizaine d'heures de jeu, voire davantage si vous souhaitez tout explorer.





















