L’idée d’une série live-action Persona chez Netflix ressemble à une annonce qui devrait provoquer un enthousiasme immédiat. Pourtant, la réaction dominante a surtout été un mélange de curiosité prudente et de méfiance. Et ce n’est pas très surprenant.
Persona en série live action sur Netflix
Selon les premières informations relayées par Variety autour du projet, Netflix développerait actuellement une adaptation en prises de vues réelles de la licence Persona avec Christopher Monfette (Star Trek : Picard et 9-1-1) au scénario, accompagné de Production 21 Laps (Stranger Things, Deadpool, Wolverine), ainsi que par le studio Story Kitche qui s'est déjà chargé de plusieurs adaptations du genre. Le projet serait encore à un stade précoce et peu de détails concrets ont été communiqués.
Les informations disponibles sont minimales, pour le moment, on ne saurait vous dire que c'est Persona 5 qui sera adapté par exemple. Mais sur le papier, le choix d'adapter la licence semble cohérent. Elle possède déjà beaucoup d’éléments qui fonctionnent naturellement dans une série : des groupes de personnages marqués, une structure découpée en arcs narratifs, des thèmes liés à l’adolescence, à l’identité et aux relations humaines, ainsi qu’une dimension surnaturelle facilement identifiable.
Mais il existe un problème que beaucoup de fans soulignent immédiatement : Persona n’est pas uniquement une histoire. C’est une série qui repose énormément sur sa mise en scène.
Une direction artistique difficile à préserver
Quand on parle de Persona, c'est rarement le scénario qui est mentionné. En plus des personnages, les éléments marquants sont issus d'une combinaison formée par le rythme, les menus, la musique omniprésente et l’identité graphique extrêmement forte et de cette manière très particulière qu’a la série de transformer chaque moment du quotidien en quelque chose de stylisé. La collection de monstres est aussi un aspect important qui a souvent été négligée dans les adaptations en anime.
C’est justement ce qui rend le passage au live-action compliqué. Le danger n’est pas forcément un mauvais scénario ou des acteurs mal choisis. Le risque le plus évident serait plutôt une adaptation qui cherche à rendre l’univers plus réaliste au point de perdre ce qui faisait sa personnalité. On a déjà vu ce phénomène ailleurs : des œuvres très stylisées qui deviennent soudainement plus sobres, plus neutres visuellement et plus prudentes dans leur mise en scène une fois adaptées.
Dans le cas de Persona, ce serait particulièrement problématique. Une partie de l’expérience vient du contraste permanent entre la vie quotidienne et l’explosion esthétique des mondes parallèles, des combats et des manifestations psychologiques. Si cette énergie disparaît, il reste une série adolescente surnaturelle qui pourrait ressembler à beaucoup d’autres productions.
C’est aussi pour cela qu’une adaptation trop fidèle n’est peut-être pas la meilleure solution. Rejouer exactement l’histoire d’un épisode connu placerait automatiquement la série face à une comparaison difficile avec les jeux. Une approche plus intéressante serait peut-être de reprendre le principe de Persona lui-même : créer un nouveau groupe de personnages, un nouvel environnement, un nouveau mystère et conserver uniquement les grandes règles de l’univers. Après tout, c’est déjà ce que la série fait depuis des années entre ses propres épisodes.









