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Esport - Counter-Strike : L’interview de Finn « karrigan » Andersen

Esport - Counter-Strike : L’interview de Finn « karrigan » Andersen
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Finn Andersen sillonne le circuit compétitif de CS depuis plus de 15 ans. Passé par les plus grosses écuries — Fnatic, Astralis, FaZe Clan — il évolue aujourd’hui chez mousesports. Ayant tout vécu, ou presque — mais jamais une situation comme celle de la Covid-19 —, le danois de 30 ans raconte.

Esport - Counter-Strike : L’interview de Finn « karrigan » Andersen

Cette année est vraiment bizarre, profondément marquée par la Covid-19. Mais si on se concentre sur Counter-Strike, comment se passe 2020 pour toi ?
L’année est compliquée. On avait de grandes ambitions au sortir de 2019, et nous avions bien commencé 2020, avec une victoire contre Navi au GG.Bet de London. À un moment nous étions même seconds au classement mondial (HLTV, ndlr). À Katowice (lors des IEM, ndlr), nous n’avons pas joué au mieux, même si on a gardé un bon niveau, échouant à un match des playoffs. Puis la pandémie a commencé, on est rentré chez nous, et on a été irréguliers. On a fini deuxième de la Pro League certes, mais après les résultats se sont vraiment détériorés. Pourtant je pense que, en tant qu’équipe, quand tu traverses ce genre de période et que tu rebondis, tu reviens plus fort. J’espère que c’est ce qu’on fera pour le reste de la saison.

L’année n’est effectivement pas encore finie et il reste encore de gros tournois à venir. Quels sont vos principaux objectifs ?
L’objectif global, c’est de revenir dans le top 5. Mais pour moi, le plus important c’est de retrouver notre niveau de l’année dernière et de bien jouer ensemble. Si c’est le cas, les résultats devraient normalement suivre. On vise donc le top 5 et nous voulons commencer l’année prochaine dans de meilleures dispositions.

Comment te sens-tu chez mousesports depuis ton arrivée en 2019 ? Sans vouloir souligner ton âge (30 ans), qu’est-ce que ça fait de jouer avec des joueurs plus jeunes comme Frozen, 18 ans seulement ?
Quand je suis arrivé chez mousesports, je savais que j’allais évoluer avec des joueurs plus jeunes, alors que chez FaZe les profils étaient plus expérimentés. Mais pour moi ce n’est pas un souci. Même s’il y a moins d’expérience, avec le bon état d’esprit et les bons joueurs, l’expérience arrive très vite. C’est ce qu’on a pu voir avec Woxic et Frozen l’année dernière. À la fin de l’année, ils étaient capables de très bien jouer sur scène.

L'assimilation de Woxic dans le Razer Gang - Counter Strike : Global Offensive
L'assimilation de Woxic dans le Razer Gang

Tu penses parfois au jour où ta carrière de joueur professionnel s’arrêtera ?
Concernant mon âge, je n’ai pas fixé de limite. Tout dépend de savoir si chaque matin j’ai encore la motivation, si je crois toujours ou non en ma capacité d’être le meilleur. Si ce n’est plus le cas, à ce moment mon âge deviendra un problème. (Rires.) Mais pour le moment, je ne me vois pas du tout arrêter.

Nombreux sont les observateurs à te décrire comme un mastermind du jeu. Est-ce que tu es fier de cette image ? Et quel héritage aimerais-tu laisser derrière toi ?
Pour être honnête, mon héritage et l’image que j’ai auprès de la communauté ne sont pas très importants pour moi. Quand je joue, je n’y pense pas. Je ne veux pas être fier de ce que j’ai réalisé jusqu’à présent, parce que je ne veux pas me reposer sur mes lauriers. Évidemment que le jour où je raccrocherai ma souris, je dirais que je suis content de tel ou tel résultat. Mais pour le moment, je suis totalement concentré à aider l’équipe pour revenir au sommet.

Foutue pandémie mondiale… Comment tu l’as vécu, en tant que joueur, mais aussi en tant qu’individu ?
Au Danemark, nous n’avions pas tellement de restrictions et les masques n’étaient même pas obligatoires. On a eu un isolement, mais il n’était pas total et on a toujours été libre de se balader dehors un peu partout. Je pense que la pandémie ne m’a pas affecté tant que ça. La seule chose, c’est que je n’ai pas pu voyager et jouer les LANs à l’étranger, comme je le fais depuis les 15 dernières années. Ça, c’était un peu difficile. De plus, je pense n’avoir jamais autant joué. Et certains jours, c’était compliqué de ne rien faire à part jouer à CS:GO. Si la pandémie repart vivement à la hausse, je pense que je ferai les choses différemment et avec un autre état d’esprit.

Vous reprendrez bien un petit bain de microbes ? - Counter Strike : Global Offensive
Vous reprendrez bien un petit bain de microbes ?

