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Esport - Counter-Strike : Interview de maLeK, coach de G2 Esports

Esport - Counter-Strike : Interview de maLeK, coach de G2 Esports
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Comme l’ont fait autrefois Jacky et Ben-J, moment bilan avec Damien Marcel, le technicien qui coordonne l’équipe CS:GO de G2 Esports. Le tout avant les fêtes, et avant de retourner au charbon dès le début d’année prochaine avec l’un des projets les plus excitants du haut niveau.

Esport - Counter-Strike : Interview de maLeK, coach de G2 Esports

Quel est ton bilan, dans les grandes lignes, pour G2 sur Counter-Strike en 2020 ?

Il se veut mitigé. Spécialement pour la seconde partie de saison chamboulée par le Covid-19 et la période en ligne. Ça n’a pas été évident pour énormément d’équipes, et on fait partie de ces équipes-là. On a baissé en régime et donc ça donne la sensation de quelque chose d’inachevé.

Il y a quand même eu du bon à certains moments.

On est dans une constante évolution avec le club. Chaque année, le projet grandit et évolue. Là, on est déjà tournés vers 2021, le transfert de NiKo en témoigne. Je voudrais aussi dire qu’on a rempli un bon nombre d’objectifs que nous nous étions fixés début 2020. La première partie de saison a été bonne : nous avons su capitaliser sur la fin de 2019 et proposer un niveau de jeu et un système bien en place. Cela a été récompensé par une position forte au plus haut niveau, avec 4 finales sur les six premiers mois, que nous avons passés au sein du big five mondial, et un début de saison en LAN qui fut vraiment convaincant, notamment en BLAST et à Katowice.

Quand on repense aux finales perdues aux IEM de Katowice (en LAN), en ESL One : Road to Rio et en DreamHack Masters Spring (en online), cela fait un peu mal au cœur j’imagine…

Pour Kato, on passe à côté, contre un NaVi impérial. Mais on retient la performance d’avoir sorti toutes les grosses équipes en amont. Après, sur ces finales, celle où l’on nourrit le plus de regrets, je dirais que… (Il coupe et reprend) On a une balle de match contre BIG lors de la DreamHack Masters (G2 menait 2 à 0 dans le Bo5 avant de concéder le match en prolongation sur la dernière carte, ndlr), l’inscrire nous aurait fait beaucoup de bien. Ne pas avoir su concrétiser cette occasion, ça a affecté l’équipe. Ça a marqué le tournant de notre bon début de saison vers une seconde partie plus compliquée.

Dans le sens inverse, il y a une formation qui a su tirer pleinement son épingle du jeu ces derniers mois : Vitality.

Oui, grosse saison. On est obligés de saluer leur performance. Parce que ce qu’ils ont fait, les choix réalisés, et les conditions dans lesquelles ils ont dû le faire, c’est impressionnant. Je vois des jeunes arriver, et puis je vois surtout les anciens — RpK qui est dans sa meilleure forme, Richard [« shox » Papillon] qui revient bien, apEX qui s’est mis au lead —, chapeau ! Ils ont fait une belle saison.

Quand tu consultes la VAR - Counter Strike : Global Offensive
Quand tu consultes la VAR

Qu’est-ce qui a fait qu’ils ont réussi à se détacher du reste de la scène, dont votre équipe, selon toi ?

(Il prend du temps pour réfléchir) Difficile de répondre. Je pense qu’il y a eu une succession de bons choix — avec toujours un petit facteur chance, mais sincèrement je trouve que l’encadrement a été bon — et ces choix se sont montrés payants. Je dirais même qu’ils ont fait plus que ça, puisqu’ils ont réussi à innover de la bonne manière : ils ont ramené du sang neuf et ça a bien fonctionné pour eux, dans une rotation à six qu’ils ont été les premiers à faire et qui a bien marché. Ils ont aussi ramené MaT, et son association avec XQTZZZ a l’air performante. Et surtout : ils ont un bon groupe qu’ils ont construit avec de bons humains. D’un autre côté, il y a eu énormément d’équipes qui ont eu du mal : Astralis a montré des faiblesses dans la gestion des choses, alors que selon moi ça a été une référence certaine lors des trois dernières années ; mais aussi mousesports ou Fnatic, des équipes qui étaient au top avant la crise sanitaire. Alors que pendant ce temps, Vita, ou même BIG et Heroic, ont su bien s’adapter à la période.

