WoW est un jeu qui a souvent été touché par le problème des "farmers de gold", et ce, depuis des années maintenant. Aujourd'hui, cette exploitation sur World of Warcraft a dépassé toutes les limites de ce qu'on a pu connaître sur le jeu, pouvant même atteindre des millions d'euros de recettes. Sauf que récemment, dans la province de Heilongjiang, la police chinoise a frappé un grand coup et mis en lumière une activité illégale de grande ampleur en démantelant une infrastructure de botting qui ressemblait presque à une organisation militaire.
Une fraude sur World of Warcraft impliquant 160 000 personnages
L'intervention de la police chinoise a permis de découvrir que les organisations qui s'articulent autour des fraudes sur les jeux vidéo, et notamment les MMO, deviennent de plus en plus organisés et répandues. Loin des scripts réalisés par des amateurs ou des joueurs en solo dans leur chambre, ici les personnes impliquées utilisaient un logiciel très sophistiqué capable de gérer en même temps plus de 160 000 personnages sur les serveurs de Blizzard.
Sur place, les forces de l'ordre ont découvert des murs entiers de serveurs et de matériel informatique spécialisés, entièrement dédiés au "grind et au farm" automatisé sur WoW. Et bien entendu, l'objectif de toutes ces installations n'était pas de faire crasher les serveurs de jeu ou de les saturer, mais bien de générer beaucoup d'argent en peu de temps.
Selon les rapports des autorités et du site chinois spécialisé sur ce type d'enquêtes, 17173.com, cette ferme de bots rapportait environ 19 000 euros par jour. À l'échelle annuelle, le chiffre d'affaires avoisinait les 7 millions d'euros, une somme colossale quand on sait que le salaire moyen par an en Chine tourne autour de 4 500 euros. La différence de revenues et l'appât du gain sont les clés qui font que de plus en plus de Chinois s'y intéressent et montent des affaires autour des économies de jeux vidéo, que ça soit WoW ou bien d'autres types de jeux. Et malheureusement, les policiers ont bien dû l'admettre, ils sont très bien organisés avec une optimisation qui permet à chaque personnage automatisé d'être très rentable, et ce, en un temps record.
Quelles sont les conséquences juridiques de cette affaire ?
Le démantèlement du trafic de botting ne s'est pas arrêté à la simple saisie du matériel qui a été découvert dans la province de Heilongjiang. La justice chinoise a engagé des poursuites pénales très sévères contre les responsables de l'opération et ceux qui y ont participés. Le principal cerveau de cette entreprise illégale a été arrêté par la police et il fait face à une peine de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.
Cette sanction, exemplaire dans ce type d'affaire, montre que les autorités ne veulent plus prendre à la légère les fraudes numériques pouvant dérégler les économies de différentes plateformes digitales. Dans ce cas très précis, bien que l'ampleur était massive, ce fut une chance pour les policiers, car ça a fini par attirer leur attention et ils ont pu enquêter sur tout un réseau tout en apprenant énormément sur le fonctionnement de ce "système criminel".
Néanmoins, même si cette ferme de bots est désormais hors d'état de nuire, ce fléau reste une menace permanente et bien présents pour les jeux de type MMORPG. D'autres titres, comme Aion 2, sont déjà contraints de repenser entièrement leur système économique en interne pour contrer l'inflation croissante des bots et du dérèglement qu'ils apportent sur le jeu. Du côté de World of Warcraft et de Blizzard, cette victoire policière offre un répit aux joueurs qui restent honnêtes, mais elle reste surtout un signal d'alarme que les fraudes sont omniprésentes, et qu'il faut être prudent sur tout ce que l'on fait, que ça soit sur un jeu ou dans la vie réelle.