Quelles sont les principales différences dans la préparation d’un tournoi online et d’une LAN ?
La préparation n’est pas très différente : les coachs travaillent dans les deux cas très durs pour nous préparer à nos adversaires. La différence, pour nous, c’est la synergie de notre équipe. Je pense que comme on ne s’est pas vu pendant un temps, qu’on ne sortait plus ensemble, ça a affecté notre cohésion dans et en dehors du jeu. On a toujours fait de bons bootcamps qui nous ont permis d’avoir de bons résultats en tant qu’équipe dans les tournois qui suivaient. J’espère donc que notre bootcamp actuel, malheureusement sans Woxic, nous permettra de nous retrouver. Je pense aussi que la pression des autres équipes est plus marquée. Certaines équipes qui ont du mal en LAN ont tout à gagner en ligne. Nous étions dans le top du classement avant que ne commence cette période en ligne, et nous avions tout à perdre.

Est-ce que jouer les tournois en ligne a le même goût ? La motivation est-elle au rendez-vous, sans public ?
Je mentirais si je disais que c’est la même chose, de jouer ou non dans un stade plein à craquer. Mais il faut garder à l’esprit que ces mesures sont importantes et qu’elles sont également temporaires. La motivation est un peu plus basse, surtout pour moi. Je vis pour jouer devant du public, c’est la raison pour laquelle je joue des compétitions. C’est donc différent, mais maintenant on se dit que toute la fin de saison pourrait bien être comme ça et il faut s’y adapter. Mais dans tous les cas, je veux toujours gagner.

Comment s’est déroulée ta période de player-break annuelle ?
D’habitude on n’a que trois semaines et on part en vacances en zappant un peu Counter-Strike. Normalement, après ces deux semaines sans jouer, tu dois directement penser à la saison qui reprend. Mais cette année je crois qu’on a eu exceptionnellement entre cinq et six semaines, et les choses ont été un peu différentes. Comme on a eu plus de temps, j’ai pu faire pas mal de choses en plus de jouer à CS. J’ai pu voir des amis, voir ma famille, et aller en Pologne avec ma fiancée chez la belle-famille. Ce n’était pas désagréable, parce qu’on était moins pressés.

zzzZZZzzzZZZ - Counter Strike : Global Offensive
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Tout ça, c’était avant de reprendre le chemin des bootcamps. Que faites-vous durant une journée type d’entraînement ?
Normalement on se retrouve au bureau vers 10h ou 10h30, puis on commence à bosser aux alentours de 11h. Dernièrement, on a travaillé avec les sponsors, qui n’avaient logiquement pas pu trop nous avoir quand on était en ligne. Côté entraînement, on doit jouer entre cinq et six cartes par jour, suivies d’un débriefing pour parler de nos erreurs. Ensuite on va dîner ensemble, en équipe. Tout se fait autour du collectif et c’est ce dont on a besoin pour bien préparer la suite de la saison.

Ce que tu décris, c’est une vie de bootcamp banale ou un peu différente à cause de la pandémie du Coronavirus ?
Je dirais qu’elle est comme les autres. La seule grosse différence, c’est que Woxic n’est pas là, il n’a pas pu venir à cause de la pandémie. Mais on fait du mieux qu’on peut avec la situation actuelle. Sinon tout est normal.

Si je te dis Valorant. Est-ce que tu y as joué ?
J’ai dû y jouer pendant 30 minutes, mais le jeu ne me permet pas de jouer avec les mêmes paramètres de souris. Je ne voulais donc pas jouer à un jeu où les mouvements sont complètement différents pour moi de ceux de CS. Je pense que ça peut être un bon jeu, mais personnellement je n’aime pas trop toutes les super compétences à utiliser. Je suis un peu old-school quand on parle de FPS. Niveau esport, Valorant peut se développer, mais CS:GO aura encore l’avantage pour plusieurs années.

De nombreux joueurs pros ont pourtant fait la transition dessus. Tu penses que c’est facile ou compliqué à réaliser ?
Je pense que ça dépend des joueurs. Il faut avoir la bonne motivation. Si tu fais ça pour l’argent, ça ne marchera pas. Tu pourras jouer pendant peut-être 6 mois, puis tout le monde sera meilleur que toi. Mais si tu veux devenir le meilleur, que tu as les compétences et le bon état d’esprit, c’est possible. C’est un jeu totalement nouveau, mais de ce que j’ai vu, notamment au niveau du recul, c’est un peu similaire à CS, donc c’est une bonne chose pour eux. Aussi, j’ai aussi le sentiment que ceux qui ont fait la transition n’étaient pas des joueurs de grosses équipes. Ce sont des joueurs bien connus de la scène, mais qui n’ont jamais totalement percé. Mixwell a eu des hauts et des bas et pour des joueurs comme lui ou Pyth, ça a du sens de changer. Si j’étais dans ce cas et qu’après quelques années je n’avais pas trouvé ma place, je changerais aussi. Mais pour moi, les gros joueurs actuels de CS:GO n’iront pas sur Valorant, sauf s’ils sont mis sur le banc.

