Comme Ubisoft peine à développer des nouveaux jeux de qualité, le studio et éditeur s'est décidé à faire des remakes de ses gloires d'antan. Il y est même parvenu avec Assassin's Black Flag Resynced, tandis que Prince of Persia Les sables du Temps s'est perdu dans une meilleure timeline. Précisons d'emblée qu'on va se concentrer sur les nouveautés du remake et sur le résultat général ici, plutôt que de revenir sur tout ce qui a fait la popularité d'Assassin's Creed Black Flag en 2013, dont vous pouvez lire le test que j'ai réalisé à l'époque (on se fait vieux).
- Genre : Action-Aventure, Infiltration, Monde ouvert
- Date de sortie : 9 juillet 2026
- Plateformes : PC, Xbox Series, PS5
- Développeur : Ubisoft
- Éditeur : Ubisoft
- Prix : 59,99 €
Assassin des caraïbes
Contrairement à l'original, Black Flag ne démarre pas dans les locaux d'Ubisoft Abstergo, mais directement en 1715 dans la peau d'Edward Kenway, un Galois multiclassé pirate/assassin/alcoolique. La suppression de la partie de la meta histoire se déroulant dans le monde moderne était vivement demandée par les joueurs de longue date, puisque (presque) tout le monde s'en moque et qu'elle casse le rythme. C'est donc une bonne chose, mais son absence se fait ressentir dans la structure du récit, comme l'histoire de Black Flag s'étale sur 7 ans environ sans même mentionner la fin.
Cela donne quelques transitions assez abruptes entre les différents chapitres, qui donnent la désagréable impression d'avoir raté des événements importants à chaque fois. Si on y ajoute quelques incohérences flagrantes, cela fait de l'histoire un des points faibles du jeu. Un des éléments que nous attendions de ce remake est qu'il vienne justement combler ces failles et qu'il vienne rectifier, ou au moins expliquer ce qui est perçu comme des incohérences.
De plus, le doublage français est d'une qualité très irrégulière. Certains dialogues ne sont pas du tout convaincants ni naturels, alors que lors de certains segments, les doubleurs n'ont pas l'air d'avoir reçu de direction pour leurs répliques. C'est rare, mais le timbre de la voix change même d'une réplique à l'autre lors d'un ou deux passages. En revanche, le problème de synchronisation labiale est omniprésent en français dans la version test du jeu.
La vengeance de Barbe noire
Ceci étant dit, l'histoire a effectivement été enrichie, avec l'introduction de trois officiers de bord pour le navire d'Edward, le Jackdaw : une charpentière, un maître d'armes et un artilleur. Leur recrutement passe par une série de quêtes, suivie de plusieurs missions additionnelles permettant d'explorer leur histoire personnelle.
En plus d'offrir des bonus utiles au Jackdaw, comme une seconde salve de projectile ou une charge navale, ils sont aussi au centre d'un chapitre annexe les opposants à un célèbre officier de la marine britannique particulièrement retord. Tout cela offre un peu plus de personnalité à l'équipage, tout en proposant quelques heures de jeu additionnelles. Dans ce domaine, le résultat est plutôt convaincant, même si on n'échappe pas aux habituels clichés du genre.
De son côté, la modernisation graphique d'Assassin's Creed Black Flag va sans dire et le résultat est généralement très convaincant pour un AAA moderne, même si on n'atteint pas les sommets en termes de fidélité graphique. En dehors de quelques rares bugs provocants de larges pertes de FPS forçant à redémarrer le jeu (3 fois en 40 heures de jeu), les performances et les finitions étaient au rendez-vous. Mentionnons aussi l'ajout d'une piste de lecture pour les chants marins, ce qui permet de choisir librement ce qu'entonnera votre équipage.
Parade toute-puissante
Contrairement aux titres récents, Black Flag Resynced n'utilise pas les mécanismes associés (à tort) au genre RPG, comme l'expérience, les arbres de talents et les gains de niveaux. Edward Kenley commence l'aventure avec la majorité de ses capacités d'assassin déjà débloquées. Quelques outils additionnels arrivent en cours d'aventure, comme la dague-corde ou les fléchettes. La progression dépend surtout d'une petite poignée de pièces d'équipement et de l'amélioration de ses sacoches après avoir massacré impitoyablement la faune locale pour récolter leur peau.
