Sortir un jeu pendant cette période surchargée, c'est de la folie furieuse et en particulier un metroidvania, juste avant le fameux Castlevania de Evil Empire. Mais qu'à cela ne tienne, Well Dweller est disponible depuis quelques jours sur Nintendo Switch, PS5, Xbox et PC pour une petite quinzaine d'euros. On s'est plongés dans la nouvelle aventure lugubre du développeur de l'Oregon et voici ce que l'on en a pensé.
Cervelle d'oiseau
A la surface, c'est la hess : les humains ont du abandonner leurs terres pour des histoires qui ne regardent qu'eux. En forêt, ce n'est guère mieux : les quelques animaux survivants au mystérieux mal qui ronge la terre doivent jouer des coudes pour se nourrir. Et c'est dans ce contexte tendu que vous prenez le rôle d'un petit oiseau condamné à se coltiner ses petits frères. Votre première mission : aller chercher le repas pour toute la smala jusqu'à la cabane du chasseur qui se trouve à quelques centaines de mètres du nid. Une opération de routine qui va vite se transformer en épopée à travers les bois, entre course-poursuites horrifiques et phases de plates-forme tendues. Dès que l'on lance Well Dweller, on sait que c'est un jeu de Kyle Thompson et ce n'est pas tant par la direction artistique crayonnée du jeu très réussie, que par ces animations découpées membre par membre, comme si chaque bout de personnage était un aplat sur le décor en 2D.
Ça donne un visuel assez singulier, que l'on avait donc déjà vu à l'oeuvre dans les 2 autres metroidvania du même auteur, Islets et Crypt Custodians. Le rendu est particulier et pourra déplaire, justement à cause de ces actions étrangement déliées, mais pour ceux qui accrochent, Well Dweller est une petite merveille. On pourra lever un sourcil lors de certaines séquences où les bords du niveau viennent un peu gâcher l'esthétique globale, mais c'est aussi une manière de rendre les plates-formes plus visibles lors des séquences intenses en action. Ce n'est pas ce qui va empêcher WD de réussir à nous plonger dans son ambiance marquée d'une douce mélancolie : les boss sont monstrueux et une vraie atmosphère se dégage des zones et des thèmes musicaux qui les accompagnent, une bien belle réussite.
Les chevaliers qui disent Nid
Là où Well Dweller va réussir à se distinguer de ses nombreux homologues, c'est dans les compétences que votre piaf va acquérir tout au long de son voyage. Très vite, vous mettrez les plumes sur un arc, qui ne servira pas à attaquer, mais à créer des plates-formes sur lesquelles vous pourrez rebondir. La grenade de feu lambda va pouvoir être frappé en plein air par l'allumette qui vous sert d'arme principale afin de gagner en allonge. Voilà le genre d'idées proposé aux joueurs dès la première prise en mains et forcément, ça donne envie de voir la suite. le bestiaire se montre vite bien plus agressif et si on ira pas jusqu'à évoquer les souls-like, il faut bien admettre qu'il est possible de se prendre de belles fessées si on est pas suffisamment attentif (ça reste tout de même bien plus abordable qu'un Silksong). Le jeu va constamment faire appel tour à tour à votre matière grise puis à vos réflexes, avec des séquences de poursuites toujours bien rendues et amusantes à compléter.
Pour les amoureux des challenges annexes, des salles défis sont à retrouver un peu partout sur l'immense carte du monde, de quoi monter en puissance tranquillement. D'ailleurs à ce sujet, on reste sur du classique côté progression, puisqu'il s'agit du système déjà vu et revu des trinkets à la Hollow Knight : c'est efficace et c'est tout ce qu'on lui demande, son originalité n'est pas là. Et s'il y a tous les ingrédients pour passer un excellent moment, il y a quand même quelques points qui viennent tirer l'expérience vers le bas et en particulier quelques imprécisions frustrantes dans le platforming. Certains sauts qui devraient passer ne passent pas, tout comme des flèches qui ne se plantent pas et ainsi de suite. Et de manière suffisamment récurrente pour que ce soit souligné. De là à gâcher à l'expérience ? Absolument pas.
Notre avis sur Well Dweller
Ne vous fiez pas à sa construction finalement très scolaire pour un jeu du genre, Well Dweller a plus d'un atout dans sa besace pour s'extirper de la masse de metroidvania qui pullule sur les stores. Il s'agit d'un titre dans la droite lignée de ce que Kyle Thompson a produit jusqu'ici, avec un gameplay qui se permet quelques folies et un level design réjouissant. En somme, une expérience de qualité, à prix doux, qui va vous donner le sourire pendant une petite quinzaine d'heures : on prend !






