Le studio AdHoc, composé d'anciens développeurs de chez Telltale, pensait célébrer l’a sortie de son jeu narratif Dispatch sur Nintendo Switch et Switch 2. Malheureusement, le lancement ne semble pas du tout se passer comme prévu... Alors que le jeu est réputé pour son ton très adulte et mature, les joueurs découvrent une version où la liberté de choix a disparu au profit d'une censure imposée et omniprésente sans aucune possibilité de pouvoir y remédier par le biais d'une option en jeu.
Dispatch : Un portage sur Nintendo Switch hautement surveillé ?
Contrairement aux versions PC et PlayStation 5, où les joueurs peuvent choisir d'activer ou non un filtre de contenu via une option dans les menus du jeu, la version Nintendo Switch impose la censure par défaut, sans aucun moyen pour la désactiver. Cette "norme" se traduit par l'apparition d'imposantes barres noires sur les personnages masquant la nudité, mais aussi des éléments plus surprenants comme les doigts d'honneur ou tout autre geste jugé trop "vulgaire". Plus radical encore, certaines scènes suggestives de l'épisode 4 ont vu leur ambiance sonore totalement modifiée, comme des gémissements et dialogues explicites qui ont été purement et simplement supprimés, laissant place à un silence ultra gênant qui peut complètement sortir les joueurs de l'immersion voulu par le jeu initialement...
AdHoc Studio s'est justifié sur ses choix en expliquant avoir dû "adapter certains éléments pour répondre aux critères de contenu de Nintendo". Une déclaration qui peine à convaincre une partie de la communauté, surtout quand des titres comme Cyberpunk 2077 ou The Witcher 3 sont sortis sur la même plateforme et sont bel et bien disponibles sur l'eShop de Nintendo sans avoir subi de censure. Les fans pointent du doigt une approche l'énorme problème qu'impose cette censure, qui pour eux dénature l'expérience de jeu dans sa globalité, certains comparant le résultat à la censure télévisuelle bas de gamme des années 90.
Les joueurs sont déçus et se sentent trahis par AdHoc Studio...
Sur les forums et notamment les réseaux sociaux, la déception se fait ressentir chez les fans. De nombreux joueurs ayant précommandé le jeu se sentent lésés par le manque de transparence du studio avant le lancement sur Nintendo Switch et Switch 2. "Le problème, c'est de savoir si les gens ont été correctement prévenus. Autrement, Nintendo devrait les rembourser", soulève un internaute sur les forums de Reddit. Certains soupçonnent même que cette version censurée ait été créée pour faciliter une sortie mondiale sans avoir à gérer les spécificités très strictes du marché japonais (CERO), au détriment du public occidental.
Face à cette levée de boucliers, plusieurs joueurs ont déjà partagé le fait d'avoir obtenu des remboursements auprès du support de Nintendo, un fait rare pour des contenus dématérialisés qui ont déjà été téléchargés. Le studio AdHoc tente malgré tout de rassurer sa communauté en affirmant que "l'intrigue et l'expérience de jeu restent identiques", mais pour une grande partie des fans, le mal est fait. L'identité de Dispatch, basée sur une satire super-héroïque sans tabou, n'est pas du tout respectée avec ce portage. Cette situation relance une nouvelle fois le débat sur les politiques de certification parfois opaques et floues des constructeurs et la responsabilité des éditeurs envers leur communauté sur la communication autour de la sortie de leurs jeux.
En voulant porter Dispatch sur Nintendo Switch, AdHoc Studio a sacrifié la liberté de choix qui faisait le sel et le succès du jeu rencontré sur les versions PS5 et PC. Cette polémique rappelle que, même en 2026, la frontière entre "contenu adulte" et "critères de plateforme" reste un sujet très complexe dans l'industrie du jeu vidéo, et que le plus important pour les joueurs est de ne pas ressentir la sensation de s'être fait trahir sur la transparence de communication des produits qui sont vendus, souvent à des prix forts en plus.