Le gameplay purement action des combats qui accompagne cette progression a aussi été un peu revisité. Les combats misent très (trop) lourdement sur les parades effectuées au bon moment, pour briser la garde des ennemis avant d'activer une exécution spéciale en 1s chrono. Les coups imparables, accompagnés d'une lueur rouge vous forceront à esquiver de temps à autre. Ces deux éléments suffisent à dominer les combats si vos réflexes ne sont pas trop rouillés, ce qui a tendance à les rendre aussi simples que répétitifs à moins de faire l'effort d'utiliser ses autres capacités.
Edward Kenwey peut se permettre d'affronter des dizaines d'ennemis en même temps sans sourciller si la discrétion n'est pas votre fort, surtout en faisant bon usage du reste de son arsenal comme la bombe fumigène et des fléchettes empoisonnées. Sa collection de pistolet de mousquets permet de briser la garde des ennemis plus robustes pour les exécuter ou de massacrer la piétaille. Il dispose aussi d'un fauchage et du fameux coup de pied Sparte pour faire tomber ses ennemis ou les pousser par-dessus bord, si vous souhaitez vraiment humilier l'adversaire.
Il est dommage que la majorité des ennemis soient tués en quelques instants avec une parade, puisque l'IA semble capable d'adapter leur réaction si vous utilisez le même type d'attaque en boucle. Un autre problème tient dans le manque de diversité du bestiaire, on affronte les six mêmes types d'adversaires humains d'un bout à l'autre du jeu, seule leur tenue change en fonction de leur allégeance.
La présence d'animaux agressifs comme les crocodiles et les jaguars est anecdotique à côté. L'introduction d'autres types de soldats, ainsi que de distinctions plus perceptibles pour chaque faction en termes de gameplay auraient été les bienvenues.
Monde plat
En dehors des combats, le remake s'est efforcé de gommer quelques problèmes dont souffrait le gameplay de Black Flag. Les déplacements et l'escalade sont plus fluides et agréables que jamais, tant que vous ne faites pas l'erreur d'appuyer sur la touche de saut lorsqu'il ne le faut pas.
La révision du système de filature et d'infiltration est aussi une bénédiction. La jauge de détection est à présent progression et ces quêtes disposent généralement de plusieurs résolutions possibles, au lieu de vous forcer à charger la partie. C'est assez mineur, mais c'est tout de même appréciable, puisque ces missions étaient frustrantes de mémoire. Dans le même domaine, ce n'est probablement pas quelque chose qui tiendra à cœur de beaucoup de monde, mais le mode multijoueur a tout simplement été supprimé.
Ce qui n'a pas vraiment changé est la structure du jeu. Si le monde ouvert maritime de Black Flag pouvait encore donner l'impression d'apporter un vent relativement frais au genre en 2013, ce n'est plus du tout le cas en 2026. Faire le tour des coffres et autres points d'intérêt de chaque zone est quelque chose qu'on a déjà fait des milliers de fois dans d'autres jeux et en termes de gameplay et de fun, leur intérêt est presque nul. Heureusement que leur nombre reste assez restreint dans le domaine maritime : les forts et les navires légendaires proposent quelques affrontements bien plus salés que le reste.
Les mini jeux et les cartes au trésor donnent aussi un peu l'impression d'être pris par la main. Les coordonnées du trésor sont tout simplement écrites sur un coin de la carte et même le jeu de dames utilise des règles outrancièrement simplifiées. Les tutoriels ont aussi la fâcheuse tendance à continuer de vous harceler jusqu'au bout de l'aventure, sans forcément vous expliquer quelques subtilités importantes.
D'un autre côté, ce qui n'avait probablement pas besoin d'une modernisation est l'Animus de Black Flag. Entre l'intégration de la boutique pleine d'éléments cosmétiques détonnant presque autant que les skins de Fortnite et que l'option payante d'afficher certains points d'intérêts sur la carte du monde, le tout avec des alertes de synchronisation dont on se serait bien passés. Au moins, on ne peut plus acheter d'armes légendaires, à moins d'avoir choisi l'édition Deluxe du jeu, qui vous offrira le meilleur équipement du jeu dès le début de votre périple, des fois que vous auriez peur de vous amuser et que vous êtes prêts à payer pour éviter ça.































