Il y a déjà quelques années, Solasta Crown of the magister, c'était avéré un bon moyen d'attendre Baldur's Gate 3 tout en se familiarisant avec les règles et les classes dérivées de Donjons et Dragons 5. Bien plus modeste que le titre de Larian, Solasta avait à la fois son lot de forces et de faiblesses, mais nous avons tout de même passé un bon moment dessus. Fort du succès relatif du premier titre, Tactical Adventures prépare une suite nettement plus ambitieuse, comme c'est souvent le cas avec les studios en pleine croissante. Voici un premier aperçu de Solasta 2.
- Genre : RPG tactique au tour par tour
- Date de sortie : 12 mars 2026 (Early Access)
- Plateforme : PC Steam
- Développeur : Tactical Adventures
- Éditeur : Tactical Adventures, Kepler Interactive
- Prix : 39,99 €
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Pour ceux qui n'auraient pas suivi, Solasta 2 utilise les règles SRD 5.2, qu'on pourrait décrire comme la version "Open source" de la dernière version en date de Donjons & Dragons. Cela lui permet de reprendre de nombreux mécanismes auxquels les joueurs sur table et les fans de BG3 sont familiers. Cela comprend une grande partie des classes, des races, les compétences et les mécanismes de combat, du moment que cela se déroule dans un autre univers, sans les personnages et les monstres qui restent sous licence.
Le point positif est qu'on échappe à Elminster et à Drizzt qui sauvent le monde chaque semaine et les scénaristes peuvent faire ce qu'ils veulent. Dans le cas présent, l'aventure se déroule dans le même univers que Solasta premier du nom, mais sur un nouveau continent nommé Neokos qui a son lot de problèmes.
Égalité entre les peuples
Comme dans le premier titre, on est libres de créer l'intégralité du groupe de 4 personnages par soi-même dans Solasta 2, à la manière d'un Icewind Dale d'antan. Un des défauts majeurs du premier Solasta était la laideur de ses personnages et le doublage qui laissait à désirer, ce qui n'est pas surprenant pour un jeu indépendant se concentrant sur l'aspect tactique. Cette suite permet de créer des visages plus librement et obtenir un résultat satisfaisant est tout à fait possible, même si on a fait l'erreur de partir à l'aventure avec des apparences aléatoires dont le résultat s'est parfois avéré assez horrifique.
Les choix offerts pour le moment sont assez limités, avec seulement 4 races et 6 classes et quelques sous-classes, mais c'est suffisant pour découvrir les nouveautés. Par exemple, les bonus de caractéristiques ne sont plus liés à la race, mais à l'origine, avec 3 points à attribuer librement après la distribution initiale. On s'y retrouve vite et la création d'un groupe complet à la fois équilibré et complémentaire peut être assez rapide.
Ce groupe est comme ma famille ! (littéralement)
Comme il n'y a pas de protagoniste, l'intégralité du groupe participe aux discussions ainsi qu'aux jets de caractéristiques liés aux différents choix, ce qui garanti d'utiliser le personnage le plus approprié. Un élément nettement plus original est l'extension de ce système déjà présent dans Solasta. Les membres du groupe ont une personnalité et des répliques liées à leur origine. Le doublage est, lui aussi, de bien meilleure qualité à présent.
Mais ce qui est original est que tous les membres du groupe font partie de la même famille, peu importe leur race, puisque ce sont des orphelins adoptés par une prêtresse notable qui vient de mourir. Comme dans toute famille disposant de nombreux enfants, ils ne sont pas tous traités de la même manière.
On se retrouve à devoir choisir le chouchou, l'intello, le sale gamin qui fait des bêtises et la figure parentale de remplacement, ce qui influencera les dialogues et les interactions entre les personnages que vous venez de créer. C'est une manière très élégante de leur donner une personnalité et d'obtenir un groupe vivant, sans rendre la tâche impossible pour les doubleurs. Mentionnons au passage que tout le groupe participe aux dialogues, ce qui permet d'utiliser automatiquement les meilleures compétences.
4 mages à un enterrement
L'histoire de Solasta 2 démarre lors d'un enterrement qui tourne mal. Les dramas familiaux échappent à tout contrôle avec une tentative de résurrection ratée et une téléportation de masse sur un autre continent, ce qui peut arriver lors de n'importe quel repas de famille. Notre petit groupe se retrouve au pire endroit possible : un empire plein d'elfes racistes, tout en ayant à accomplir une mission pour une divinité qui n'a pas pris la peine d'expliquer quel en est l'objectif, on espère qu'elle n'est pas pressée.
