À l’ère du jeu vidéo moderne, l’industrie semble totalement uniformisée par la tendance des crossovers et des collaborations entre plusieurs entités. Pourtant, un géant du secteur résiste encore et toujours à cette mode, et il s'agit de League of Legends. Alors que ses concurrents multiplient les partenariats très lucratifs avec des licences de la pop-culture, Riot Games semble s'attacher à son identité comme une moule à son rocher. Cette décision est totalement assumée et elle fait du célèbre MOBA une véritable exception dans le paysage vidéoludique.
LoL, le dernier rempart face aux collaborations et crossover ?
Depuis le phénomène culturel que fut Fortnite à une époque, la recette est devenue incontournable pour la plupart des éditeurs de jeux-service lorsqu'il s'agit de proposer des contenus cosmétiques. De Call of Duty à Overwatch, en passant par Rainbow Six Siege ou encore même Diablo et World of Warcraft, l'intégration de cosmétiques ou de personnages issus d'autres franchises est devenue une norme marketing incontournable. Toutefois, League of Legends oppose un refus catégorique à cette tendance. Selon les récentes déclarations d’August Browning, un vétéran de Riot Games cumulant près de quinze ans d'expérience au sein du studio, la direction refuse d'utiliser ces leviers externes simplement pour gonfler les ventes de skins et préfère rester attaché à son identité.
Pour le studio, l'explication est avant tout une question d'immersion et de cohérence en ce qui concerne l'univers que les développeurs ont créé via le MOBA le plus populaire au monde. L'introduction de licences externes briserait la logique du monde de Runeterra. Comme le souligne August, avec ce type de collaborations, "le ton du jeu change complètement". Voir Dark Vador ou Spider-Man s'affronter dans la Faille de l'Invocateur détruirait instantanément l'identité narrative qui a été bâtie depuis la sortie du jeu en 2009. Riot Games préfère ainsi renoncer à des millions de dollars de profits faciles pour s'assurer que son univers conserve son sérieux et sa crédibilité sur le long terme.
League of Legends, une marque devenue autonome
Cette stratégie de "restriction", si on peut dire ça comme ça, ne signifie pas pour autant que Riot Games s'enferme dans un conservatisme absolu en ne tentant rien d'extérieur à l'univers de Runeterra. L'équipe s'autorise des libertés créatives et des concepts décalés comme on a pu le voir avec des skins de champions arborant des uniformes de polices ou des costumes en bonbons, mais uniquement de manière très sporadique, notamment lors d'événements spécifiques comme le premier avril. En-dehors de ces périodes temporaires, la priorité absolue des développeurs reste de faire de League of Legends une franchise suffisamment puissante pour se suffire à elle-même, sans avoir besoin d'aides publicitaires issues de la pop-culture.
L’objectif derrière tout ça est très clair, c'est de valoriser la richesse de son propre univers plutôt que de dépendre de la notoriété des autres. Une approche très honorable et qui en plus porte ses fruits, car au lieu d'intégrer des éléments extérieurs, c'est Riot Games qui exporte avec succès sa propre marque vers d'autres médias, à l'image du triomphe de la série d'animation Arcane sur Netflix ou de ses projets différents projets musicaux. En refusant de transformer son jeu en un panneau publicitaire géant, l'éditeur renforce ainsi la fidélité de sa communauté et la confiance auprès des joueurs. Cette intégrité intellectuelle et artistique place aujourd'hui l'entreprise dans une position unique au sein d'une industrie qui se veut de plus en plus standardisée.










