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Esport - Counter-Strike : Qui est Nivera, le nouveau joueur de Vitality ?

Esport - Counter-Strike : Qui est Nivera, le nouveau joueur de Vitality ?
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La nouvelle jeune pousse de la formation Counter-Strike de Vitality va devoir se fondre dans un collectif qui tournera désormais à six joueurs. Les attentes planent. Mais qui est-il en réalité ? Et que va-t-il apporter ? Premiers éléments de réponse.

Esport - Counter-Strike : Qui est Nivera, le nouveau joueur de Vitality ?

16 octobre 2020. Le cadran affiche 16h12 quand Vitality proclame sur Twitter un « engagement pour l’avenir » et un désir de créer un « héritage » ; le tout avec un visuel placardant l’allure encore frêle d’un certain Nivera. Quelques minutes plus tard, l’équipe Counter-Strike du club, pour laquelle le jeune prodige vient d’être officialisé, s’en ira disputer — avec son cinq type habituel — un match de DreamHack Fall face à Fnatic. Comme ça, l’air de rien. En coulisse, même si rien ne laisse transparaître une certaine révolution au sein de la ruche, tout le monde sait pourtant que rien ne sera plus comme avant.

Le contexte est de toute façon déjà bien particulier : la scène compétitive de Counter-Strike, et elle n’est pas la seule, est en proie à plusieurs problèmes majeurs. Avec, en tête de sa morose liste, une crise financière qui se profile autant pour les industries que pour la planète qui vit depuis déjà trop longtemps sous la coupe d’un cataclysme sanitaire ayant totalement repensé nos façons de vivre. Et donc de consommer.

Depuis le début du Confinement : Volume 1, les principaux organisateurs de tournois et diffuseurs du spectacle qu’est CS:GO ont décidé d’accélérer la cadence. Davantage de matchs, davantage d’énergie pompée aux joueurs professionnels et donc, par conséquent — sur une scène aussi peu structurée sur des plans moraux et économiques — davantage de cyberathlètes en destination de l’épuisement professionnel.

Comme d’autres avant, avec plus ou moins de réussite à l’heure où sont rédigées ces lignes, l’encadrement de Vitality a décidé de prendre les devants et de recruter un sixième homme pour son groupe d’e-sportifs. Et c’est donc sur le Belgo-Marocain de 19 ans que s’est porté le choix de Nicolas Maurer (CEO), Fabien Devide (Responsable e-sportif) et Rémy Quoniam (Coach). Pour quelles raisons ? Peut-être bien parce que le petit Nabil pourrait être « l’élu », celui qui devrait ramener un peu d’équilibre dans la force et la puissance de frappe des abeilles. Et puis surtout pour parfaire sa formation, et faire de lui un autre de ces nouveaux ZywOo. Bref : en faire un gros pari pour l’avenir.

Du Counter-Strike en intraveineuse dans les gènes

Benrlitom. Ce nom n’est pas étranger à ceux qui suivent de près ou de loin la scène Counter-Strike. Plus connu sous le pseudo de ScreaM, Adil Benrlitom est un joueur qui a marqué les esprits ; bien qu’il soit désormais loin du jeu de Valve, à enchaîner les headshots pour Team Liquid du côté de Valorant.

À 26 ans, après avoir fait le tour et le détour de la scène francophone, le Belge a laissé une trace indélébile et accroché plusieurs belles lignes de réussite à son tableau de chasse. Une place dans le dernier carré d’un Major (DreamHack Winter 2013, avec VeryGames), pas mal de titres glanés sous les tricots de G2 Esports et EnVyUs, mais surtout l’empreinte d’un patronyme de légende : voici l’héritage que ce dernier a légué à son petit frangin, Nabil.

Comme un air de ressemblance... - Counter Strike : Global Offensive
Comme un air de ressemblance...

On l’aura vite compris : sur les sonars de tous les bons observateurs de la scène CS depuis ses premiers coups d’éclat, le néo-Vitality compte bien marcher dans les traces de voûtes plantaires disséminées par son grand frère. Et qui de mieux qu’un joueur ayant évolué avec les deux pour tenir la comparaison ? Personne. Pour Alexandre « xms » Forté, joueur de la Team Heretics et ancien compagnon de route des deux frères, « Nivera est similaire à son frère hors du jeu de par son caractère. Il est plutôt réservé et s’ouvrira dès lors qu’il passera du temps avec ses interlocuteurs. In game, il a un bon niveau au riffle et au snipe, alors que son frère ne prenait que très rarement l’AWP, ce qui en fait un joueur complet. » De là à dépasser son frangin ? « Peut-être sera-t-il meilleur que Scream avec du temps et de l’expérience… C’est en tout cas l’un des meilleurs joueurs francophones en devenir selon moi » dresse l’ancien de Team Envy.

