Pendant longtemps, les joueurs imaginaient qu’un remake de Assassin’s Creed IV: Black Flag serait un projet relativement contenu : reprendre un jeu déjà populaire, moderniser les graphismes, corriger quelques mécaniques vieillissantes et relancer l’un des épisodes les plus populaires de la série. Mais en pratique, l'inverse s'est produit.
15 studios d'Ubisoft impliqués dans Assassin's Creed Black Flag
Les nouvelles informations autour de Black Flag Resynced racontent une réalité beaucoup plus spectaculaire : selon Insider Gaming, pas moins de 15 studios Ubisoft auraient participé au développement du jeu. À première vue, le chiffre paraît presque absurde pour un remake.
- Singapour (Studio principal)
- Barcelone
- Belgrade
- Bordeaux
- Bucarest
- Chengdu
- DaNang
- Indie
- Kiev
- Montpellier
- Montréal
- Philippines
- Shanghai
- Sofia
- Québec
Le studio de Belgrade vient d'ailleurs d'être fermé alors que celui de Barcelone a été restructuré. On parle ici d’un volume de production qu’on associe généralement à une nouvelle licence AAA gigantesque ou à un projet-service de très grande ampleur pas à la reconstruction d’un jeu sorti en 2013. Pourtant, plus on regarde le contexte Ubisoft actuel, plus ce choix commence à avoir du sens. D’abord parce que Black Flag Resynced n’est manifestement pas pensé comme un simple remaster.
Ubisoft l’a déjà présenté comme un remake complet reconstruit avec la dernière version du moteur Anvil, avec un système de combat revu, du parkour modernisé, de nouvelles missions, des séquences retravaillées et plusieurs pans du jeu entièrement reconstruits. Les développeurs expliquent même que « chaque petit moment du jeu a dû être recréé ». Mais le plus intéressant n’est peut-être pas la technologie, mais le symbole.
Un symptôme des problèmes d'Ubisoft ?
Car derrière ce remake, on retrouve principalement Ubisoft Singapour ce qui crée une boucle presque ironique. C’est ce studio qui avait participé au Black Flag original avant de passer plus de dix ans à développer Skull and Bones, un projet né au départ comme une extension de ses batailles navales avant de devenir un jeu autonome après une succession de retards et de réorientations. Aujourd’hui, le studio revient exactement au point de départ : refaire le jeu qui avait inspiré cette aventure.
Et difficile de ne pas voir dans ce projet quelque chose de plus large que Black Flag lui-même. Ubisoft traverse depuis plusieurs années une période compliquée : retards, restructurations, annulations de projets et pression financière. La société a récemment engagé une réorganisation importante de son portefeuille de jeux pour réduire les coûts et retrouver des sorties plus fiables.
Dans ce contexte, mettre quinze studios sur un remake ressemble moins à un excès qu’à une décision calculée. Black Flag reste l’un des épisodes les plus unanimement appréciés de la licence. Miser dessus permet de réduire le risque : marque connue, base de fans déjà installée, technologie maîtrisée et potentiel commercial plus prévisible qu’une nouvelle IP. Mais cette stratégie pose aussi une question un peu inconfortable. Quand il faut mobiliser l’équivalent d’une armée de studios pour refaire un jeu de 2013, est-ce que cela montre la puissance d’Ubisoft… ou la difficulté croissante de produire des AAA modernes ? Cela peut aussi expliquer en partie les difficultés rencontrées par le studio, si le développement est aussi étalé, tout coordonner est presque impossible alors que les couts ne font qu'augmenter.










