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Le crowdfunding encadré trop tard ?

Le crowdfunding encadré trop tard ?
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Le crowdfunding ou financement participatif en français s'est démocratisé dans l'hexagone, or il est en pleine mutation actuellement.

Le crowdfunding encadré trop tard ?

Le crowdfunding ou financement participatif en français s'est démocratisé dans l'Hexagone avec l'avènement du portail de production musicale My Major Company créé en 2007 et géré par le fils de Jean-Jacques Goldman. La musique a donc été le fer de lance de ce nouveau mode de financement faisant intervenir les internautes. Ces derniers donnent une certaine somme d'argent leur permettant, suivant le montant, d'accéder à des paliers de rétributions ou remerciements plus ou moins élevés. Ensuite une fois la somme désirée atteinte, le projet est mis en chantier, et si l'objectif n'est pas atteint l'intégralité de l'argent recueilli est remboursé. Deux catégories distinctes existent toutefois, l'une vous permet d'être actionnaire du projet, l'autre de n'en être qu'un simple donateur. Ce principe s'est depuis quelques années beaucoup développé au sein de l'univers vidéoludique notamment grâce à la démocratisation d'une autre plateforme de financement, internationale cette fois-ci, Kickstarter.

 

 

Fondé en 2009, Kickstarter est depuis devenu le numéro 1 du secteur notamment grâce à un investissement important dans le domaine des jeux vidéo. De nombreux projets ont pu voir le jour via cette plateforme de financement participatif, l'un des plus célèbres est certainement l'Oculus Rift. Le succès de Kickstarter a donné des idées à d'autres portails comme KissKissBankBank, Tipee ou bien My Major Company qui a diversifié son offre hors du secteur musical. Le système de financement demeure malgré tout le même et en l'espace de quelques années ce modèle a permis de voir apparaître beaucoup de projets tout en permettant à ces plateformes d'empocher des chèques de plus en plus importants. Car chaque site récupère une part dans la somme finale récoltée, ce qui leur permet de se rémunérer d'une manière plutôt correcte il faut bien l'avouer. Quoiqu'il en soit, un tournant dans le secteur du crowdfunding semble pointer le bout de son nez et c'est forcément Kickstarter le premier qui nous permet de nous en rendre compte.

Les données chiffrées sont assez rares dans le secteur du crowdfunding. Si les sites communiquent beaucoup lorsqu'ils sont en pleine croissance, c'est logiquement moins le cas quand les résultats sont en baisse. Ainsi il a fallu une travail mené par une société tierce afin d'obtenir des calculs de prévisions pessimistes sur l'année 2014. Ico Partners a donc réalisé une étude complète sur Kickstarter et le moins que l'on puisse dire c'est que les pronostics sont plutôt mauvais. Si entre 2009 et 2013 la croissance a été continue, permettant à l'entreprise d'attirer jusqu'à près de 60 millions de dollars, 2014 se présente clairement sous un jour moins radieux. À la moitié de l'année nous en étions à un peu moins de 20 millions de dollars récoltés avec notamment une perte claire de vitesse sur les projets de plus de 10 000 $. Et cela n'irait pas en s'améliorant tant la situation semble s'être inversée. Idem au niveau des objectifs : si en 2013 24% des idées parvenaient à être financées en 2014, malgré des sommes d'argent réduites, c'est actuellement tout juste les 20% qui sont atteints. Le modèle économique florissant du financement participatif rencontrerait donc une véritable crise.

 

 

Le rapport complet est disponible à cette adresse : Ico Partners.com

 

Pour expliquer cette situation, on peut se pencher sur les différents problèmes qu'ont pu rencontrer certains projets onéreux. Nous vous citions plus haut l'Oculus Rift, or le rachat du projet par Facebook en décembre 2013 alors que l'objet n'est toujours pas commercialisé, et cela pour un montant de 2 milliards de dollars, vous donne quelques éléments de réponses. Les investisseurs qui participent au crowdfunding le font pour la plupart afin d'être au cœur du projet et d'avoir le sentiment de participer activement au développement d'un secteur qu'ils affectionnent particulièrement. Or lorsque ces derniers constatent qu'ils ne sont finalement que la dernière roue du carrosse c'est là que le bât blesse. De plus le nombre malheureusement trop important de projets qui ne voient jamais le jour ainsi que tous les donateurs qui ont le sentiment d'avoir été utilisés ne permettent plus au crowdfunding de bénéficier d'un bouche à oreille suffisamment positif pour combler les départs de donateurs mécontents.

