Sommes-nous en train d'assister à la fin d'Ubisoft ? L'entreprise française de développement, d'édition et de distribution de jeux vidéo enchaîne les polémiques depuis quelques jours. Après avoir annoncé l'annulation de plusieurs titres dont le remake de Prince of Perisa, les rumeurs sur le licenciement de 200 employés ne font qu'enfler et l'action en bourse d'Ubisoft n'a jamais été au plus mal. Plus récemment encore, un employé des bureaux situés à Montréal partage son expérience après avoir été sanctionné pour avoir critiqué publiquement l'entreprise.
Parler mal d'Ubisoft peut coûter cher
David Michaud-Cromp, chef d'équipe chez Ubisoft Montréal, explique avoir été suspendu trois jours sans soldes pour des raisons disciplinaires qui peuvent paraître complétement démesurées. Ses critiques publiques concernant l'obligation du retour au bureau par l'entreprise auraient été le déclencheur de tout cela. Sa hiérarchie lui a expliqué que cette sanction était due à un "manquement présumé au devoir de loyauté".
Voici le message qui lui a coûté cette suspension : "Alors… Ubisoft veut rétablir les 5 jours au bureau… parce qu’ils 'croient en la collaboration' mais enfin, nous ne sommes pas complètement stupides… nous savons très bien pourquoi vous voulez revenir aux 5 jours au bureau… (Attention spoiler : ce n’est pas une question d’efficacité ou de collaboration)".
Ce n'est clairement pas le seul à critiquer cette décision d'imposer un retour à 100% au bureau. De nombreux employés ont exprimé leur mécontentement notamment sur le forum interne de l'entreprise. Tout cela est d'autant plus incompréhensible quand on sait que l'équipe localisée à Paris venait tout juste de finaliser des négociations pour conserver deux jours de télétravail par semaine.
La restructuration de la dernière chance pour Ubisoft ?
Ubisoft a peut-être trouvé le plan de la dernière chance : une restructuration visant à simplifier le développement grâce à la création de ce qui a été nommées des "maisons créatives". Pour la faire simple, il semblerait qu'une nouvelle vague de suppressions d'emplois arrive afin de consolider un peu plus les nombreuses équipes de l'entreprise à travers le monde.
Ubisoft a récemment déclaré dans un communiqué officiel : "Afin de soutenir la mise en œuvre et le fonctionnement efficaces de ce nouveau modèle, le Groupe prévoit également de revenir à cinq jours de présence sur site par semaine pour toutes les équipes, complétés par un quota annuel de jours de télétravail". L'entreprise explique que cela permettrait de "renforcer la collaboration" ainsi que "la dynamique collective entre les équipes". Des augments qui ne semblent pas convaincre la plupart des employés.
David Michaud-Cromp a écrit sur son compte LinkedIn : "Ubisoft m'a informé aujourd'hui d'une suspension disciplinaire de trois jours sans solde, prenant effet demain". Il précise alors que cette décision fait suite à "des commentaires publics que j'ai formulés concernant la politique de retour au bureau de l'entreprise" tout en ajoutant "et fondée sur un prétendu manquement au devoir de loyauté". Il termine son poste en déclarant : "Je partage cette information par souci de transparence. Je prends acte de la décision et ne ferai aucun autre commentaire pour le moment".
Ubisoft semble donc au plus mal. Reste à voir ce qu'il adviendra de l'entreprise français. Pour le moment, les syndicats appellent à trois jours de grève "internationale" à compter du 10 février prochain.








