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Test de Trek to Yomi - Ghost of Kurosawa

Test de Trek to Yomi - Ghost of Kurosawa
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Avec une direction artistique marquée, tout en noir et blanc, le jeu de Samouraï de Flying Wild Hog ne passe pas inaperçu. Et quand on sait que c'est Devolver qui le distribue, on ne pouvait que s'y intéresser de près. Grand bien nous en a pris.

Test de Trek to Yomi - Ghost of Kurosawa
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C’est par sa direction artistique que Trek to Yomi aura su se faire remarquer au mois de mars lors du State of Play comme au cours de l’ID@Xbox qui a suivi. Tout en noir et blanc, avec une inspiration directement puisée chez Akira Kurosawa par Leonard Menchiari (Riot, The Eternal Castle), et un petit côté Ghost of Tsushima, le jeu de samouraï du studio polonais indépendant Flying Wild Hog (Shadow Warrior, Evil West) n’a en effet laissé personne indifférent. Sa sortie sur PC, comme sur les consoles de Sony et de Microsoft d’ancienne et de nouvelle génération, s’accompagne également de son intégration en day one au Game Pass PC et Xbox. Et une version Switch pourrait également être développée par la suite. Sans plus attendre, rendons-nous dans le Japon féodal pour suivre cette histoire d’amour, de loyauté et de vengeance.

  • Genre : action-aventure
  • Date de sortie : 5 mai 2022
  • Plateforme : PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Game Pass
  • Développeur : Flying Wild Hog
  • Éditeur : Devolver Digital
  • Prix : 19,99€
  • Testé sur : PC

Le code du Bush idiot

Tout commence par l’enfance d’Hiroki, un jeune orphelin recueilli par Sanjuro, un sensei qui l’initie à l’art du Bushido. Un jour, leur village est attaqué par des brigands et le vieux samouraï doit partir défendre celui-ci, demandant à son disciple de rester en retrait. N’écoutant que son courage, Hiroki désobéit à son maître et se lance lui aussi dans le combat, parvenant même à défigurer le chef de guerre ennemi, sans pour autant empêcher celui-ci de mettre fin à l’existence de Sanjuro, à qui il promet, avant qu'il ne rende son dernier souffle, de protéger à jamais sa fille Aiko comme tous les habitants du village, même par-delà la mort. Et il devra bel et bien mettre sa promesse à exécution lorsque, quelques années plus tard, tous les villages de la région seront mis à feu et à sang, les uns après les autres, par une bande sans foi ni loi.

Millenium

Compte tenu du titre, vous vous doutez bien que la promesse d’Hiroki l’emmènera bien au-delà des villages alentours, jusqu’aux tréfonds de Yomi, le monde des morts de la mythologie shintoïste, bien plus surnaturel. Là, il devra faire face à ses démons et choisir entre l’amour, la loyauté et la vengeance, trois voies qui l’entraîneront vers le destin qui est le sien. L’honneur et la fierté des samouraïs se confrontent ici à leur absence totale dans les troupes adverses dénuées de toute empathie. C’en est d’ailleurs même parfois un peu trop caricatural tellement le trait est grossier avec des méchants vraiment méchants, juste par plaisir, et des gentils toujours prêts à tout pour défendre la veuve et l’orphelin. Mais cela va avec le style du jeu qui cherche clairement à ressembler à un film d’époque d’Akira Kurosawa (Les Sept Samouraïs, Ran, Kagemusha, …).