Darth karrigan - Counter Strike : Global Offensive
Darth karrigan

CS:GO a l’air d’être indéboulonnable et pourrait rester le padre des FPS tactiques pour encore bien longtemps…
CS a une histoire. C’était l’un des premiers jeux multijoueurs en ligne. Cette histoire fait que ce n’est pas juste un jeu comme les autres. Les gens y ont joué plus jeunes avec des amis, dans des cybercafés par exemple. De manière générale, c’est un bon jeu. Ce n’est pas que du tir, il y a beaucoup de stratégie. Tu peux aussi jouer en mode détente, et il y a plein de trucs bien pour la communauté et la scène professionnelle. Je pense aussi que c’est un jeu facile à comprendre. Sur DotA, le score ne reflète pas toujours l’état de la rencontre alors que sur Counter-Strike si.

Depuis le début de ta carrière et le développement de l’esport, est-ce qu’on te reconnaît davantage dans la rue ? Les médias généralistes s’intéressent-ils plus à toi ?
Au Danemark, les médias se sont beaucoup intéressés à l’esport ces dernières années. Parce qu’on a Astralis et plus généralement certains des meilleurs joueurs du monde. Aujourd’hui, il y a plus de monde qui me reconnaît dans la rue qu’il y a cinq ans. La communauté grandit tous les jours et c’est une bonne chose. Je ne serais pas là s’il n’y avait pas une grosse communauté et des spectateurs. Je suis heureux que la scène progresse et qu’on puisse continuer à écrire l’histoire ensemble.

En parlant d’Astralis : ils ont eu quelques difficultés et ont fait plusieurs changements dans leur roster. Quels sont les candidats qui pourraient leur piquer la place sur le moyen et long terme selon toi ?
Impossible de répondre actuellement. Déjà parce que c’est juste après la pause et je ne sais pas ce qui se passe chez les autres. Mais je n’ai pas l’impression qu’en ce moment une équipe bat toutes les autres. Et le fait qu’on joue en ligne brouille les pistes. Ça sera plus facile de répondre après les prochaines LANs. Même pour trouver un numéro un en ligne, ça change très vite et ça n’a rien à voir avec les LANs où la pression est différente, c’est compliqué. Je dirais donc que tout le monde est top 3. Et que nous sommes top 4 ! (Rires.)

Astralis, fournisseur officiel de champions - Counter Strike : Global Offensive
Astralis, fournisseur officiel de champions

L’ESL One : Cologne se joue actuellement, quels sont vos objectifs pour le tournoi ?
C’est important parce que c’est le début de la saison et parce qu’on a dégringolé au classement dernièrement. Il y a donc plus de pression qu’on n’aurait voulue, mais la pression peut nous être bénéfique. Nous devons avoir des résultats et on ne peut plus se dire que ça ne compte pas parce que c’est online. Précédemment, nous avons dit qu’on n’était pas à l’aise dans ce format. Mais maintenant qu’on a fait un bootcamp, on a eu toutes les conditions réunies et il faut montrer. On vise le top 4, mais le plus important c’est de bien jouer en tant qu’équipe. Si on fait top 8, mais qu’on joue bien et qu’on montre des progrès, ça restera un bon signe.

À l’heure actuelle votre équipe n’est pas encore qualifiée pour le Major de Rio. Es-tu confiant en ce qui concerne l’obtention d’un ticket ?
Nous avons notre destin entre les mains, et il suffira de faire une bonne performance au prochain tournoi qualificatif. Aujourd’hui, c’est notre principal objectif avec Cologne. Si on montre des progrès pendant la semaine à Cologne, je suis confiant quant à la réussite d’une qualification pour le Major.

Le mot de la fin, chef ?
Je veux remercier tous ceux qui nous suivent et également nos sponsors qui sont avec nous durant cette période difficile. Merci aussi l’organisation mousesports qui prend soin de nous. Je salue aussi tous mes coéquipiers, qui jouent à mes côtés et se sacrifient pour qu’on redevienne les meilleurs. J’espère que vous prendrez du plaisir à nous voir jouer à Cologne.

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Counter-Strike - Maka : « J’affectionne les grands rendez-vous »

Fer de lance d’une Team Heretics qui ne cesse de progresser, Bryan Canda est un joueur d’avenir. Conscient des étapes à franchir, il se livre sur de nombreux thèmes, dont la course à la qualification pour le Major de Rio, et l’ESL One Cologne, qu’il débutera cet après-midi face à Vitality.

Photo : HLTV

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