Reanimal, c'est un peu la revanche des développeurs de Little Nightmares, qui ont du laisser la main pour un troisième épisode à la réception publique et critique pour le moins fébrile. En ce mois de février, le tout nouveau Tarsier Studios débarque donc avec un jeu d'horreur et de d'aventure jouable en coopération ou en ligne, avec la ferme attention de vous mettre le plus mal à l'aise possible. On a pu arpenter l'ile cauchemardesque du jeu, voici ce que nous en avons pensé.
- Genre : Aventure/Horreur
- Date de sortie : 13 février 2026
- Plateformes : PC, PS5, Xbox, Switch 2
- Développeur : Tarsier Studios
- Éditeur : THQ Nordic
- Prix : 39,99€
- Testé sur : PC
L'horreur en XXS
Reanimal se contente de peu pour se raconter : quelques échanges succincts entre les personnages (entièrement doublés en français), quelques cutscenes parfaitement intégrées au gameplay et pour le reste, c'est à vous de connecter les points de cette histoire de fou. Le postulat de départ est on ne peut plus simple, un frère et une sœur retournent sur une ile maudite afin de sauver leurs amis des griffes de créatures cauchemardesques, dans un élan de courage que peu d'entre nous aurait. Chaque pan de l'ile est gardé par son horreur sur pattes et la découverte de chaque zone va s'échiner à raconter l'histoire du monstre que vous finirez fatalement par affronter ou fuir, souvent dans des scènes spectaculaires.
Comme pour les Little Nightmares, les thématiques explorées par le scénario sont bien cryptiques et il faudra surement un travail communautaire conséquent pour déterminer tous les tenants et aboutissants de cette histoire de fous. Mais que ceux qui resteront à la surface ne s'inquiètent pas : après avoir traversé les 7 heures qu'il vous faudra pour voir les crédits du jeu, vous aurez la satisfaction d'avoir parcouru un véritable "cauchemar éveillé" avec Reanimal.
Petit cauchemar entre amis
Comme ses petits cousins de la série Little Nightmares, Reanimal est avant tout une expérience narrative et cinématique, comprenez par là qu'on ne viendra pas vous seriner toutes les 2 minutes avec une infobulle décrivant une nouvelle mécanique de gameplay. Le cheminement est on ne peut plus clair et les quelques commandes nécessaires aux deux joueurs sont vite imprimés. Et oui, 2 joueurs, parce que le titre de Tarsier est pensé avant tout pour être exploré en coopération : un mode solo est bel et bien disponible, mais vous perdez clairement quelque chose en le pratiquant de cette manière. D'autant que, contrairement à Little Nightmares 3, les développeurs ont eu l'excellente idée de proposer de la coopération en local.
Cela demande quelques ajustements pour savoir qui va avoir le plaisir d'orienter la caméra lorsque cela est possible, mais il s'agit néanmoins de la meilleure façon de profiter de Reanimal. Pour ceux qui ont déjà joué aux précédents titres de ces développeurs, l'expérience ne devrait pas vous dépayser. On oscille toujours entre de petites énigmes environnementales, des séquences d'infiltration simplistes à la tension maximale et des séquences cinématiques interactives spectaculaires, qui sont clairement les meilleurs moments du jeu. Cet enchainement de phases va d'ailleurs être répété de manière un peu trop scolaire pendant tout le jeu, ce qui fait que même avec sa durée de vie modeste (mais tout à fait convenable pour un jeu du genre), une certaine monotonie finit par s'installer dès la seconde créature rencontrée.
Ça n'empêche pas le jeu d'avoir ses moments de grâce, mais on aurait peut-être apprécié un peu plus d'inattendu dans son déroulé, quitte à chambouler sa structure peut-être un peu trop carré pour que le cauchemar soit complet. L'autre aspect du gameplay qui ne nous a pas pleinement satisfait au cours de l'aventure est sa propension à vous balancer dans des situations dans lesquelles vous finirez forcément par mourir, que ce soit par un manque de clarté des objectifs, ou à cause de la caméra, prévue avant tout pour la mise en scène. Cela finit par engendrer pas mal de frustration, avec des séquences horrifiques qui se transforment en bête séance de die & retry.
La cité des enfants perdus
Visuellement, Reanimal est une petite claque, que ce soit grâce à ses environnements gigantesques, son imagerie dérangeante particulièrement réussie, ou sa mise en scène explosive. C'est même le plus gros point fort de l'expérience, puisque chaque chapitre réussit à aligner des scènes qui vous marqueront à coup sûr. Mais au-delà de l'imagerie véhiculée par le jeu, il y a tout de même quelques parties qui viennent mettre à mal le plaisir de jeu, une fois encore. Tout d'abord, peu importe le choix de la luminosité, il s'agit d'un jeu beaucoup trop sombre : pour y voir correctement, il a fallu que nous poussions le gamma à des degrés qui viennent simplement ternir l'image.
Et avant que l'on soit accusé d'avoir une TV mal réglée, nous n'avons aucun souci sur d'autres jeux, il y a probablement un petit problème du côté de la gestion de la luminosité. Autre point gênant de l'enrobage graphique du jeu, cette fameuse caméra cinématique, qui va venir se placer dans des angles mettant en avant les environnements et les scènes, en oubliant parfois d'être pratique pour les joueurs. Comme on le mentionnait plus haut, cela fait partie des aspects du jeu qui donnent lieu à des séances de die & retry particulièrement frustrantes.