Millenium

Le style graphique retenu, tout en noir et blanc, marque d’ailleurs cette volonté de faire référence au cinéma des années 40-60, comme les deux bandes noires affichées en haut et en bas de l'écran. Il est même possible d’appliquer un grain à l’image du plus bel effet. On peut également noter l’utilisation d’effets d’imperfections dues à la pellicule et la décision d’afficher 30 images par seconde pour se rapprocher des 24 souvent présentes dans les anciens films. Les plans sont méticuleusement choisis et le montage, très cinématographique, rappelle ouvertement l’œuvre du cinéaste japonais. Et aucun contrôle de la caméra n’est disponible afin de ne pas gâcher l’expérience. En dehors des visages, un peu en-deçà, les images sont soignées avec un rendu réussi des effets météorologiques comme des diverses animations qui rendent le monde vivant. D’un bout à l’autre du jeu, la direction artistique est une véritable réussite. Vous pouvez très bien jouer à Trek to Yomi juste pour ça, c’est d’une tuerie incontestable. Avec une vision alternant 3D isométrique et 2D lors des phases de combat, tour à tour de près ou de loin, il exploite à merveille les premiers plans, les décors léchés, les contre-plongées, les jeux d’ombres et de lumières, les contre-jours, … Il offre même des passages en ombres chinoises derrière des paravents particulièrement séduisants.

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Yo-Mi-Oh

Au générique, on retrouve des acteurs comme Masayuki Katô (Street Fighter V, Naruto Shippuden, …), Sarah Emi Bridcutt (Fire Emblem: Three House, Disgaea 5, …), Hiroshi Shirokuma (Resident Evil Village, The Last Guardians, …), Hiroki Goto (Chacal dans Overwatch) et Akio Otsuka (Ghost of Tsushima, Yakuza: Like a Dragon, Metal Gear Solid, …) pour les rôles principaux. Mais les personnages secondaires discutent aussi entre eux et étoffent ainsi le lore, tout en crédibilisant davantage l’univers dans lequel vous évoluez. Le concours d’Aki Tabei Matsunaga, historienne spécialisée dans la période Edo, a permis de retranscrire avec précision les dialogues en concordance avec l’époque, comme toutes les descriptions s’y référant. Et le doublage en Japonais finit de nous immerger efficacement dans cette ambiance du Japon féodal, le tout bien entendu sous-titré en français. La bande-son n’est pas non plus en reste avec une musique traditionnelle japonaise collant parfaitement à la situation en début de partie, mais qui se transforme progressivement en ambiance atmosphérique jusqu’à devenir angoissante sur la fin. De la même manière, les pleurs des villageois ou les gémissements des corrompus participent à créer un climat malsain.

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L’univers dans lequel nous plonge Trek to Yomi, avec son style cinématographique, est donc délectable, mais qu’en est-il du gameplay ? Celui-ci repose essentiellement sur des combats au katana, et si le jeu est abordable avec le duo clavier-souris sur PC, mieux vaut recourir à la manette pour laquelle il a été principalement conçu. Vous disposez de manière classique d’attaques faibles et fortes, avec différents enchaînements possibles et autres combos que vous débloquerez au fur et à mesure en avançant dans l’histoire. Il faudra cependant pour cela parfois découvrir des parchemins, ou battre certains ennemis. Frappes hautes ou basses, de taille ou d’estoc, de face ou retournées, le panel est assez large. Rajoutez les esquives, les roulades, les blocages, les parades avec contre-attaque, ainsi que des Bo shuriken, un arc et un ozutsu (un canon à main) pour les attaques à distance, et cela vous donne une petite idée des moyens mis à votre disposition pour venir à bout de vos ennemis. De sympathiques coups finaux sanguinolents sont également possibles si vous parvenez à étourdir votre adversaire.

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Les combats ne sont toutefois pas très pointus ni techniques, ça reste des affrontements en scrolling 2D où il s’agit essentiellement de réagir au bon moment en gérant correctement son endurance pour ne pas se retrouver fatigué et ainsi limité dans ses actions. Notons que l’« exploration » permet d’améliorer son niveau de santé et d’endurance en mettant la main sur des fioles dédiées, comme d’augmenter le nombre de munitions disponibles dans chaque arme à distance ou les recharger. Cela peut aussi être un moyen d’éviter les combats en utilisant les pièges environnementaux pour exterminer les hommes de main qui se trouvent sur votre route. À défaut, il s’agit de bien observer les différents ennemis (simples bandits ou en armure, têtes dures, cavaliers, archers, tireurs, samouraïs, mais aussi esprits, spectres, fantômes, …) et apprendre à connaître leurs forces et faiblesses. Ces derniers attaquent en effet toujours plus ou moins de la même manière et rarement à plus d’un à la fois, même s’ils peuvent être plusieurs à affronter en même temps. L’IA ennemie n’est donc pas un exemple du genre, loin s’en faut, mais les combats sont agréables, face à des adversaires assez variés, et peuvent représenter un certain challenge, notamment en mode de difficulté Ronin (difficile). Le mode Bushido (normal), lui, demande de rester tout de même vigilant, alors que le mode Kabuki (facile) est d’une simplicité enfantine.