On retrouve ce qui est à la fois une force et une faiblesse de Solasta : l'histoire principale est à la fois linéaire et balisée, du moins au départ. Les objets avec lesquels on peut interagir dans l'environnement sont limités. Cela donne davantage l'impression de participer à une session normale de D&D avec un maître de jeu qui n'a pas l'intention de laisser son groupe dévier de l'histoire principale pour cambrioler chaque maison de la capitale ou édifier une montagne de tonneaux explosifs autour du boss.
La liberté d'action s'en trouve sérieusement restreinte, mais d'un autre côté, on entre rapidement dans le vif du sujet aussi et on progresse dans le scénario. Ceci étant dit, l'histoire principale n'est toujours pas palpitante, du moins au départ. Les choses évoluent par la suite, avec des enjeux plus importants, mais n'espérez pas être accroché dès les premières minutes. Heureusement, les combats sont là pour compenser.
Aventures tactiques
Si vous avez joué à Solasta Crown of the Magister, à Baldur's Gate 3 ou sur table, avec des règles proches de la 5ᵉ édition de D&D, vous devriez retrouver instantanément vos marques durant les combats. Solasta 2 dispose de deux modes de difficulté actuellement, un relaxé et un autre classique, à la difficulté nettement plus velue. On peut sentir qu'une grande partie de l'attention des développeurs s'est concentré sur cet aspect du jeu. Disposer d'un bon groupe, capable de gérer tous les jets de compétence et d'assurer tous les rôles au combat est essentiel.
On ne va pas réexpliquer ici le fonctionnement des combats sous SRD 5.2 ou D&D5, mais il convient de préciser que les opportunités d'abuser de l'environnement, de la fuite, des résurrections et des consommables étant nettement plus limitées que dans BG3 par exemple. Adopter une bonne position en exploitant le terrain et les tanks est essentiel. Bien que son aspect soit terriblement générique, l'interface a le mérite de toujours savoir rester simple, lisible et fonctionnelle. Dans ce domaine au moins, Solasta 2 domine complètement Baldur's Gate 3.
Les combats sont efficaces et intéressants, tandis que les environnements et le bestiaire s'avèrent suffisamment variés pour le moment. Les développeurs semblent d'ailleurs être conscients des habitudes des joueurs et l'IA dispose de plus d'un tour dans son sac, pour tenter de contourner les tactiques abusives. Cela laisse présager de bonnes choses pour la suite. Le multiclassage est présent, mais avec une limite de niveaux fixée à 4, autant dire que le contenu de haut niveau n'est pas disponible.
Une assez bonne surprise est l'intégration de personnages supplémentaires au groupe initial. Lors de l'accomplissement de certaines quêtes, qu'elles soient principales ou secondaires, on peut être accompagné par un ou deux PNJs contrôlables, ce qui porte le groupe à 5, voire à 6. C'est toujours appréciable pour les joueurs frustrés de voir la taille du groupe réduite par rapport aux titres d'antan.
Le tour de l'hexagone
Après avoir trouvé une excuse pour sortir du couloir faisant office de capitale aux elfes, on peut dire que Solasta 2 s'ouvre enfin. Les voyages sans grand intérêt du premier titre vers une destination prédéterminée ont été remplacés par des hexagones à explorer un à un en utilisant des points de mouvement, comme dans un Civilization par exemple. Chaque déplacement coûte un nombre de points dépendant du terrain, ce qui permet de faire disparaître le brouillard de guerre et de révéler des points d'intérêt annexes.
La gestion des déplacements est plutôt intéressante, puisqu'il faut gérer la fatigue, la tombée de la nuit, les rations et les points d'intérêt provisoires dont la disparition est imminente, sans que cela s'avère excessif pour autant. L'histoire principale vous place sur des rails, mais la carte du monde se prête bien à des quêtes et à des aventures annexes. C'est quelque chose qui manquait au premier titre et cela aide à contrebalancer la linéarité du reste du jeu. Un certain nombre d'événements aléatoires en chemin, comme une embuscade, permet aussi de créer quelques surprises.
Roadmap de Solasta 2
Dans l'état actuel, l'accès anticipé de Solasta 2 permet surtout de confirmer que le jeu dispose de bonnes bases, à la fois dans sa réalisation et son gameplay. Même les bugs étaient rares. On peut déplorer le manque de contenu, mais comme il vient juste de sortir, c'est tout à fait compréhensible. Une feuille de route est déjà disponible avec les ajouts à venir, comme des races, des classes, de nouveaux chapitres pour l'histoire et le système de fabrication prévus pour plus tard dans l'année.

























