Cinq ans après avoir offert à la PS5 son premier jeu exclusif marquant, Housemarque revient aux affaires pour nous proposer Saros, la suite spirituelle de Returnal. Finie l'ambiance nocturne d'Atroposs et ses paysages froids, on part cette fois pour la planète Carcosa, un astre baigné d'un soleil rouge qui semble prêt à embraser l'univers. On y a passé un peu plus de 20 heures, alors voici notre avis définitif sur ce nouvel argument de poids pour la console de Sony.
- Genre : Action / Roguelite
- Date de sortie : 30/04/2026
- Plateformes : PS5
- Développeur : Housemarque
- Éditeur : Sony
- Prix : 79,99€
- Testé sur : PS5 Pro
Carcosa es tu casa
Vous êtes Arjun Devraj, membre éminent de l'escouade Échelon IV œuvrant pour la société Soltari. La mission : récupérer les ressources précieuses disponibles sur la planète Carcosa, sur laquelle 3 escouades se sont déjà cassées les dents. En quête secondaire, Arjun voudra aussi découvrir ce qui est arrivé à Nitya, sa compagne partie avec l'une des précédentes équipes. Alors on dit bye-bye à l'expérience solitaire d'Atropos pour plonger dans un scénario impliquant davantage de personnages, qui vous aideront à faire avancer le scénario à chaque fois que vous reviendrez dans votre camp de base entre deux runs sur Carcosa. Et autant le dire tout de suite, ce pan scénaristique de Saros nous a complètement laissé de marbre : l'univers dépeint est trop flou et les personnages secondaires pas assez intéressants pour que ça vaille la peine de s'y investir.
Le jeu semble même en être conscient, puisque passée la moitié de l'aventure, l'intrigue se recentre davantage sur la quête de Nitya et le destin d'Arjun. Mais même là, tout n'est pas clair : évidemment il y a une grande place laissée à l'interprétation et ceux qui liront et reliront les dizaines de journaux finiront peut-être par recoller les morceaux, mais il faut bien admettre que l'histoire du jeu ne nous a pas fait forte impression. C'est dommage, parce qu'on sent bien que Housemarque a voulu solidifier son storytelling en proposant quelque chose de plus ambitieux, mais tout ça nous a paru un brin excessif et finalement moins sympa à suivre que le destin de Selene. Mais pour ceux qui voudraient creuser le monde de Saros, on vous recommande de jeter un œil au recueil de nouvelles Le Roi en Jaune de Robert W. Chambers.
Voilà de la boulette
Ce scénar qui en fait trop est un problème, certes, mais rien de vraiment gênant lorsqu'on le met face à la véritable proposition de Saros, centrée bien évidemment sur son gameplay. On reprend les excellentes bases du titre précédent et on les shoote à la taurine, pour une formule TPS nerveuse, axée à 200% sur l'offense et les réflexes, qui va vous gluer les paluches à la DualSense, qui est d'ailleurs encore très bien exploitée dans ce nouveau jeu. Le précédent Housemarque faisait déjà fort sur Returnal en utilisant tous les gimmicks de maniabilité du pad PS5, mais on est ici encore un cran au-dessus : on "ressent" nos actions et les gâchettes adaptatives sont une bénédiction pour les tirs secondaires. Et puis il y a Arjun, ce nouveau personnage équipé d'une combinaison incluant un bouclier énergétique qui va pouvoir absorber les projectiles ennemis de couleur bleue.
Les jaunes aussi, mais ils généreront de la corruption grignotant votre barre de vie max, à expurger en utilisant l'arme alien fixée au bras du héros et qui demande, elle, d'avoir absorbée du bleu pour fonctionner. On est donc sur une gymnastique qui rappelle forcément le mythique Ikaruga, shoot them up Dreamcast imposant aux joueurs de changer en permanence de couleur pour éviter les projectiles ennemis. Saros va même plus loin en ajoutant une 3ème couleur, le rouge, particulièrement douloureuse et impossible à absorber. Pour ça, il va carrément falloir foncer dans le tas et les frapper au corps-à-corps pour les renvoyer dans un contre bien jouissif. Ces projectiles multicolores associés à un personnage principal plus agile et puissant que sa grande sœur font de Saros un petit bijou de gameplay.