Ainsi la communauté a vu son nombre exploser très rapidement pour atteindre un sommet en 2013 et retomber d'une manière assez importante cette année. Cela ne signifie pas pour autant la mort du financement participatif, les résultats demeurent corrects il faudra simplement modifier les habitudes et tenter de corriger les erreurs qui ont pu être commises particulièrement en accentuant l'encadrement des projets. C'est en cela que le décret qui est entré en application le 1er octobre peut aider à relancer ou tout du moins soutenir un secteur qui pèse tout de même près de 78 millions d'euros en France. Pendant que les banques prêtent de moins en moins facilement, le crowdfunding se présente comme étant une alternative intéressante qui peut grandement aider au développement des PME (petites et moyennes entreprises) et TPE (très petites entreprises). De plus la France ne semble pas souffrir encore d'un essoufflement comme aurait pu le laisser penser les résultats de Kickstarter.

 

 

Notre pays avait triplé ses résultats entre 2012 et 2013 et les experts planchent sur une croissance à presque 3 chiffres en 2014, cette hausse devrait toutefois ralentir ou tout du moins tendre à se stabiliser dans le secteur du jeu vidéo même si là aussi une baisse des dons n'est pas envisagée. Cela risque toutefois d'arriver un jour plus ou moins proche tant les difficultés que rencontre Kickstarter sont également connues, avec une médiatisation et un impact moindre, par chez nous.

La nouvelle loi chargée d'encadrer le financement participatif devrait donc mieux protéger les investisseurs. Ainsi deux statuts ont été créés suivant le mode de fonctionnement des sites. Ceux qui collectent l’argent des particuliers pour le reverser sous forme de prêt (gratuit ou non) ou de dons entreront dans la catégorie IFP (intermédiaire en financement participatif). Les autres qui reçoivent les fonds en échange d'une prise de participation des donateurs dans l'entreprise intègreront le statut CIP (conseiller en investissement participatif). En clair cela signifie que les sites IFP par exemple devront désormais obtenir un agrément auprès de l’autorité de tutelle et de régulation des banques (L’ACPR). De plus ils seront tenus de posséder un minimum de fonds propres fixé à 40 000 euros si le montant des fonds levés mensuellement n'excède pas 3 millions d'euros. Autre obligation, les portails devront souscrire à une assurance responsabilité professionnelle et vous aurez la possibilité de consulter leur historique sur l’Orias (registre des intermédiaires financiers). De cette manière vous pourrez savoir si l'entreprise est bel et bien déclarée et si elle a été sujette à des plaintes, élément important afin de rassurer les donateurs et éviter un certain nombre d'abus.

 

 

Suite des contraintes imposées, cette fois c'est l'investisseur qui ne pourra plus placer plus de 1 000 € dans un même projet et un site ne pourra pas emprunter plus d'1 million d'euros par idée. Concernant les sites soumis au CIP, les règles sont assez proches. Ces derniers devront notamment obtenir eux aussi un agrément auprès de l'autorité des marchés financiers (AMF) et ils seront d'ailleurs logiquement placés sous sa tutelle. La souscription d'une assurance responsabilité civile professionnelle et l'adhésion à une organisation professionnelle agréée par l’État sont également désormais obligatoires, tout comme l'inscription à l'Orias.

Ces nouvelles dispositions possèdent en revanche un point faible : les sites ne seront contrôlés qu'a posteriori, c'est-à-dire après qu'un investisseur mécontent aura déposé plainte. Cela ne permettra donc pas d'agir en amont et n'empêchera par conséquent pas les mauvaises surprises comme une faillite par exemple. En revanche vous aurez désormais plus de possibilités afin de vous rassurer avant d'investir. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour éviter une chute des investissements aussi importante que celle que devrait connaitre Kickstarter cette année si les prévisions d'Ico Partners se vérifient.