Tu viens d’évoquer le fait de passer à six esportifs dans une discipline qui ne compte que cinq joueurs sur le serveur. D’un point de vue externe, on a l’impression que vous allez un peu à contre-courant de ce phénomène de standardisation. C’est le cas ?

Ce n’est pas vraiment à contre-courant. C’est quelque chose de très nouveau, en bêta, même pour Vitality. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte, et plusieurs façons de voir les choses. Il y a aussi un budget, des conditions de crise sanitaire et économique, et une infrastructure toujours plus grandissante dans le club. Prendre un sixième joueur, c’est une solution parmi tant d’autres…

C’est-à-dire ?

Tu peux ajouter un coach-assistant, tout un tas de staff, ou un sixième homme à payer. En ce qui concerne cette solution, la période actuelle du tout en ligne est d’ailleurs propice à ça. Mais nous, cette année, on a eu un énorme mouvement avec la venue de NiKo. Tu te doutes bien que c’est quelque chose qui a une certaine valeur et qui pèse dans le budget. Et, du coup, soit tu restes dans l’historique de Counter-Strike avec un format de cinq joueurs et un coach, et tu essayes d’améliorer ton roster, ton système existant, en continuant de grandir, car tu estimes que tu n’as pas encore les meilleures bases pour le long terme. Soit tu es déjà dans l’optimisation de la période actuelle, qui se base, il faut le rappeler, sur du online. Changer un joueur d’une map à l’autre, cela parait plus facile d’un point de vue logistique quand c’est en ligne. Mais on n’est pas du tout certain de comment ça va fonctionner, et de combien ça va couter, de faire déplacer plus de monde en période de LAN.

La machine G2 en exposition à la Cité des sciences - Counter Strike : Global Offensive
La machine G2 en exposition à la Cité des sciences

C’est sur que ça fait réfléchir…

Je ne sais pas si tu imagines : 200 jours de tournois par an, se déplacer avec six ou sept joueurs, plus le staff, avec des chambres et des vols supplémentaires toute l’année, des changements de map en map, les conditions pour s’échauffer avant de jouer. Pour arriver à gérer tout ça, il y a encore beaucoup de questions en suspens. Et je pense que de notre côté nous en sommes encore à l’étape de la construction de notre roster vers l’international, en respectant l’idéologie communicative et esportive de G2, en essayant de faire quelque chose de clean : une grosse équipe, stable et constante au plus haut niveau. Si dans le futur on a l’opportunité d’accueillir des jeunes pousses, pour venir nous renforcer et préparer l’avenir, on le fera. On n’en est simplement pas encore là dans notre étape de développement.

La perspective de recruter une pépite faisait-elle d’ailleurs partie de vos solutions de secours en cas de non-venue de NiKo ?

Absolument pas. Et je dirais même qu’on n’aurait rien changé s’il n’était pas venu. En tout cas, pas pour l’instant. Parce que nous sommes dans une période en ligne, et j’aurais apprécié pouvoir continuer avec le même groupe dans des conditions « normales ». Pouvoir continuer de le faire progresser. Je tiens à préciser qu’on a fait un début de saison vraiment excellent, et que cette équipe méritait de retourner en LAN.

À propos du recrutement de NiKo : pourquoi lui ? Ce n’est quand même pas simplement parce que c’est le cousin d’huNter ?

C’était implicitement dans les tuyaux depuis qu’on avait recruté huNter. Ce sont deux cousins, et l’un de leurs rêves était de jouer ensemble au niveau professionnel. Les gens ne le savent pas forcément, mais ils ont grandi ensemble, ils ont vraiment une relation particulière. Ce n’est pas ton cousin germain que tu vas voir une fois par an, à Noël. Ils se voient tous les week-ends depuis qu’ils sont gamins. Ils sont très proches. Je pense aussi que NiKo voulait s’assurer que ça fasse sens esportivement parlant. Il a donc attendu que huNter fasse ses preuves. Mais quand ce dernier est arrivé chez G2 et qu’il a montré ce qu’il a montré, c’était juste une question de temps avant de les retrouver ensemble. Ici, ou ailleurs. Après, par rapport à son profil, c’est clairement un joueur intéressant. Même si ça a complètement rebattu les cartes, et que le break va être important. Mon objectif, ça va être que NiKo grandisse et qu’il puisse évoluer dans sa carrière. Il a eu mouz, il a eu FaZe, l’idée c’est que G2 ce soit quelque chose de différent pour lui, une marche en avant.

