Depuis sa révélation, The Blood of Dawnwalker était surtout regardé comme « le RPG de vampires fait par d’anciens développeurs de The Witcher 3 ». Mais plus Rebel Wolves en montre, plus on comprend que le studio vise quelque chose de beaucoup plus ambitieux : non pas un jeu unique… mais une saga entière construite autour des conséquences des joueurs sur plusieurs siècles.
The Blood of Dawnwalker : une saga qui traverse les ages
La dernière bande-annonce que vous pouvez visualiser ci-dessus a d’ailleurs surprise beaucoup de monde avec son ouverture inattendue. Pendant quelques instants, on n’est plus dans la fantasy médiévale sombre vendue depuis le début. La vidéo bascule dans un cadre contemporain, avec un décor urbain moderne avant de révéler qu’il s’agit toujours de The Blood of Dawnwalker. Une séquence volontairement déstabilisante qui a immédiatement lancé des théories sur un changement d’époque ou un virage façon Vampire: The Masquerade.
Mais Rebel Wolves a rapidement précisé son idée : le premier jeu reste entièrement situé au XIVe siècle. Le twist moderne n’est pas une annonce de voyage temporel ni une seconde moitié du jeu. C’est plutôt un aperçu du plan global. Le studio explique que The Blood of Dawnwalker est pensé comme le premier chapitre d’une saga, et que les épisodes suivants pourraient traverser différentes périodes, régions et cultures au fil du temps, un peu comme Assassin's Creed. Le détail le plus ambitieux est ailleurs : les choix des joueurs seraient conservés entre les épisodes.
Rebel Wolves affirme vouloir permettre aux décisions prises dans le premier jeu d’influencer les suivants via des transferts de sauvegarde une approche qui rappelle évidemment des séries comme Mass Effect ou The Witcher. L’objectif affiché n’est pas seulement de faire des clins d’œil, mais de construire une continuité où certaines conséquences survivent sur plusieurs générations. Sur le papier, c’est extrêmement séduisant. Et en même temps, c’est probablement la promesse RPG la plus dangereuse à faire, puisqu'elle est quasiment intenable.
Parce que l’histoire récente du genre montre que ce concept est beaucoup plus compliqué qu’il n’en a l’air. Beaucoup de séries ont promis des choix persistants… avant de réduire leur impact à quelques dialogues, des caméos ou trois questions au lancement du jeu suivant. La raison étant qu'il n'est pas possible de développer des branches séparées du jeu pour chaque combinaison de choix possible, même avec 3 choix successifs cela donne déjà 8 possibilités. Cela limite fortement leur impact en pratique et la seule solution serait de faire appel à des IA génératives capables de développer par elles-mêmes des jeux convaincants, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.
Une promesse impossible à tenir ?
The Witcher 3 avec sa scène du bain en est un exemple et le choix le plus notable du jeu précédent est la survie d'un certain personnage, qui sera présent ou non avec une quête dédiée. La fin de Mass Effect 3 est un exemple notable dans ce domaine, puisque les développeurs se sont contentés d'offrir 3 choix génériques aux joueurs, au lieu de prendre en compte toutes les variables.
Ce qui donne malgré tout un peu de crédibilité au projet, c’est que cette philosophie est déjà au cœur du premier jeu. Depuis ses premières présentations, Rebel Wolves décrit The Blood of Dawnwalker comme un bac à sable narratif, avec des quêtes réalisables dans différents ordres, des factions qu’on peut ne jamais rencontrer, des personnages qui peuvent disparaître définitivement et un système de temps limité où chaque décision consomme une ressource réelle. Même l’inaction est censée avoir des conséquences.
Le héros, Coen, vit déjà dans une structure inhabituelle : humain le jour, vampire la nuit, avec 30 jours et 30 nuits pour atteindre ses objectifs, sans que l’échec mette fin automatiquement au jeu (supposément). Au fond, ce que Rebel Wolves vend ici n’est pas seulement un RPG de vampires. Le studio vend l’idée que ton histoire pourrait continuer pendant des siècles.
C’est une promesse énorme pour un premier projet. Et c’est peut-être pour ça qu’elle intrigue autant : soit The Blood of Dawnwalker réussit quelque chose que très peu de RPG ont vraiment tenu sur la durée. C'est quelque chose dont on ne pourra juger qu'après avoir terminé un hypothétique The Blood of Dawnwalker 2 dans de nombreuses années.