Un recrutement directement dans le berceau

Au commencement des rumeurs de passage à six compétiteurs pour Vitality (alors qu’un match de Counter-Strike se dispute en 5 contre 5, rappelons-le), plusieurs identités figuraient sur la shortlist de la structure basée à Paris. Dont deux peut-être plus « légitimes » que les autres : Ali « hAdji » Haïnouss (LDLC OL) et Bryan « Maka » Canda (Team Heretics). Si le second nous confiait à propos de Nivera qu’il « est à l’aise dans sa façon de jouer, avec encore beaucoup de potentiel à exploiter », son propre recrutement ou celui d’hAdji aurait pu faire davantage sens — de par leur grande expérience sur le jeu, comparé à Nivera — dans une équipe comme Vitality qui ne s’est jamais éloigné bien loin du Top 3 au classement HLTV depuis le mois de juin.

En d’autres termes, Vitality pouvait potentiellement compter sur le recrutement d’un joueur expérimenté pour installer une sorte de système avec rotation entre joueurs confirmés. Mais l’équipe technique a décidé de faire confiance à une nouvelle pépite, sept mois après la signature de Kévin Rabier, le petit misutaaa (17 printemps seulement) venu combler le vide créé par le départ d’ALEX. Le choix est fort et, semble-t-il, assumé sans aucun doute possible : Vitality compte énormément sur la jeunesse pour écrire son futur.

Au point d’en faire sa politique de recrutement ? Clairement. Il n’y a qu’à comparer la moyenne d’âge de la première équipe Vitality sur Counter-Strike et celle qui évolue sur les serveurs aujourd’hui. Symbole d’un renouvellement de la scène française engendré en partie par les Vés, le chiffre est passé de 24 ans et 7 mois à 24 ans tout court, sachant que trois des joueurs de l’époque ont pris deux ans de plus, et que shox, avec ses 28 ans, est arrivé fin 2019.

Quand des abeilles attendent leur nouvelle recrue en posant comme des suricates - Counter Strike : Global Offensive
Quand des abeilles attendent leur nouvelle recrue en posant comme des suricates

Alors, miser sur la jeunesse, oui. Mais pas n’importe comment non plus. En recrutant Nivera, Vitality ne s’est pas attaché les services du premier rookie venu. Comme miustaaa avant lui, le joueur venu du plat pays est passé par la case Boris « flex0r » Latry, au sein de l’équipe Wonderkids. Celle-là même qui a contribué à la formation de Jordan « Python » Munck-Foehrle, la pépite signée par Team Heretics pour remplacer son petit prodige parti pour Vitality. Un grand-frère surdoué, pour s’initier à la pratique, un formateur dont les résultats sont désormais bien visibles, et une structure prête à polir les diamants : voici, en exclusivité et dans l’ordre, le tiercé gagnant de l’avenir de Nivera.

Un investissement high-risk, high-reward ?

Sans aucun doute, il fallait au jeunot un profil en béton pour rejoindre sa nouvelle équipe. Être une sorte de caillou brut, à peaufiner selon les besoins de l’équipe. Déjà polyvalent et très intelligent : ses collègues et ses responsables devraient se faire une joie de lui apporter ce qui lui manque encore pour être un joueur de classe mondiale. Doucement, mais sûrement, celui-ci va ainsi pouvoir apprendre sans se soucier de l’enchaînement des matchs et de la pression du résultat. C’est du moins ce que l’on comprend quand on s’intéresse de plus près aux récentes déclarations de son coach, XTQZZZ.