On enchaine donc les runs avec un plaisir indéfectible, en farmant des ressources pour débloquer des améliorations permanentes, qui permettront ensuite de mieux survivre face aux excellents boss placés à la fin de chaque biome. Chaque rencontre avec un gardien majeur est un feu d'artifice de boulettes et une succession de patterns hyper-lisibles, afin de laisser les PGM les vaincre au premier essai avec un peu de doigté. Parce que, oui, même si Saros tend très souvent vers le bullet hell, il parvient tout de même à rester 100% lisible, même lorsque des dizaines de projectiles sont présents à l'écran simultanément. Respect à Housemarque pour le travail colossal que cela a du demander pour que tout cela tourne sans jamais faillir une seule seconde : cela fait depuis la PS3 que le studio finlandais fait de la magie avec les hardware Sony et avec Saros, ils montrent une fois encore leur maitrise de la dernière machine du constructeur japonais.
Saros va aussi se différencier de Returnal côté accessibilité avec des choix qui seront surement débattus, mais qui nous ont paru plutôt cohérents dans l'ensemble. Ainsi, terminée l'expérience roguelite pur jus qui vous demande de repasser par plusieurs biomes avant d'atteindre celui de votre cible puisqu'ici il sera possible de se téléporter directement aux nouvelles destinations découvertes. L'échec est alors moins puni et cela génère moins de frustration, mais aussi moins de tension lors de chaque nouvelle sortie, d'autant qu'une seconde vie est disponible rapidement dans les aptitudes. Fin de parcours également pour les parasites et leurs débuffs très énervés, à soigner sous conditions : ici les reliques corrompues ont des malus permanents, mais beaucoup moins handicapants que dans Returnal. Clairement, cela rend le système moins intéressant et on aura vite fait de laisser de côté toutes les reliques de ce type, pourtant en nombre dans le dernier tiers de l'épopée d'Arjun.
Un mauvais point, donc, qui ne pèse pas bien lourd devant la maitrise affichée par Housemarque en termes de baston et de plaisir de jeu. Certes, avoir un système roguelite mieux rôdé aurait été un gros plus, mais le reste est tellement bon qu'on pardonne sans soucis. On sera par contre moins indulgent au sujet de la rejouabilité, puisqu'une fois les crédits atteints et le petit épilogue complété, les raisons de revenir sur Carcosa ne sont pas nombreuses, alors que le potentiel est là. Il y a bien les modificateurs de difficulté pour vous imposer des challenges et choper des trophées, mais ça manque d'une vraie carotte, qui nous motiverait à replonger encore et encore dans nos régions favorites. On sent déjà arriver du contenu gratuit d'ici quelques mois, ajoutant une tour aux défis plus relevés, mais on espérait secrètement que ce genre de challenge haut niveau serait inclus d'office.
Au-dessus c'est le soleil
Comme on le mentionnait plus haut, les développeurs du studio Housemarque sont des professionnels de l'optimisation et ça se sent, une fois encore. Le jeu tourne comme une horloge suisse, que vous soyez sur la PS5 de base ou sur Pro. Les biomes de Carcosa sont variés et fourmillent de détails, avec quelques panoramas à vous en décrocher la mâchoire. Les développeurs ont aussi eu la bonne idée de placer les zones visitées ultérieurement dans l'arrière-plan des premiers secteurs, ce qui fait toujours sont petit effet lorsque l'on se rend compte du chemin parcouru. On mettra tout de même un bémol sur les deux derniers biomes de l'histoire, moins inspirés, que ce soit artistiquement ou sur le plan du level design pur.
On a toujours de la génération aléatoire parcellaire, avec des morceaux de zones qui vont changer et s'emboiter différemment entre elles, mais cela ne fonctionne pas forcément sur les deux ultimes chapitres du jeu. Côté bande-son, on est sur de l'industriel bien gras, avec des compositions qui vont s'adapter et évoluer en fonction de ce qui se passe à l'écran. Mention spéciale à la piste du premier boss, évoluant parfaitement avec les 3 phases qu'il vous faudra passer pour le vaincre. Enfin, rien à dire sur la VF du jeu, parfaitement adaptée et finalement salutaire lorsqu'il s'agit d'écouter l'un des journaux audio tout en contrôlant Arjun.













