Chose suffisamment rare pour être soulignée, cela va désormais faire un mois que nous sommes en train de parcourir les allées malfamées de Boone County et ses alentours dans Mewgenics. Il faut dire qu'avec une campagne à la durée de vie estimée à plus de 200 heures, il fallait au moins ça pour rendre justice au colosse des géniaux Edmund Mc Millen et Tyler Glaiel. Et à vrai dire, même si notre bibliothèque Steam affiche un temps de jeu de 156 heures, nous ne sommes pas encore parvenus à dézinguer le boss final de l'acte 3... Oui, ce jeu est massif ! Mais est-ce qu'il vaut le coup ? C'est la question à laquelle nous allons tâcher de répondre dans ce test complet.
- Genre : RPG / Roguelite
- Date de sortie : 10/02/2026
- Plateforme : PC (Steam)
- Développeur : Edmund Mc Millen et Tyler Glaiel
- Éditeur : Edmund Mc Millen et Tyler Glaiel
- Prix : 29,99€
- Testé sur : PC
Gène éthique
Tout commence par une discussion avec le professeur Beanies, un savant fou qui va vous expliquer qu'on peut faire beaucoup de choses en élevant des chats, comme, par exemple, remonter le temps. Pour l'aider dans ses expérimentations, vous allez avoir la lourde tâche de choisir 1 minou parmi les 3 générés aléatoirement et qui représentera votre fichier de sauvegarde. Le choix fait, vous finirez par vous abriter dans une maison désaffectée dans laquelle vous débuterez un élevage de chats qui vous conduira à travers le temps et l'espace, rien que ça. Depuis votre demeure, vous ferez la rencontre d'un tas de personnages importants de Boone County, la région dans laquelle s'est déroulée la tragédie The Binding of Isaac ce qui, mine de rien, a sa petite importance dans le plaisir de la découverte de l'univers du jeu.
Parce qu'en explorant les différentes zones du jeu, c'est l'univers de TBOI qui s'étend, avec des ennemis et des personnages communs, voire carrément des références directes à la "légende" du bébé qui font vraiment plaisir. Le scénario part clairement dans tous les sens, mais on parvient tout de même à s'attacher à cet univers glauque et drôle à la fois, grâce à sa galerie de protagonistes plus timbrés les uns que les autres, mais aussi grâce aux chansons qui viennent clore chaque zone du jeu. A chaque combat de boss est associé un thème chanté, dont les paroles viennent raconter l'histoire dudit boss. Mewgenics cache donc assez bien son jeu, en proposant un univers bien plus profond qu'il n'y parait, avec une belle montée en puissance et des cinématiques animées très drôles, dans le plus pur esprit des anciennes productions de ses 2 développeurs.
Kits cat
Comme tout bon roguelite qui se respecte, Mewgenics se divise en deux phases : une première dans la maison à élever vos chats, où vous vous essaierez à la manipulation génétique en achetant des meubles liés à 4 statistiques orientant l'évolution de votre élevage et vous débarrasserez des rejetons inutiles pour faire plaisir aux gens de Boone County. Les chats servent effectivement de "monnaie" de méta-progression auprès des différents établissements du coin, mais en fonction du PNJ que vous souhaitez améliorer, vous devrez apporter des minous de différents types : des blessés, des chatons, des vétérans qui sont allés jusqu'à certaines zones, etc. Plus important encore, vous devrez vous assurer d'avoir assez de nourriture pour donner à manger à votre cheptel, chaque chat consommant une nourriture par jour. En passant la nuit, les chats amoureux vont donner de nouvelles bouches à nourrir, tandis que ceux qui se détestent vont se pouiller le nez, parfois jusqu'à la mort.
Une fois un groupe de 4 chats avec des compétences et des statistiques qui vous conviennent prêt, c'est parti pour l'aventure, avec un premier arrêt par la case équipement et assignation de classes. A vous de mieux accorder les forces et les faiblesses de chaque boule de poils pour lui attribuer le rôle qui lui convient le mieux : votre animal a une grosse constitution et une force de frappe moyenne ? Alors il fera un excellent tank, c'est aussi simple que ça. Une fois les rôles définis, un set de compétences aléatoire est assigné, pioché dans les 1200 skills du jeu, une véritable dinguerie. Au final, vous vous retrouverez donc avec 4 builds d'Isaac, qui vont venir interagir ensemble dans un RPG tactique au tour par tour qui rappelle beaucoup Into the Breach dans la construction de ses cartes au format réduit.
L'aventure lancée, tout peut arriver, avec des compétences et des combats hyper-réactifs : tous les éléments interagissent ensemble pour offrir des chaines de réaction dont il est impossible de se lasser. Des explosions qui prennent tout le champ de bataille, à la répétition d'une compétence craquée qui rend votre chat complètement invincible pendant toute la durée de la run... Il y a des centaines et des centaines de combinaisons différentes et on se gardera bien de vous les citer ici, tant elles sont nombreuses et font partie du plaisir de la découverte. Après une exploration réussie, les chats, devenus vétérans, deviennent inutilisables mais dotées de statistiques supérieures et de pouvoirs qu'ils pourront peut-être transmettre à leur progéniture. Et c'est là que la partie génétique entre en compte, avec l'établissement de véritables lignées qui vont porter en elles les marques des voyages de leurs ancêtres, avec des mutations génétiques transmissibles qui vont influer sur leurs statistiques de base, ou leur offrir de nouvelles compétences.
Mais attention, il faudra aussi prendre en compte la consanguinité, une donnée qui va baisser le potentiel de vos futurs guerriers si vous n'y faites pas attention. l'aspect élevage du jeu manque de quelques données précises pour être pleinement convaincant, mais allez savoir comment, on finit par s'en sortir et après plus de 150 heures de jeu, nos chats sont de véritables machines de guerre génétiquement modifiées. Une boucle de gameplay infernale, qui va peut-être mettre quelques runs à cliquer chez certains joueurs, mais une fois tous ses concepts assimilés, mamma mia quel plaisir ! On avait déjà vu avec TBOI que Edmund Mc Millen maitrisait parfaitement les codes du genre roguelite, mais cette fois il s'est surpassé, avec un jeu qui va aisément venir se faire une place dans le panthéon du genre. Une bien belle claque, vraiment.
The Mew generation
Si l'on regarde seulement les différents trailers d'annonces et les images du jeu, on pourrait se dire que Mewgenics n'est qu'un conglomérat de visuels glauques et franchement peu aguicheur. Mais, comme pour la lecture de son univers, il faut gratter un peu le vernis pour finalement y découvrir un jeu avec une direction artistique bien plus profonde qu'il n'y parait, même si on reste évidemment dans un ton toujours hyper sombre. Les 3 actes du jeu, divisées en une quinzaine de zones hyper variées, des allées de Boone County jusqu'à... Bah, on préfère ne pas vous spoiler, on va simplement dire que le voyage prend une toute autre dimension vers la fin du second acte.
Et encore, ça vire déjà au bizarre avec la zone ultime du premier acte et son boss de chair absolument répugnant, mais au thème envoutant. Car, comme on vous l'expliquait au début du test, le jeu balance des chansons associées à chaque boss du jeu et qui vous raconte leur histoire, chansons qui vous accompagnent tout au long de l'exploration de la zone dans une version instrumentale. Du génie et qui fait beaucoup pour l'attachement à cet univers sombre à souhait, mais étrangement attachant. On vous met l'une de nos chansons de boss favorites juste en dessous, mais il y en a plus d'une vingtaine dans tout le jeu.










