Pendant des années, les mini-jeux basés sur un aspect "sexuel" de la trilogie originale God of War ont été perçus par certains comme quelque chose de problématique et qui n'avait rien à faire dans un jeu, représentant une culture de "bro-gamer" provenant des années 2000. Pourtant, une révélation récente vient bousculer cette image pré faite de ces séquences. Alanah Pearce, scénariste historique du studio Santa Monica et de la saga God of War, a partagé des détails inédits sur les coulisses du développement, prouvant que ces moments, bien que crus, étaient portés par une vision artistique bien plus complexe qu'il n'y paraît.
Des femmes aux commandes des dérives de Kratos ?
Sortis entre les années 2005 et 2010, les trois premiers jeux God of War, présents sur PS2 et PS3, ont parfois été pointés du doigt pour leur violence et leur brutalité, mais pas que, puisque certaines scènes jouables et trop sexualisées ont été perçues comme étant hors sujet ou encore problématiques. Et avec l'annonce d'un de God of War Trilogy Remake, on peut se poser la question de savoir s'il serait bon de voir revenir ces séquences, ou s'il ne faut pas toucher l'œuvre originale.
Sauf que contrairement aux idées reçues qui attribuaient ces séquences à une vision purement masculine et sexiste des années 2000, Alanah Pearce a révélé lors de l'un de ses streams sur Twitch, que les mini-jeux érotiques présents dans la licence ont été, en grande partie, conçus par des femmes lors du développement au sein du studio de Sony, Santa Monica. Cette information peut changer radicalement la perception de ces scènes. Selon la scénariste, l'implication des femmes de l'équipe visait à s'assurer que ces moments ne soient pas simplement de la gratuité vulgaire, mais qu'ils conservent une certaine dimension esthétique et symbolique, propre à la mythologie grecque.
L'un des détails les plus frappants concerne la chambre d'Aphrodite que les joueurs ont pu découvrir dans God of War 3. Alanah explique que le design environnemental de cette pièce n'est pas du tout laissé au hasard, bien au contraire : "C’est pour cela que le lit d’Aphrodite ressemble à une vulve", a-t-elle déclaré sur son stream en répondant à quelques questions. Ce choix architectural, bien qu'audacieux, était une manière pour les créatrices de s'approprier l'espace et d'insuffler une imagerie féminine explicite dans l'univers brutal et très "viril" de la saga portée par Kratos. On est donc très loin de la simple blague lourde de développeurs, puisqu'il s'agissait d'un choix de design volontaire pour appuyer sur l'identité et la nature de la déesse de l'amour et de la fertilité.
Une approche entre respect de la mythologie et humour
Ce qu'on apprend en plus du secret de conception de ces séquences, c'est qu'elles servaient de respiration pour casser le rythme du gameplay, dans les anciens opus était constamment dynamique et brutal. Alanah Pearce a par ailleurs insisté sur le fait que l'équipe voyait ces moments avec une certaine forme d'humour et de légèreté. Il ne s'agissait pas de créer du contenu érotique ou "pornographique", mais bien de rester fidèle aux récits mythologiques où les dieux se laissent souvent aller à leurs pulsions, mais de le faire avec beaucoup d'autodérisions. La scénariste a rappelé également sur son stream que : "Nous voulions que ce soit amusant et que cela fasse partie de l'expérience globale sans que cela ne devienne le centre d'intérêt principal".
De plus, cette approche a permis d'intégrer des mécaniques de "Quick Time Events" (QTE) qui, bien que moins appréciées aujourd'hui, étaient à l'époque vraie évolution dans les jeux vidéo que ça soit au niveau des mécaniques ou de la façon de faire avancer une narration. Aujourd'hui, alors que la licence a pris un virage beaucoup plus mature et dramatique avec les opus nordiques sortis en 2018 avec God of War et en 2023 avec God of War : Ragnarok, ces révélations offrent un regard nouveau sur les anciens opus, et même un regard presque avant-gardiste sur la manière dont Santa Monica Studio gérait la provocation et la direction artistique sous l'ère PlayStation 2 et 3.