Comment ça ?

On s’est clairement mis d’accord avant la signature de son transfert, pour que NiKo grandisse et évolue avec nous. Il a 23 ans, il est dans un moment clef de sa carrière, et on se situe dans un moment important aussi pour G2. 2021 devrait être quelque chose d’assez excitant pour tout le monde, et Nikola devrait avoir un rôle différent de celui qu’il a connu chez FaZe.

« Concentre ton chi dans le creux de tes mains ! » - Counter Strike : Global Offensive
« Concentre ton chi dans le creux de tes mains ! »

Serais-tu en train de nous teaser quelque chose ?

Un peu. (Rires.) En fait, c’est un joueur qui est aujourd’hui heureux d’évoluer avec son cousin. L’atmosphère de réussite est importante et ils ont besoin d’être bien entourés, de structuration. L’idée, c’est vraiment d’exploiter leur potentiel de joueur. Il n’y aura donc aucun fardeau autre que performer dans un système bien huilé à porter pour eux.

Ce storytelling de deux cousins qui jouent ensemble dans le top mondial est assez incroyable. Mais n’y a-t-il pas un risque quand deux individus aussi soudés se retrouvent dans un seul et même vestiaire virtuel ?

Ça peut aider, comme ça peut comporter ses dangers. Je pense que ça peut apporter une synergie énorme, surtout que ce sont deux grands compétiteurs, vraiment affamés, qui veulent vite apprendre et gagner. Et c’est d’ailleurs le fait de devoir contrôler tout ça, pour que ça évolue de la bonne manière, qui sera le gros défi. Mais, effectivement, si tu penses au pire des scénarios : si tu as un problème avec l’un, tu auras potentiellement un problème avec l’autre, j’imagine.

Question piège : on parle du million pour NiKo. Est-ce que ce chiffre se rapproche de la réalité ?

Je suis coach, et je m’occupe de tout ce qui est lié au projet sportif. J’entends les rumeurs, encore plus que vous, mais ce n’est pas de mon ressort de parler de ces choses-là. Tout ce que je peux dire, c’est que ce n’était pas un euro symbolique. (Rires.)

Suite à l’arrivée de NiKo, vous avez dû faire un choix entre AmaNEk et JaCkz. Même si vous avez donné des raisons en public, peux-tu développer un peu pourquoi le choix final s’est porté sur AmaNEk ?

Comme expliqué plus tôt, s’il n’y avait pas eu l’opportunité NiKo, nous n’aurions pas changé. J’aime mes garçons, on a pensé à les garder pour se retrouver à six, mais ça ne faisait pas sens dans le projet pour G2 et pour nous à ce moment-là. Le fait de devoir choisir entre les deux n’a sincèrement pas été évident. On a choisi François pour sa versatilité, et donc l’opportunité de faire plus de choses. Ça ne veut pas dire qu’il le fait forcément mieux, et on ne le saura jamais, car on n’aura pas gardé Jackito assez longtemps. Mais Ama s’est montré beaucoup plus versatile sur les rôles, sur l’AWP, sur sa façon de travailler qui est incroyable. Avec le fire power qu’on avait déjà, c’est quelqu’un qui apporte des choses différentes et nécessaires au groupe. De base, ce n’est pas un duelliste, alors que si j’ai JaCkz, plus kenny, plus les deux Kovač, sur le papier j’ai déjà quatre duellistes. Ce n’est pas évident de construire un système autour de ça. On a besoin de teamplay, de trouver notre identité de jeu, de se créer de l’espace les uns avec les autres, ce qui est toujours un défi quand on compile les « starplayers ».

Instant « hello darkness, my old friend  » - Counter Strike : Global Offensive
Instant « hello darkness, my old friend »

Vous perdez quand même la bonne humeur de JaCkz…

Il est évident qu’on perd des choses en n’ayant plus Jackito. Dans la vie de groupe, et sur ses qualités dans le jeu aussi. Ça a été l’un des meilleurs openers, fin 2019 et une bonne partie de 2020.

Le départ du cher Jackz fait que le line up n’est plus à dominance française. Peut-on dire que c’est la fin de l’ère francophone chez G2 ?

