Sony peine à proposer de grosses exclusivités sur PS5, mais il a eu le bon sens de partir sur un projet bien plus modeste avec God of War Sons of Sparta. Un jeu sorti par surprise en même temps que son annonce. Le moment est venu de découvrir à quoi ressemblaient les jeunes années de Kratos, lorsqu'il était déjà chauve, mais que c'est son frère qui l'accompagnait au combat.
- Genres : Action-aventure, Plateformes, Metroidvania
- Date de sortie : 12 février 2026
- Plateforme : PS5
- Développeur : Santa Monica Studio, Mega Cat Studios
- Éditeur : Sony Interactive
- Prix : 29,99 € (Base), 39,99 € (Deluxe)
Père Kratos, raconte-nous une histoire
L'histoire est littéralement le titre ci-dessus. Kratos raconte son enfance en tant que cadet de Sparte à sa fille, bien avant les événements des titres récents. En tant que jeune adolescent, il mangeait déjà du cyclope, des méduses, des minotaures et d'autres monstruosités mythologiques au petit déjeuné avec l'aide de son petit frère de onze ans un peu pénible, Deimos. Étant donné que même en tant que dieu dans les jeux suivants, ces monstres restent de rudes combats, on peut considérer qu'il embellit son récit pour distraire sa fille, alors qu'il lui fait la leçon sur le devoir, même si cela n'est normalement pas son genre.
Le scénario n'est pas palpitant, il donne un peu l'impression qu'ils ont étiré l'introduction du film 300 sur tout un jeu. À d'autres moments, ce sont juste deux gamins à la recherche de leur ami disparu entre deux discussions sur leurs profs et les filles qu'ils aiment à l'école des spartiates, avec un ton plus léger, voire humoristique. Cela serait surement plus agréable à suivre si l'histoire ne nous forçait pas à effectuer régulièrement d'interminables allers-retours jusqu'à l'Apogée pour faire son rapport.
Obligatoire : This is Sparta !
Sons of Sparta est un Metroidvania lourdement centré sur les combats, avec différents mécanismes à activer pour dégager le passage. L'aspect plateformes est plutôt anecdotique. Lesdits combats sont assez classiques. À l'époque, le petit Kratos se battait à la lance et au bouclier, ce qui implique un gameplay assez direct, avec des coups d'estoc dans toutes les directions, des combos, une esquive, la possibilité de bloquer et une parade. Investir dans des compétences permet de surtout de débloquer de nouveaux combos et enchaînements.
C'est simple et efficace, même si le jeu essaye d'offrir un semblant de profondeur avec les attaques spirituelles, consommant la barre jaune à l'écran. Elles infligent moins de dégâts, mais elles régénèrent votre vie, tout en remplissant plus vite la barre d'étourdissement de l'ennemi. Lorsqu'elle est pleine, on peut l'exécuter. L'esprit permet aussi de déclencher quelques coups spéciaux. Le problème est que les ennemis ne sont pas vraiment à la hauteur. L'IA est très limitée, qui reste bloquée sur le bord d'une plateforme pendant que vous lui donnez des petits coups de lance depuis la marche du dessous. On ne peut pas les pousser en contrebas, en revanche, il est possible de les faire sortir de la zone,
C'est d'ailleurs durant les combats que le jeu est le moins convaincant visuellement. En plus de la direction artistique générale souvent terne, voire laide, les modèles des ennemis ressemblent à des sprites en 2D dénués de relief ou de profondeur. Les coups ne déclenchent pas de gerbes de sang et ils sont régulièrement entourés d'un trait lumineux discordant avec le reste de la palette de couleurs, pour signaler une attaque dangereuse. Un autre problème est qu'il n'y a pas moins de quatre couleurs différentes, pour marquer des subtilités, comme l'impossibilité de bloquer ou d'esquiver, mais celle de parer.
En parallèle, plusieurs arbres de compétences offensifs et défensifs viennent enrichir encore le gameplay. L'équipement n'est pas oublié non plus, mais d'une manière extrêmement mesurée. N'espérez pas échanger votre lance contre des chaines, vous pourrez changer ses pièces et les améliorer, pour obtenir différents effets et bonus. Il en va de même pour le bouclier et la ceinture de Kratos.
L'ingratitude de la jeunesse
Metroidvania oblige, différents pouvoirs et objets offerts par les dieux viennent enrichir les capacités du jeune Kratos. Ils ignoraient probablement qu'il a écrit "Déicide" sur son plan de parcours professionnel. La fronde d'Apollon liée à une jauge de mana permet d'activer différents interrupteurs ainsi que de tuer impunément des ennemis décérébrés scotchés à leur plateforme. Il en vient un paquet d'autres par la suite et ils sont bien intégrés en général, ce qui donne autant de raisons de revisiter les lieux traversés auparavant pour accéder à de nouveaux passages secrets et trésors.
La tête de Lysandre est même un peu trop bien intégrée, puisque les fonctionnalités propres aux exclusivités PS5 sont intégrées au chausse-pied. Elle sert de radio à votre petit frère, dont la voix criarde sortira de manière impromptue du haut-parleur de la DualSense2. Il est impossible de désactiver ladite fonctionnalité à moins de complètement couper le son, ce qui vous privera de l'audio sur ces dialogues. Par la suite, on passera même par l'embarrassante pratique consistant à souffler sur le micro, un peu comme si on cherchait à draguer un général spartiate antique en lui soufflant à l'oreille. Est-ce que c'est pour se venger de cet affront que Kratos a massacré tout le panthéon Grec ?
Guerrier laconique
Tout n'est pas aussi triste et délavé que la zone de départ de Sons of Sparta. Dans son ensemble, la Laconie natale de Kratos est plutôt intéressante à visiter, avec des environnements à la fois nombreux et variés, ainsi qu'un grand nombre d'interconnexions. Mais le jeu montre rapidement ses limites, dans des domaines inattendus pour un jeu en 2D Pixel art sorti en 2026. Le bestiaire est assez limité par exemple (en plus d'être moche). Mais le pire est probablement la taille réduite de chaque écran de jeu à l'ancienne.
Oubliez les grands mondes ouverts sans interconnexion, on se croirait revenu sur Megadrive, y compris pour certaines musiques d'ambiance douteuses. Heureusement que d'autres musiques viennent remonter le niveau. Ce qui est encore plus étonnant est que la transition d'un écran à l'autre, ou un chargement après la mort, peut prendre de longues secondes. Il y a de quoi se poser des questions sur l'optimisation du jeu. C'est même assez frustrant lorsqu'on est censé sprinter d'une zone à l'autre pour réaliser un grand saut et que la transition est décalée. L'impossibilité de passer les dialogues rejoués à chaque fois n'aide pas non plus.
Sons of Sparta est plein d'éléments étranges et mal pensés du genre, ce qui soulève de nombreuses questions sur son développement. Une des plus grandes d'entre elles concerne le frère de Kratos. Il est censé vous aider au combat durant l'aventure, mais en pratique, cela n'arrive quasiment jamais et même quand cela a finalement lieu, il fait office de figurant. Le mode coopération de Sons of Sparta, pourtant listé sur la page du jeu, n'apparaît nulle part dans les menus. Ce n'est pas de la publicité mensongère, mais il faut finir une première fois l'aventure, pour débloquer le mode deux joueurs en mode local uniquement. C'est une décision plus que contestable à tous les niveaux et l'absence d'un véritable mode en ligne est tout aussi incompréhensible. Un patch à venir y remédiera peut-être, mais rien n'est moins sûr.






















