Après des mois de spéculations sur son prix, Valve a enfin levé le voile sur sa nouvelle Steam Machine et la réaction a été immédiate. Non pas à cause de ses performances ou de ses fonctionnalités, mais à cause de son tarif : 1 039 euros pour le modèle de base, sans manette incluse. Une annonce qui a immédiatement relancé la même question : pourquoi une machine pensée pour le salon coûte-t-elle presque deux fois le prix d’une console ?
La Steam Machine n'est PAS une console
La réponse officielle de Valve est assez inhabituelle dans l’industrie : par principe, l’entreprise refuse de subventionner son matériel. Là où Sony, Microsoft ou parfois Nintendo acceptent historiquement de vendre leurs consoles avec une marge très faible, voire à perte, pour récupérer ensuite l’argent grâce aux jeux, abonnements et services, Valve estime que ce modèle pousse vers des écosystèmes fermés.
Dans ses explications données à The Verge, Valve défend une idée très liée à son identité PC : selon l’entreprise, vendre du matériel sous son coût réel crée une forme de dépendance au constructeur. Le discours est que si une machine est financée par les ventes de jeux exclusifs ou les abonnements, le constructeur a intérêt à enfermer davantage les utilisateurs dans son propre système. Valve affirme au contraire vouloir que sa machine reste une option parmi d’autres dans l’écosystème PC, sans obligation implicite d’acheter sur Steam ou de rester dans SteamOS.
Autrement dit : la Steam Machine ne serait pas pensée comme une « console Steam », mais comme un PC compact vendu quasiment au coût de fabrication. Pierre-Loup Griffais explique même que l’objectif de prix est de rester proche de ce qu’il faudrait dépenser pour construire une machine équivalente pièce par pièce aujourd’hui. Les tests de performance réalisés par Digital Foundry et acheter des composants aux performances similaires à celles de la Steam Machine dans une boutique en ligne confirment ces propos.
Il ne faut cependant pas oublier que cela reste une machine optimisée, silencieuse et de très petite taille, disponible déjà montée et avec un OS dédié. La Steam Machine n'est clairement pas pour tout le monde, surtout à ce prix, mais pour les joueurs à la recherche d'un PC milieu de game émulant les fonctionnalités d'une console de salon, cela peut être un bon choix.
Les coûts des composants en hausse responsable
Le contexte industriel joue aussi contre Valve. L’entreprise explique que ses prévisions initiales de prix ont été fortement affectées par les tensions sur certains composants, notamment la mémoire et le stockage, ainsi que par l’évolution des coûts de fabrication sur les derniers mois. Valve reconnaît même que le tarif annoncé n’était pas le plan de départ.
Mais cette philosophie soulève aussi des critiques. Une partie des joueurs rappelle que Valve prélève déjà sa commission sur Steam et pourrait théoriquement absorber une partie du coût matériel pour rendre l’appareil plus attractif. Mais dans ce cas, les scalpers risqueraient d'acheter la Steam Machine pour revendre ses composants PC après l'avoir désossée.
On ne peut néanmoins pas nier qu'à plus de 1 000 euros, la machine devient difficile à vendre à la fois aux joueurs console qui trouvent des alternatives moins chères et aux joueurs PC qui peuvent parfois assembler une configuration plus flexible pour un budget proche.
Ce qui rend le débat intéressant, c’est qu’il dépasse largement Valve. Pendant des années, le prix des consoles a donné l’impression qu’une machine de jeu puissante devait coûter 500 ou 600 €. La Steam Machine rappelle soudain quelque chose que l’industrie masque souvent : le vrai coût du matériel haut de gamme est probablement beaucoup plus élevé que ce que les consoles nous ont habitués à payer.









