La société Ubisoft, censée être un des plus grands éditeurs mondiaux de jeux vidéo, a proposé de réduire jusqu’à 18 % des effectifs de son siège social à Paris dans le cadre d’un vaste plan de restructuration appelé “major company reset”. Cette annonce intervient juste après une série de décisions stratégiques majeures visant à réorganiser l’entreprise, réduire les coûts et faire face à des difficultés financières persistantes.
Rupture conventionnelle collective chez Ubisoft
Dans un email adressé aux employés le 26 janvier 2026, Ubisoft a indiqué avoir engagé des négociations avec les syndicats au sujet d’un dispositif appelé Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Il s’agit d’un mécanisme prévu par la législation française permettant de mettre en place des départs volontaires négociés collectivement, en lieu et place de licenciements directs. La proposition de la direction prévoit que jusqu’à 200 postes pourraient être supprimés dans ce cadre, soit environ 18 % des effectifs du siège parisien, principalement chez Ubisoft International.
Ubisoft a précisé qu’aucune décision définitive ne serait prise tant qu’un accord collectif n’aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises. Le groupe souligne aussi que cette initiative ne concerne que les salariés sous contrat français à Paris et n’aura pas d’impact direct sur d’autres entités Ubisoft en France ou à l’étranger.
Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de transformation interne. La semaine précédente, Ubisoft avait dévoilé un plan de réorganisation structurelle majeur qui voit ses équipes de développement réparties en cinq entités autonomes appelées "Maisons créatives", chacune dédiée à un type de jeu ou à un genre particulier. Cette nouvelle organisation vise à augmenter la clarté de la stratégie créative, mieux aligner les responsabilités et favoriser l’efficacité opérationnelle.
Annulation de jeux et restructuration
Dans les jours qui ont suivi ces annonces, Ubisoft a également confirmé l’abandon de six projets de jeux, parmi lesquels figurait le remake de Prince of Persia: The Sands of Time, ainsi que le report de sept autres titres en développement. Deux studios ont été fermés dans le cadre de cette même restructuration. Ces décisions s’inscrivent dans une volonté de recentrer les ressources sur des projets jugés plus stratégiques ou porteurs.
Sur le plan financier, ces changements font suite à une période difficile pour le groupe. La valeur boursière d’Ubisoft a nettement chuté récemment, reflétant les inquiétudes des investisseurs face aux résultats commerciaux décevants de certains titres, aux retards de production, ainsi qu’à des problèmes de dette et de performance globale. L’entreprise cherche aujourd’hui à réduire ses coûts fixes et à économiser plusieurs centaines de millions d’euros sur les prochaines années.
Le plan de rupture conventionnelle collective proposé vise donc à favoriser des départs volontaires avec indemnisation négociée, plutôt que des licenciements forcés, mais il pourrait néanmoins susciter des tensions avec les syndicats et une forte réaction de la part des salariés concernés. Certains représentants syndicaux ont d’ores et déjà critiqué la démarche, exprimant leur inquiétude quant au climat social et professionnel à l’intérieur de l’entreprise.
Une façon positive de voir ces annonces est que Clair Obscur: Expedition 33 a été développé en grande partie par d'anciens développeurs d'Ubisoft. Cela sera peut-être l'opportunité que certains attendaient, pour voler de leurs propres ailes ou pour rejoindre un studio dont la direction est moins calamiteuse.







