L’industrie du jeu vidéo ne cesse jamais d'évoluer, et surtout à une vitesse ahurissante. A tel point qu'il y a certaines licences de jeux qui ont du mal à suivre le rythme ou à se renouveler pour coller à la demande du marché. Pour Naoki Yoshida, directeur sur le MMO FF XIV, ce constat est sans appel pour la marque Final Fantasy, elle ne possède plus l’aura universelle possédait au cours des périodes de lancement de la PlayStation 1 ou encore de la PS2. Aujourd'hui, la saga fait face à un défi de taille : séduire un public toujours plus jeune dont les habitudes de consommation et les attentes diffèrent radicalement de celles des vétérans de la licence ou encore des développeurs eux-mêmes.
Final Fantasy : un nom qui pèse lourd, mais qui doit évoluer ?
D'après "Yoshi-P", la raison principale du désamour des jeunes joueurs semble se trouver dans la perception même de la saga. Pour beaucoup, Final Fantasy est perçu comme une relique du passé parfois trop complexe, une suite de chiffres intimidante qui peut suggérer qu'il faut avoir joué aux quinze opus précédents pour comprendre le seizième. Mais au-delà de l'image renvoyée par la licence, c'est le rythme des jeux qui pose problème. Yoshida l'explique très bien en disant ; "les jeunes générations sont habituées aux jeux en temps réel, aux titres en ligne et aux expériences sociales immédiates". Là où un RPG traditionnel demande des dizaines d'heures d'investissement narratif avant de dévoiler son plein potentiel, les blockbusters actuels comme Fortnite ou Roblox offrent un plaisir immédiat sans passer par des heures de jeu.
Cette "barrière à l'entrée" peut facilement décourager les adolescents ou les très jeunes joueurs qui considèrent le tour par tour ou les cinématiques trop longues comme ennuyeuses et trop archaïques. Square Enix réalise aussi que le prestige du nom de la licence ne suffit plus à garantir l'attention d'une audience qui n'a pas grandi avec les aventures de Cloud, de Squall, ou encore de Tidus et qui cherche avant tout des interactivités où ils sont en permanence en activités. Ce qu'on retire de tout ça, c'est très simple, beaucoup de nouveaux joueurs ne veulent plus ou n'arrivent pas à se poser devant un jeu "trop lent" qui cherche à vouloir installer ses intrigues et qui dispose d'un gameplay qui se bonifie au bout de plusieurs dizaines d'heures de jeu.
Réinventer l'identité Final Fantasy pour un meilleur avenir ?
Pour retourner la tendance qui baisse, Square Enix souhaite entamer une refonte profonde de sa licence phare, parfois au risque de diviser sa base de fans qui est là depuis plusieurs décennies. Le virage vers l'action-RPG pur, amorcé avec Final Fantasy XVI, est une réponse directe à ce besoin de modernité. Naoki Yoshida souligne l'importance de briser les codes en déclarant ; "Pour que Final Fantasy survive, il doit cesser d'être vu comme une série de jeux de rôle de niche pour devenir une expérience de divertissement globale".
Cela passe notamment par certaines évolutions majeures comme une interface plus intuitive, des combats plus dynamiques et une narration qui va droit au but sans s'étendre pendant des heures et des heures de jeu. L'objectif est de prouver que chaque épisode est un nouveau départ et n'est pas lié à l'épisode précédent, éliminant ainsi la crainte de manquer de contexte avant de pouvoir se lancer. Square Enix, mise également sur la diversification des plateformes pour sortir ses jeux et la réduction des délais entre les sorties pour rester présents dans la tête des joueurs. Pour rappel, Final Fantasy 7 Remake est sorti en 2020 pendant que la seconde partie, Final Fantasy 7 Rebirth est sorti en 2024, et ce, sans compter la troisième partie qui pourrait n'arriver qu'en 2027.
Pour les années à venir, les enjeux seront de taille pour la franchise Final Fantasy, puisqu'il faudra transformer une institution qui est sacrée depuis des décennies en adoptant une vision moderne du marché, capable de rivaliser avec les tendances éphémères de jeu tels que Fortnite, Minecraft ou encore Arc Raiders, tout en conservant cette "âme" unique qui définit l'excellence du savoir faire japonais en matière de jeux vidéo.