« Cette semaine débute une nouvelle étape dans notre projet. Nous allons commencer à nous entraîner avec Nivera. Nous sommes déjà qualifiés pour les grandes finales BLAST. Par conséquent, Nabil sera intégré sur certaines maps afin de jauger ses aisances. Cela a pour but de faciliter son intégration, gagner en confiance et en repères avec l’ensemble de ses coéquipiers. » En dehors de la compétition, cela devrait également permettre, « sur les jours d’entraînements, de reposer certains joueurs, de faire tourner, de faire des choix et de rester au mieux compétitifs », explique ainsi l’entraîneur. Avant de préciser : « Soyons clairs, nous allons sortir de notre zone de confort et il sera important pour nous de mettre les formes et prendre notre temps. »

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De la Louvard Game aux plus gros événements majeurs

Autrement dit : sur un plan purement e-sportif, avoir recruté Nivera va permettre deux choses primordiales au technicien et son club. Dans un premier temps, cela va permettre aux joueurs cadres de souffler quand la situation l’exige. Alors que de son côté, le jeunot sera assimilé petit à petit au sein de la troupe. Une donnée qui n’est pas étrangère à ce qui se fait dans les sports collectifs traditionnels, finalement. Mais qui se voit encore peu répandue dans les têtes pensantes du monde de l’e-sport, et surtout sur les FPS que sont Counter-Strike ou Rainbow Six Siege.

L’argent, comme souvent, et surtout dans un écosystème de sport-électronique aussi instable et illisible, est bien évidemment l’une des raisons principales à ce genre d’achat. Déjà parce que c’est le business tout entier du CS mondial qui contribue de plus en plus à imposer aux équipes, directement ou indirectement, de posséder plus de joueurs que l’on peut en aligner sur le serveur de match. Mais aussi parce que recruter jeune, c’est investir pour le futur : acquérir des gamers au début de leur carrière, c’est très souvent payer beaucoup moins cher que pour une super star confirmée ; le pari reposant sur la capacité de l’institution sportive ou e-sportive à accompagner l’individu en formation pour en faire un athlète de haut niveau. Et son potentiel de base, bien sûr.

Si l’on devait comparer le dernier recrutement des deux plus gros représentants français sur CS:GO, à savoir Vitality et G2 Esports (qui compte pour l’heure trois Français, deux bosniens et un serbe), lequel des deux a réalisé la meilleure opération ? Vitality qui a recruté une des plus belles promesses nationales — sûrement à plus ou moins faible coût — dans le but d’en faire un joueur du top ? Ou G2 qui a annoncé avoir lâché le plus gros billet de l’histoire de Counter-Strike pour s’adjuger les services de NiKo, l’un des meilleurs joueurs au monde ? La question pourrait diviser, mais toujours est-il que si Nivera vient un jour à exploser comme ZywOo (élu meilleur joueur de l’année 2019), ou devenir un aussi bon joueur que NiKo, alors Vitality aura réalisé une opération e-sportive et commerciale beaucoup plus intéressante.

Un grand talent à l’AWP et au Rifle implique de grandes responsabilités

Désormais, c’est un nouvel enjeu qui attend Nivera. Et pas des moindres. L’héritage d’un nom et les attentes médiatiques qui vont avec, la signature « précoce » au sein de l’une des meilleures organisations au monde et la pression qui l’accompagne, le contexte de la pandémie et ses retombées négatives sur toute une industrie : pouvait-on faire plus compliqué en matière de storytelling ? Pas sûr.

D’autant plus que, malgré les efforts qui seront mis en place par l’encadrement, Nivera va débarquer au sein d’un système expérimental, avec une adaptation à réaliser non seulement pour sa part, mais aussi pour celle de tous ses coéquipiers. Ce qui a pu donner lieu à des images plutôt amusantes, telles qu’un Nivera assis en observation derrière ZywOo durant un match. A.k.a ta position quand tu étais en stage de 3ème. Sauf que le jeune Nabil n’est pas en stage. Il est là pour faire avancer encore plus loin sa nouvelle structure, et devra par conséquent faire rapidement parler la poudre.

Après quatre finales perdues pour quatre disputées en 2020, Vitality va vouloir décrocher un titre, et continuer de se démarquer tout en conservant son étiquette d’usine à talents. Un bon point pour le CS français qui espère voir émerger beaucoup d’autres Nivera à l’avenir.

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Comment un recrutement, comme il en existe des milliers d’autres, pourrait faire avancer un secteur tout entier ? Simplement par sa transparence, dans un milieu trop souvent obstrué par des nuages de paillettes et de confettis. Questionnement, en profondeur.

Photo principale : Team Vitality

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