Après plusieurs jours sur Tales of Berseria Remastered, je me suis sincèrement posé la question sur l'utilité d'avoir une version remastérisée pour un jeu qui est sorti il y a moins de 10 ans. Du coup, cette proposition est elle vraiment indispensable en 2026 ? Il y a près d'une décénnie, la série des Tales of nous racontait l'histoire de Velvet Crowe, un des personnages les plus intéressants et profonds de la franchise, dans une histoire sombre et mature qui tranchait beaucoup avec ce qui se faisait à l'époque. Si l'intérêt technique pose vraiment une interrogation quant à l'intérêt de ce remaster, ce qu'il raconte pourrait bel et bien en intéresser plus d'une personne, surtout les adeptes de J-RPG au style graphique "animé".
Genres : Action RPG, JRPG
Date de sortie : 27 février 2026
Plateforme : PS5
Développeur : Bandai Namco Entertainement
Éditeur : Bandai Namco Entertainement
Prix : 39,99 €
Tales of Berseria Remastered : Qu'est-ce que ça raconte ?
Pour un peu comprendre l'impact qu'a eu ce titre sur moi, il faut creuser du côté de la noirceur de son scénario et de sa maturité. Loin des fables héroïques que l'on peut retrouver généralement dans la série des édités par Bandai, Tales of Berseria nous fait suivre un destin brisé, celui de Velvet Crowe. Le début du jeu s'ouvre sur son passé où l'on aperçoit une jeune fille aimante et douce, mais qui va voir sa vie basculer lors de la "Nuit Écarlate" quand Artorius, l'homme en qui elle avait le plus confiance, sacrifie son petit frère sous ses yeux pour une cause portée par un "bien supérieur".
Transformée en "Therion", une créature dévorant les démons et armée d'un bras démoniaque terrifiant, Velvet se retrouve emprisonnée pendant des années, mais finit par s'évader avec un seul objectif en tête : la vengeance. Ce qui rend cette histoire fascinante, c’est qu'elle ne cherche pas à nous rassurer ou nous poser dans une quête où l'on souhaite sauver le monde par altruisme. Ici, on le parcourt avec une bande de parias, de pirates et de démons qui agissent par intérêt personnel ou par pur ressentiment d'injustice envers des événements qui ont influé sur leur vie.
Toute l'intrigue de cet opus de la franchise tourne autour d'une confrontation frontale entre la raison froide d'Artorius, qui prône un ordre absolu sans émotions en le poussant à agir sans considération pour ce qui l'entoure, et la passion dévorante de Velvet, qui revendique son droit à la douleur et à la colère qui se manifeste par une vengeance extrême. "Pourquoi les oiseaux volent-ils ?" Cette question, qui revient en boomerang à plusieurs reprises dans le jeu, illustre parfaitement cette dualité qui oppose la logique aux sentiments.
Pourquoi ce jeu est unique dans la série Tales of ?
Si Berseria occupe une place à part dans mon cœur de joueur, c'est parce qu'il brise presque tous les codes des autres jeux de la saga. Là où la série nous habitue souvent à des protagonistes très solaires et bienveillants (dans la majeure partie des cas, Tales of Symphonia ou encore Vesperia), Velvet est tout ce qui caractérise une anti-héroïne. Elle est sombre, tourmentée, perdue et parfois terrifiante. Le casting qui l’entoure est tout aussi atypique, et que ça fait du bien honnêtement ! On se retrouve, par exemple, avec le samouraï Rokurou qui ne cherche que des occasions pour faire des duels fantasques, ou encore la sorcière Magilou qui est complètement déjantée. Chaque personnage de Tales of Berseria possède une profondeur, un développement et une psychologie rare.
Le système de combat, basé sur la "Jauge d'âme", reste encore aujourd'hui l'un des plus dynamiques et gratifiants à jouer de la franchise. Il demande une gestion constante de ses ressources, puisqu'il faut voler des âmes aux ennemis pour déclencher certaines de nos capacités dévastatrices. Cette idée de game design nous proposes des combats qui deviennent tout de suite plus nerveux et brutaux, ce qui colle parfaitement à la personnalité de Velvet.
Plusieurs autres points sont abordés par le jeu sans aucune gêne ni filtre : le traitement du deuil et la trahison, qui créent une zone grise sur le plan moral. Tales of Berseria n'a pas peur de "choquer" parfois dans les thèmes qu'il met en avant, mais il le fait avec une grande maturité que peu de JRPG de ce type osent aborder. À mes yeux, c'est clairement un jeu qui a "une âme", pas du tout exempt de défauts, mais doté d'une réelle sincérité qui marque les esprits dans l'utilisation de ses dialogues et dans les choix de scénarios réalisés pour les personnages. Sur ce plan-là, et ce, même dix ans après sa sortie originale, le titre ne semble pas avoir pris une ride.
Le remaster de Tales of Bersera était-il nécessaire ?
C'est ici qu'on touche le point le plus sensible de cette version proposée par Bandai en 2026. En toute honnêteté, ce remaster est sans doute inutile par rapport à ce qu'il propose factuellement. Le jeu original, sorti en 2017, est déjà jouable via la rétrocompatibilité. De plus, les améliorations graphiques de cette nouvelle mouture sont anecdotiques et manquent cruellement d'ambition. On note un rendu certes plus net ; l'absence d'aliasing et des temps de chargement réduits sont une marque de confort appréciable, mais les textures restent datées pour les standards actuels et les donjons, souvent décrits comme des "couloirs vides", n'ont pas été retravaillés du tout. Ça, c'est bien dommage...
Cependant, pour nuancer l'intérêt que peut avoir la version remaster de Tales of Berseria, son utilité pourrait se trouver ailleurs. C'est du côté de l'accessibilité et du confort que le jeu aura peut-être un public, en intégrant notamment l'ensemble des DLC sortis à ce jour, tout en proposant des options de confort comme les marqueurs de destination ou la boutique de "Grade" accessible dès le début du jeu.
Bandai Namco offre la version ultime de Tales of Berseria pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de faire l'aventure, que cela soit sur PS3 ou PS4. L'une des grosses nouveautés de cette sortie est sans nul doute l'arrivée du jeu sur Nintendo Switch et Xbox Series, ce qui permet à un tout nouveau public de découvrir cet excellent JRPG bien trop méconnu. Parfois, la nécessité d'avoir un remaster ne se mesure pas toujours à la qualité de sa technique, mais à l'accessibilité qu'il offre à de nouveaux joueurs de découvrir une œuvre, tout en faisant plaisir à certains fans nostalgiques qui se laisseront tenter.