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Amour, Gloire et Fierté

Il y en a donc pour tous les goûts et un quatrième mode dénommé Kensei se débloque une fois l’histoire achevée afin de présenter un défi supplémentaire : chaque coup est fatal. Un mode « one shot » qui complique la tâche (vous n’avez pas droit à l’erreur) et la simplifie en même temps puisque même les ennemis les plus coriaces peuvent être ainsi rapidement vaincus, les armures et le niveau de santé (qui n’est plus affiché ici) étant ignorés. De plus, les armes à distance s’avèrent du coup d’une aide exemplaire. Il est donc possible d'avancer bien plus rapidement. Les boss, en revanche, échappent à cette règle et il s’agit par conséquent de les vaincre sans prendre un coup, un défi non négligeable. Chacun des sept chapitres s’achève en effet par un combat de boss et il vous faudra plus ou moins 6 heures pour arriver jusqu’au générique en mode normal. Le jeu n’est donc malheureusement pas très long, et mieux vaut prendre le temps de lire les descriptifs des différents objets collectibles faisant référence à la mythologie ou aux traditions, comme au passé d’Hiroki.

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Cela dit, vous ne parviendrez certainement pas à tous les dénicher lors de votre premier run, car certains sont bien cachés. Il ne faut en effet pas hésiter à s’écarter du chemin très linéaire qui vous est proposé pour mettre la main dessus. Et comme les points de sauvegarde se font auprès de sanctuaires, ou en changeant de chapitre, et que vous ne pouvez redémarrer qu’à partir du dernier activé, il vous faudra lancer une nouvelle partie pour trouver les objets à côté desquels vous serez passés. Sachant que les sanctuaires ne peuvent être utilisés qu’une seule fois, cela leur donne aussi un petit côté tactique intéressant dans le choix du moment où les utiliser, d’autant plus que ceux-ci permettent également de recharger à la fois votre santé et votre endurance. Le fait de ne pas pouvoir au moins relancer un chapitre reste toutefois discutable. Quoi qu’il en soit, cela pousse à recommencer le jeu et donne l’occasion de tester un autre niveau de difficulté et une autre voie, tout en prolongeant la durée de vie. Trois façons de réagir aux événements auxquels il est confronté sont en effet régulièrement offertes à Hiroki. Cela modifie quelques phrases dans les dialogues et la cinématique qui suit votre décision, notamment celle concluant l’aventure (4 fins sont possibles), mais n’a pas d’incidence sur le déroulé du jeu qui reste, lui, identique en termes de scènes et de gameplay proposés.

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Pour un petit jeu indépendant sans forcément grande prétention, Trek to Yomi s'en tire avec tous les honneurs. Les combats restent peut-être un peu basiques et le voyage proposé est un peu court, mais le rejouabilité qu'il offre permet d'agréablement prolonger l'expérience, et son esthétique est juste à tomber. Si vous aimez le cinéma de Kurosawa, la période Edo et le code du bushido, il devrait à coup sûr vous ravir.

Le style graphique et la direction artistique
Le montage cinématographique
Le doublage japonais et la bande-son
Des combats agréables
Des niveaux de difficulté pour tous
Le mode "one shot" et autres axes de rejouabilité
Un contenu assez succinct
Impossibilité de relancer un chapitre
Une IA très basique
Forcément très linéaire
Un scénario et des personnages caricaturaux
Des visages qui manquent de finesse

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Hazziel Zen
Nyam Hazz

Editor

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