Les mauvaises décisions du studio et éditeur français continuent de le rattraper. Cette fois, c'est une nouvelle action en justice qui vise Ubisoft, elle est liée à la fermeture très controversée de The Crew, un jeu devenu complètement injouable après l’arrêt de ses serveurs en 2024.
Une action en justice contre Ubisoft pour avoir trompé les acheteurs
Cette fois, la plainte émane d’une association française de consommateurs, UFC-Que Choisir, soutenue par le mouvement Stop Killing Games. Contrairement à une précédente procédure lancée aux États-Unis, cette action s’inscrit dans un cadre européen et vise directement la question des droits des consommateurs dans le domaine du jeu vidéo dématérialisé.
Au cœur du litige se trouve un problème de fond : les joueurs pensaient acheter un produit durable, alors qu’Ubisoft considère qu’ils n’acquièrent en réalité qu’une licence d’accès temporaire. Lorsque les serveurs ont été fermés, le jeu est devenu totalement inaccessible, y compris pour les modes solo, ce qui a provoqué une forte réaction de la communauté.
L’association accuse l’éditeur de pratiques trompeuses, estimant que les conditions de vente ne rendaient pas suffisamment clair le caractère limité de cet accès. Elle critique également certaines clauses contractuelles jugées abusives, notamment celles permettant de retirer l’accès au jeu sans compensation ni solution alternative, comme un mode hors ligne.
De son côté, Ubisoft défend sa position en affirmant que les joueurs ont pu profiter du jeu pendant plusieurs années et que l’arrêt des services s’inscrit dans les conditions d’utilisation acceptées lors de l’achat. L’entreprise maintient ainsi une distinction nette entre possession d’un produit et droit d’accès à un service.
Un procès aux ramifications importantes
Cette affaire dépasse largement le cas de The Crew. Elle soulève une question juridique et économique majeure pour l’ensemble de l’industrie : un éditeur peut-il rendre inutilisable un jeu acheté, simplement en coupant ses serveurs ? L’objectif de la plainte est aussi de créer un précédent capable d’encadrer ces pratiques à l’échelle européenne.
Le soutien du mouvement Stop Killing Games renforce la portée du dossier. Né précisément après cette controverse, ce collectif milite pour la préservation des jeux vidéo et pour l’obligation de maintenir une forme d’accès, même après la fin de leur exploitation commerciale.
Avec plus d’un million de signatures recueillies dans le cadre d’une initiative citoyenne européenne, le débat a désormais dépassé le cadre judiciaire pour devenir un enjeu politique. Des discussions au niveau des institutions européennes sont envisagées, ce qui pourrait aboutir à une évolution des règles encadrant la vente et la conservation des jeux numériques.
L’ensemble met en évidence une tension croissante entre les modèles économiques actuels basés sur des services et des licences et les attentes des joueurs, qui assimilent encore majoritairement l’achat d’un jeu à une forme de propriété durable. Il y a aussi la question fondamentale pour tous les joueurs possédant des jeux sur Steam, Epic et d'autres services similaires sur consoles. S'ils ferment un jour, que deviendront leurs ludothèques ?