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MGG
vlm il y a 7 ans

Lol Basement Dweller. J' <3.<br /> <br /> Merci Maccoy pour cet article.<br /> <br /> ["l'investisseur qui ne pourra plus placer plus de 1 000 € dans un même projet"<br /> <br /> Sans Frank Underwood nous n'aurions pas eu les Nation Wars sur Starcraft 2.]<br /> <br /> Sauf que ce qu'a fait Frank Underwood va à l'encontre des principes du financement participatif. C'est du mécénat ; si il avait filé directement la thune à P and T d'ailleurs, il aurait gagné 4k dollars de taxes que Kisskissbankbank prend.<br /> <br /> Moi, je crois beaucoup en le financement participatif, et je pense que dans une certaine mesure c'est une alternative à l'actionnariat, c'est un financement plus direct.<br /> <br /> Le financement participatif ça rentre dans le flot de mutations de l'économie de partage... et le nouveau capitalisme.<br /> <br /> Le problème c'est que des les sites de crowdfunding s'engraissent actuellement ; mais ça c'est comme über, comme blablacar... Comme toutes les start-up qui vendent du "participatif" mais qui font de l'assurance sur de l'achat/revente. Ils vendent une logistique. <br /> Or, la logistique dans le crowdfunding c'est du vent actuellement. On le voit avec les abus non remboursés. C'est juste des beaux graphismes sur un site et un système d'intermédiaire bancaire. Est-ce que ça vaut autant de commissions ? Est-ce que le boulot logistique de ces intermédiaires vaut 10 fois la commission que se prend une entreprise logistique comme Amazon (qui offre bien plus de garanties et de services) ?<br /> <br /> La réponse est non obv ; <br /> <br /> La solution c'est que des types codent un site crowdfunding opensource et qu'on skip tous ses intermédiaires débiles et inutiles.<br /> <br /> C'est comme si tu voulais vendre une maison à un mec, et qu'une sorte d'"agence" prenait 10 pourcent de marge en intermédiaire pour mettre ta maison dans sa base de donnée alors qu'il te suffirait de mettre ta maison dans une base de données sur un site codé en opensource.<br /> <br /> Oh wait...

Basement Dweller il y a 7 ans

Ca sert à rien d'encadrer le crowdfunding, l'économie de marché se chargeait très bien de réguler le tout. Y'avait ceux qui donnait pas d'un coté et les pigeons de l'autre. Tout le monde était content.<br /> <br /> Petit schéma illustratif pour illustrer mon propos : [url]http://imgur.com/RHThdA1[/url]

chuky500 il y a 7 ans

Faut quand même dire que le projet c'est pas du tout pour encadrer les sites comme kickstarter ou mymajor company, c'est pour encadrer le financement de prêt avec les plateformes de la nef, anaxago et y en a un 3eme français je m'en rappelle plus. La plateforme de la nef avait un concept un peu mieux mais y a très peu de projets financables et j'ai un peu peur que limiter à 1000 euros ça tue le concept.<br /> <br /> Globalement c'est normal que le financement participatif soit en baisse, tout le monde a eu de mauvaises expériences, et même avec steam et l'early access on a souvent l'impression de se faire avoir (sauf pour le jeu Assetto Corsa qui déchire, celui là je le recommande).

longuedent il y a 7 ans

J'ai participé deux fois à du crowdfunding sur des projets francophone.<br /> <br /> Le premier était le tale of the lane géré par l'équipe de Chips et Noi et le deuxiéme était le projet Thunderbot.<br /> <br /> Ma participation n'était pas énorme mais plus que l'euro symbolique.<br /> <br /> Le fait est que dans les deux cas le crowdfunding n'est pas vraiment contrôlé c'est une question de personne et de confiance.<br /> <br /> Dans l'un des cas les promesses ont été respectée et l'argent a été utilisé pour ce qui était prévu et dans l'autre cas mon impression est d'avoir été mystifié par une personne qui avait une certaine renommée dans l'esport et qui a déçu énormément de gens dans son entourage également.<br /> <br /> Dans l'un des cas j'ai effectivement eu l'impression d'avoir aidé une organisation qui s'est lancée et qui est stable et saine dans sa relation avec la communauté.<br /> <br /> Et dans l'autre cas j'ai vu une tonne de promesse qui m'ont parue ma foi peu réaliste mais qui était soutenue par une personne connue et mon impression après un peu plus d'un an de projet est de m'être fait proprement arnaquer.<br /> <br /> J'approuve donc le systême en soit mais j'aimerai que les donateurs aie un droit de regard et de suivi sur l'argent investi comme n'importe quel actionnaire dans une entreprise normale ce qui n'a jamais été vraiment le cas pour l'instant.

NoGGnoWin il y a 7 ans

"l'investisseur qui ne pourra plus placer plus de 1 000 € dans un même projet"<br /> <br /> Sans Frank Underwood nous n'aurions pas eu les Nation Wars sur Starcraft 2.

chuky500 il y a 7 ans

Vous auriez pu mentioner un des autres principaux site, indiegogo.com. La différence c'est que même si la somme n'est pas récoltée entièrement, l'argent est quand même versé. D'ailleurs je ne crois pas qu'il y ait de frais et qunad on finance un projet on a directement accès au paypal de celui qui a monté le projet.<br /> <br /> Ca change un peu des sites à la kickstarter où il y a plein de projets bancals qui se font juste pour voir si ça peut récolter des sous, et ceux où on va donner plein de sous juste parce que le projet ne va pas se faire.

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