Le 10 février marque un tournant majeur pour la version francophone d’Overwatch. Blizzard a officiellement annoncé que les cinq nouveaux personnages du jeu bénéficieront désormais d’un doublage québécois, abandonnant ainsi le doublage français traditionnel pour ces ajouts récents.
Une décision qui a immédiatement suscité de vives réactions au sein de la communauté francophone, entre incompréhension, déception et inquiétudes pour l’avenir du doublage dans le jeu. Si le doublage québécois n’est pas nouveau dans l’industrie du jeu vidéo, son introduction partielle dans une licence aussi emblématique qu’Overwatch, et surtout en remplacement de comédiens déjà établis, soulève de nombreuses questions culturelles, artistiques et économiques.
Un changement controversé pour les joueurs francophones
L’annonce a été particulièrement mal accueillie par une partie des joueurs, notamment en France. En cause : le remplacement de comédiens français historiques, certains ayant prêté leur voix aux personnages depuis plusieurs années et participé à des courts-métrages officiels, contribuant fortement à l’identité narrative et émotionnelle d’Overwatch.
Pour beaucoup, ce changement rompt avec une cohérence artistique installée de longue date. Les voix françaises faisaient partie intégrante de l’attachement aux personnages, au même titre que leur gameplay ou leur design. Le passage à un doublage québécois, bien que parfaitement légitime sur le plan linguistique, est perçu par certains comme une rupture brutale, imposée sans réelle concertation avec la communauté.
Microsoft, IA et contrats : les raisons derrière la décision
Sur son compte X, Bastien Druker a toutefois apporté une précision essentielle : ce changement ne serait pas purement artistique, mais lié à des désaccords contractuels avec Microsoft, désormais propriétaire d’Overwatch. En toile de fond, les clauses concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les contrats des comédiens français seraient au cœur du conflit.
De nombreux doubleurs expriment depuis plusieurs mois leurs inquiétudes quant à l’exploitation potentielle de leurs voix par l’IA, sans garanties suffisantes. Face à ces refus ou blocages contractuels, l’éditeur aurait choisi une alternative plus compatible juridiquement, expliquant le recours à de nouveaux comédiens québécois. Une problématique plus large qui dépasse donc Overwatch : l’avenir du doublage à l’ère de l’IA et la protection des artistes face aux évolutions technologiques. Un débat loin d’être terminé.








