Cela fait depuis la sortie de Killer 7 sur PS2, il y a plus de 20 ans maintenant, que nous suivons le travail de Suda 51, l'un des créatifs japonais les plus barrés du petit monde du jeu-vidéo. A la tête de Grasshopper Manufacture, Suda Goichi et ses productions ont leur petite fanbase à chaque nouvelle sortie et vue de loin, on pourrait se demander pourquoi. Mais ne vous fiez pas aux apparences, il y a souvent du bon à prendre dans ses jeux, aussi claqués soit-il, et Romeo is a Deadman en est un énième exemple.
- Genre : Action
- Date de sortie : 11 février 2026
- Plateformes : PC, PS5, Xbox
- Développeur : Grasshopper Manufacture
- Éditeur : Grasshopper Manufacture
- Prix : 49,99€
- Testé sur : PC
O Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ?
C'est l'histoire d'un mec appelé Romeo, qui décide un jour de quitter sa petite ville de campagne monotone pour partir à l'aventure. Seulement, quelques kilomètres après la sortie de la ville il va voir sa tête défigurer par un étrange démon blanc. Entre la vie et la mort, il va être secouru par un membre de sa famille venu du futur pour lui coller un casque stylé qui va lui permettre de garder la vie sauve. Désormais appelé Deadman, Romeo va parcourir le temps et l'espace à la recherche de toutes les itérations de Juliet, son aimée, à bord d'un vaisseau interdimensionnel rempli d'autres membres d'une section spéciale du FBI dédiée au voyage dans le temps.
Ouais, ça fait beaucoup d'informations en peu de temps, mais c'est pourtant bel et bien le synopsis de Romeo is a Deadman, la nouvelle dinguerie de Suda 51. Le créateur japonais a toujours été doué pour mettre en mouvement des univers perchés, mais cette fois il a tout donné : raconté par des séquences cinématiques aux styles très variés (animé, stop-motion, etc), le jeu réussit tout de même à nous intéresser à son scénario sans queue ni tête. Comme d'habitude, les personnages sont des clichés sur pattes et la conclusion n'en vaut pas forcément la peine, mais une fois les crédits atteints, on a définitivement la sensation d'avoir joué, ou vu, quelque chose d'unique.
Inglorieux bâtards
Romeo est le jeu-somme de Suda 51 et Grasshopper, comprendre par là celui dans lequel ils ont pioché dans tous les autres titres de leur ludographie pour créer quelque chose de nouveau. On a le droit à l'acolyte collé au protagoniste principal, aux mini-jeux liés à la progression, aux combats sympas sans plus et au level design un peu claqué des derniers jeux du studio. Pour être honnête, si le gameplay "fonctionne" et qu'il contient même quelques chouettes idées, comme la culture de bâtards qui correspondent en fait à vos compétences actives, le jeu est globalement d'une qualité très passable. La construction des niveaux est convenue, la mise en scène et ses 1001 cassures de rythme font grimacer et, cerise sur le gâteau, les points de contrôle ne sont pas toujours très bien passés.
Romeo va faire swinguer son épée laser et dégainer son pistolet pour anéantir des dizaines de zombies et autres abominations et cela ne va malheureusement pas beaucoup évoluer jusqu'à la conclusion. Vous allez découvrir de nouvelles techniques et le coup spécial Été Sanglant est là pour assurer un minimum de variété, tout comme les différents modèles de pétoires disponibles, mais ne comptez pas sur un gameplay super-varié lors des chapitres principaux de l'histoire. Il y a toujours la folie douce de Suda et ses phases de jeu sorties de l'espace, toutefois il faut bien admettre que si l'on sort d'une poignée de moments marquants, RiaD est malheureusement un titre assez convenu côté expérience de jeu.
Le bestiaire n'aide pas beaucoup non plus avec 5 types de monstres croisés tout au long de l'aventure, avec certes quelques variantes, mais tout de même beaucoup trop de recyclage pour être pleinement satisfaisant. Et pourtant, pourtant, la nouvelle expérience de Grasshopper a un petit goût de reviens-y, quelque chose d'indescriptible qui lui permet de tenir sur ses deux jambes malgré une liste de tares longue comme le bras. Comme pour Killer is Dead ou Lollipop Chainsaw, on a pleinement conscience que l'on est pas face à un grand jeu-vidéo, mais une alchimie étrange opère jusqu'à ce que l'on en vienne au bout.
De Roméo à Romero
Là aussi on est dans la droite lignée des productions Grasshopper Manufacture, avec un jeu techniquement indigne de la génération actuelle, mais qui va se rattraper grâce à une tonne d'idées visuelles qui vont venir "masquer la misère". On apprécie tous ces passages en 2D, ces menus rappelant les premiers ordinateurs et toutes ses cutscenes ramenant à la belle époque des animés des années 90. Mais ce gloubi-boulga d'influences très marqué ne parvient pas à effacer complètement l'indigence technique des phases de jeu principales.
Testé sur une config à base RTX5080, le jeu se permet de ramer comme un beau diable à intervalles réguliers. Entre ça et les particules beaucoup trop nombreuses à l'écran dès que l'on touche le moindre ennemi, la lisibilité et le confort de jeu en prennent un sacré coup. La bande-son parvient heureusement à ré-hausser le niveau, avec plein de morceaux cools dans des genres très variés : c'est déjà ça de pris.










