Valve, l’entreprise derrière Steam, fait face à une pression juridique grandissante qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’ensemble du marché du jeu vidéo sur PC. Longtemps considérée comme l’un des acteurs les plus appréciés de l’industrie, la société se retrouve aujourd’hui au cœur de plusieurs procédures antitrust qui rappellent les batailles judiciaires menées ces dernières années contre Apple et Google au sujet de leurs boutiques d’applications.
Abus de position dominante et contraintes sur les prix
Au centre des accusations figure la position dominante de Steam sur le marché de la distribution numérique de jeux PC. Les plaignants estiment que Valve profiterait de son influence pour imposer des conditions défavorables aux éditeurs et aux développeurs. Plusieurs recours affirment notamment que la plateforme empêche l’émergence d’une véritable concurrence en limitant la capacité des studios à proposer des prix plus attractifs sur des boutiques concurrentes. Gabe Newell y répond « Valve n'a aucune politique ni pratique consistant à dicter les prix des développeurs tiers sur d'autres plateformes. »
Ce qui est un peu plus troublant est que, lorsque les avocats lui ont demandé comment Valve réagirait si un éditeur vendait moins cher sur une autre boutique, Newell a d'abord indiqué ne pas comprendre la question avant de l'éviter complètement en répondant : « Beaucoup de nos partenaires et beaucoup de nos clients sont très satisfaits du service que nous fournissons. ». La rumeur courant de longue date sur Steam serait que Valve impose aux éditeurs d'aligner le prix sur celui le plus bas des autres plateformes et d'offrir les mêmes opportunités aux acheteurs.
Steam serait un monopole selon certains
Les critiques visent également la commission prélevée par Steam, qui atteint généralement 30 % sur les ventes réalisées via la plateforme. Mentionnons au passage que ces 30 % sont aussi pratiqués sur consoles, avec des jeux significativement plus chers. Ces griefs rappellent fortement ceux adressés à Apple et Google. Les deux géants technologiques ont fait l’objet de longues procédures concernant les commissions imposées sur leurs magasins d’applications et les restrictions appliquées aux systèmes de paiement alternatifs. Plusieurs tribunaux et régulateurs ont finalement contraint les deux entreprises à assouplir certaines de leurs règles afin de favoriser davantage de concurrence.
Valve conteste toutefois ces accusations « Les joueurs disposent d'un choix énorme. ». L’entreprise affirme que Steam évolue dans un marché concurrentiel où les consommateurs et les développeurs disposent de nombreuses alternatives comme Epic, GoG, Uplay, les téléchargements en direct sur le site des développeurs, ainsi que les consoles. Elle soutient également que ses commissions financent les infrastructures, les outils de développement, les services communautaires et le support proposés aux utilisateurs de la plateforme.
Malgré cette défense, les procédures continuent de s’accumuler. Au Royaume-Uni, un recours collectif portant sur environ 656 millions de livres sterling a récemment été autorisé à poursuivre son chemin devant la justice. Aux États-Unis, plusieurs actions similaires contestent également les pratiques commerciales de Valve et son influence sur la distribution des jeux PC.
Si ces affaires aboutissent à des décisions défavorables pour Valve, elles pourraient profondément transformer le fonctionnement de Steam. Une modification des commissions, des politiques tarifaires ou des systèmes de paiement n’est plus à exclure, ce qui pourrait redéfinir l’équilibre économique de la principale plateforme de jeux sur PC.
Pour résumer, la ligne de défense de Gabe Newell : Steam dominerait le marché non pas grâce à des pratiques anticoncurrentielles, mais parce que les joueurs et les développeurs choisissent volontairement la plateforme en raison des services qu'elle propose.








