Si l'on nous avait dit un jour que l'on aurait l'occasion de réaliser le test d'un mythe tel que Zelda Ocarina of Time, dans une version remaniée de surcroit, on ne l'aurait sans doute pas cru. Et pourtant, pourtant, nous avons pu compléter à 100% ce jeu que l'on est nombreux à avoir fait et refait au moment de sa sortie en 1998 une nouvelle fois. Voici ce que l'on a pensé de cette révision graphique ET mécanique de celui qui est toujours considéré par beaucoup comme le meilleur jeu de tous les temps.
- Genre : Action-aventure
- Date de sortie : 05/11/2026
- Plateforme : Nintendo Switch 2
- Développeur : Nintendo
- Éditeur : Nintendo
- Prix : 59,99€
Retour vers le futur
Depuis quelques nuits, le jeune Link fait un cauchemar qui le met face à un homme sombre perché sur un cheval noir sous une pluie battante. Un rêve prémonitoire de sa première rencontre avec Ganondorf, un Gerudo à la recherche de la terre sacrée, qui lui conférerait un immense pouvoir. Le petit garçon, accompagné de sa fée Navi, va donc rapidement avoir le destin de tout le royaume d'Hyrule entre ses mains. On vous refait pas toute l'histoire, vous la connaissez surement déjà et le gros du scénario n'a de toute façon pas bougé en près de 30 ans : il y a toujours ces rebondissements bien cools et ces petites longueurs en début de partie, lors de longues scènes d'exposition nous présentant la création du monde.
Mais y a pas à dire, il s'agit toujours du scénar le plus impactant de la série, avec des moments émouvants et une part de mystère qui fait que l'on s'attache très vite à son univers. Il y a aussi une certaine mélancolie qui se dégage de cet Hyrule qui n'hésite pas à aborder la mort et les affres du temps. Pour ce remake, les développeurs ont ajouté des petites cutscenes qui viennent enrichir la narration de belle manière, avec des moments entièrement doublés dans la langue de Matt Pokora. Aussi, des points irritants de la version d'origine comme les interruptions incessantes de Navi ou le fameux hibou au verbe soutenu ont été corrigés : la fée est désormais bien plus discrète et résume son propos dans de petites bulles de quelques mots qu'elle délivre directement pendant le gameplay.
Départ Ganon
Que ça fait du bien de revenir à la formule classique des Zelda 3D : quand on se refait le film, il n'y a vraiment pas beaucoup de jeux de ce type, même encore aujourd'hui. La promesse est pourtant assez simple sur le papier : le héros débloque l'accès au prochain donjon en complétant des objectifs sur la carte du monde, puis ces temples lui fournissent des objets importants pour la progression, lui ouvrant davantage de possibilités d'exploration de retour sur la map. Mais dans les faits, réaliser ce genre de jeu doit être un immense casse-tête, puisque tous les éléments doivent s'imbriquer correctement les uns dans les autres, tout en conservant une progression agréable et un bon rythme. Et c'est précisément pour ça que Zelda Ocarina of Time est considéré comme l'un des meilleurs jeux de tous les temps : il fait partie des rares jeux qui parviennent à concilier tous ces éléments dans une formule qui n'a finalement pas besoin d'être retapée dans les grandes largeurs.
Pour ce qui est du remake, il modifie bien quelques éléments comme le saut qui devient "manuel", ou les équipements à équiper/déséquiper régulièrement qui sont désormais associés à une touche, mais le squelette et le gros du contenu reste identique au jeu 98. On est néanmoins sur une expérience bien plus moderne et confortable, avec des ajustements de maniabilité et de petits changements de level design qui rendent l'ensemble moins cryptique que ne pouvait l'être OOT à l'époque. C'est finalement certains contenus annexes qui ont vu le plus de choses bouger, comme les skulltulas d'or, dont certaines ne sont plus du tout au même endroit. Le jeu va parfois donner l'impression qu'il est plus facile, mais ce n'est pas vraiment ça : il est surtout devenu plus accessible et lisible, libéré des contraintes induites par la Nintendo 64. Un donjon culte comme le Temple de l'Eau, par exemple, ne perd rien de son ingéniosité, mais la progression dans ses énigmes est bien plus fluide et mieux pensée qu'auparavant.
Au-delà des donjons, l'exploration et les différentes surprises liées à la quête fil rouge des quarts de coeur marche toujours très bien : déambuler dans ce monde d'Hyrule, en Link enfant ou adulte, est toujours un plaisir de tous les instants. On aurait peut-être apprécié une sorte de new game plus ou de mode difficile pour nous donner une raison de relancer une partie une fois le voyage terminé, mais qu'à cela ne tienne, compléter le jeu à 100% devrait déjà vous scotcher à la manette plusieurs dizaines d'heures. Côté contenu inédit il y a bien l'Amphithéâtre des monstres qui est une sorte de musée, qui fait également office de mode roguelite, avec 3 coupes qui vous demandent d'enchainer 10 arènes de combats boss compris, mais l'intérêt reste tout relatif. Non pas que les combats ne soient pas intéressants, d'autant que leur dynamisme a été revu pour cette version, seulement les récompenses liées à ce mode ne sont pas franchement à la hauteur.
Hyrule 34
C'est sur la technique et le visuel que l'on attendait surtout ce remake et pour le coup, on a pas été déçus du tout. Il y a bien quelques visages ratés à cause de la direction artistique "poupée de bois" retenue par les équipes, mais le rendu global est à tomber par terre. Pour afficher des environnements de cette qualité dans un 60fps qui ne bronche pas, Nintendo fait appel au FSR, la solution d'AMD équivalente au DLSS de Nvidia. Le résultat est excellent 90% du temps, mais il y a quand même quelques soucis d'aliasing dans la plaine d'Hyrule ou dans les zones du jeu les plus chargées en particules. Reste que malgré cet écueil, cette relecture de OOT nous a posé sur nos petites fesses : se dire que la Nintendo Switch 2 est capable de faire tourner confortablement un jeu avec ce niveau de détail, c'est juste bluffant. Et on balaie direct les craintes soulevées par la première bande-annonce, avec un titre qui ressemblerait aux fakes reconstitués sous Unreal Engine 5 : non seulement c'est beau techniquement, mais c'est aussi une réussite artistique indéniable.
Parce que si l'on met de côté la trogne de Zelda jeune, les environnements sont dingues et chaque temple a enfin sa propre identité visuelle, clairement établie. Ah ça pour les donjons, on est à des années lumière de ce que propose Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom, les temples de Ocarina of Time les enterrent complètement, visuellement et mécaniquement. Histoire d'enfoncer le clou, la bande-son orchestrale vient habiller les nombreuses zones du jeu avec des compositions somptueuses et qui restent bien en tête, même une fois la console éteinte : du grand art. Alors même si tout n'est pas parfait, ce nouvel écrin pour cette masterclass de Zelda OOT est une immense réussite. Bon par contre, maintenant on veut le même traitement Majora's Mask s'il vous plait !










