La plateforme de jeux en ligne Roblox, extrêmement populaire auprès des plus jeunes, fait aujourd’hui face à l’une des procédures judiciaires les plus importantes de son histoire aux États-Unis. Une plainte civile déposée par le comté de Los Angeles accuse l’entreprise américaine d’avoir insuffisamment protégé les mineurs contre les prédateurs en ligne. Selon les autorités, certaines fonctionnalités du jeu faciliteraient les contacts dangereux entre adultes et enfants, transformant un espace présenté comme ludique et sécurisé en environnement à risque. Cette affaire pourrait entraîner une amende massive et renforcer la pression réglementaire sur les plateformes numériques destinées aux mineurs.
Une plainte historique centrée sur la sécurité des enfants
Les plaignants reprochent principalement à Roblox de ne pas avoir mis en place des dispositifs de protection suffisamment efficaces. L’absence de vérification d’âge robuste, des outils parentaux jugés limités et des systèmes de signalement considérés comme insuffisants sont au cœur des accusations. D’après la plainte, la structure même de la plateforme favoriserait des interactions risquées, permettant à des adultes mal intentionnés d’entrer facilement en contact avec des mineurs.
Le succès colossal du jeu explique aussi l’ampleur des inquiétudes. Roblox compte des dizaines de millions d’utilisateurs actifs chaque jour, dont une part importante d’enfants de moins de 13 ans. Les autorités estiment que cette popularité impose des responsabilités accrues à l’entreprise. Plusieurs affaires individuelles évoquées dans la procédure dénoncent des situations de manipulation psychologique ou de harcèlement ayant débuté sur la plateforme avant de se poursuivre sur d’autres services en ligne.
Roblox se défend face à une pression judiciaire croissante
Face à ces accusations, Roblox conteste fermement toute négligence. L’entreprise affirme avoir investi massivement dans la modération et la sécurité, notamment grâce à des systèmes d’intelligence artificielle surveillant les conversations et à une coopération régulière avec les autorités en cas de comportements suspects. Elle rappelle également que certaines limitations existent déjà, comme l’interdiction d’envoyer des images via le chat interne.
Cependant, cette plainte s’inscrit dans un contexte plus large de critiques internationales visant la protection des enfants sur les plateformes sociales et vidéoludiques. Aux États-Unis comme en Europe, responsables politiques et associations demandent des règles plus strictes concernant la vérification d’âge et la modération des contenus. Si la justice donne raison aux plaignants, l’affaire pourrait devenir un précédent majeur pour toute l’industrie du jeu en ligne et transformer durablement la manière dont les espaces virtuels destinés aux jeunes sont encadrés.