L’idée c’est que ce soit une équipe anglophone et internationale. S’il devait y avoir des changements, ce serait toujours pour améliorer l’équipe, pour continuer à construire quelque chose de plus en plus solide. Donc on ne regarde pas le drapeau. On a besoin de gens qui parlent bien anglais, qui collent au projet et qui vont répondre à nos besoins. Le drapeau est secondaire, et donc oui, effectivement, on n’a pas le souhait de se focus sur la scène française, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus jamais de français chez G2.

Quels vont être vos principaux chantiers pour retrouver une place de numéro un en 2021 ?

Pas mal sont déjà en cours. On a eu beaucoup de changements sur la fin de saison. On a fait des tests, joué avec différents rosters, on a enchaîné les tournois. On parle beaucoup des burnouts, certains chez nous étaient vraiment fatigués et avaient des difficultés en fin de saison à rester focus, à trouver de la lucidité et garder la motivation intacte. Donc là, on doit effectuer un gros reset. Disposer de plusieurs semaines complètement OFF pour bien souffler. Et ce qui va être important pour nous c’est de faire une bonne relance et un bon début de saison. On va pleinement se préparer pour que le line up avec NiKo porte ses fruits.

Les prochains IEM de Katowice ont été annoncés en LAN, mais sans public. Vous aviez déjà disputé la finale de l’édition 2020 de cette manière. J’imagine que c’était compliqué ?

On a toujours été habitué à jouer des phases de groupe dans des hôtels, sans public. Et après ce qui s’est passé en 2020, notamment le fait de jouer depuis chez nous, on sera déjà bien content d’être en studio, même sans public. En revanche, quand on s’est qualifié pour jouer sur la scène de Katowice, quand on connaît l’importance de son arène et de son public, ça a été un ascenseur émotionnel d’apprendre que finalement il n’y aurait pas de spectateurs. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on va pouvoir retrouver une salle, ça va faire du bien à tout le monde, et je pense qu’il faudra juste être patient pour retrouver du public.

Damien, l'Homme Vert - Counter Strike : Global Offensive
Damien, l'Homme Vert

Qu’est-ce que tu penses des récents dramas avec la CSPPA, les TOs et les clubs ?

À la base, Counter-Strike est un monde amateur et s’est construit grâce à ses passionnés. Durant sa professionnalisation, chacun tente de faire son business. Et là, on arrive à un point où tout le monde a bien profité de l’absence de règles et de régulation. Sauf qu’à un moment donné, les choses se compliquent, la CSPPA est créée pour tenter de protéger les joueurs, mais c’est comme le Far West. Malheureusement, des choses comme ça il y en a eu, il y en a, et il y en aura toujours. Ce qui m’intéresse le plus dans cette histoire, c’est que notre scène grandisse et évolue dans la bonne direction. Il y aura surement d’autres couacs comme ça, tant qu’on sera dans une phase de développement. C’est un peu inévitable pour une scène toute neuve, qui se met en place.

Pas mal de beau monde se retrouve au chômage sur la scène française en ce moment. Si jamais tu devais façonner un cinq capable de s’installer dans le top sur le long terme, ça ressemblerait à quoi ?

Ma liste, ce serait JaCkz — même si je lui souhaite de retrouver une équipe du top international —, Maka, Lucky, SIXER, bodyy et hAdji (les trois derniers cités sont actuellement chez Team LDLC OL, ndlr). Si maka ne prenait pas la responsabilité du lead, et que les autres ne suffisaient pas pour que ce soit cohérent, il faudrait un leader. Je ne sais pas qui serait l’heureux élu, mais il faudrait qu’il prenne la place de l’un de ces gars-là pour les encadrer.

Allez, je te laisse conclure avec les mots bosniens que tu as eu l’occasion d’apprendre.

Il y a пуши курац, mais c’est une insulte, alors on va éviter de le traduire. (Rires.) Sinon : dobre dete, qui veut dire « c’est bien, mon garçon ». Dete c’est garçon, enfant. Et dobre c’est pour parler d’un truc en bien. Donc quand j’ai un de mes joueurs qui fait un truc bien, je vais lui dire ça. Après, on ne va pas se mentir : je ne suis pas un spécialiste. (Rires.)

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Un joueur Counter-Strike de G2 est écarté

Présent dans les hautes sphères de la discipline, mais légèrement en panne en matière de titres, G2 procède à un remaniement tactique au sein de son collectif franco-bosnien.

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