Disponible le 29 mai prochain sur consoles et PC, Mina the Hollower est le dernier projet d'envergure de Yacht Club Games. Après plusieurs reports et un développement qui aura duré plus de 4 ans, les aventures de la muloteuse s'apprêtent enfin à débarquer sur nos machines ! On a eu la chance d'y jouer en avance et de le poncer pendant près de 30 heures : voici ce que l'on en a pensé.
- Genre : Action / Aventure
- Date de sortie : 29/05/2026
- Plateformes : PC, PS5, Xbox, Nintendo Switch
- Développeur : Yacht Club Games
- Éditeur : Yacht Club Games
- Prix : 19,99€
- Testé sur : PC
Mouse of cards
Ingénieure de génie, Mina est appelée en urgence sur l'ile de Tenebria pour examiner les réacteurs à bluette qu'elle a elle-même conçue : son invention poserait quelques soucis à la population locale. Oh 3 fois rien, ceux qui approchent de trop près les lieux sont directement transformés en monstre. Après une arrivée en bateau mouvementée, notre petite souris sans peur et sans reproches va donc se mettre en route pour réparer les 6 réacteurs placés à chaque point cardinal de la région. Elle sera aidée dans son aventure par la guilde des muloteurs, mais aussi par Lionel le maire du coin, très apprécié par ses administrés. Plus qu'un scénario sympatoche, YCG tente de nous vendre un univers unique et complet, avec ses propres et surtout une ville de Ossex fourmillant de vie. Un pari à moitié réussi selon nous : s'il y a effectivement de la vie dans le coin, l'ensemble manque de "réactivité" par rapport aux événements qui ont lieu au cours du jeu. Un personnage placé à un endroit fixe aura le même dialogue du début à la fin du jeu et qu'importe si une bataille gigantesque éclate à 5 mètres de sa position.
Il y a bien les éditions spéciales du journal local qui viennent célébrer chaque avancement significatif dans la quête de Mina, mais ce n'est pas suffisant. Petite déception également du côté du scénario, forcément très simple, mais que l'on voit venir à 10 kilomètres dès l'introduction. Shovel Knight avait aussi ce petit côté prévisible, mais sa conclusion parvenait à boucler l'aventure de manière mémorable. Ici, c'est beaucoup plus timide et, osons le dire, moins inspiré, même si cela laisse des ouvertures béantes vers d'éventuels DLC scénarisés. Malgré toutes les réserves détaillées au-dessus, il faut admettre que le monde de Mina nous a tout de même charmé, avec ses zones pleines de personnalité, qui ne tombent pas dans les sempiternelles zones de forêt, volcan et glacier. Le tout est en plus porté par une OST dynamique de grande qualité, à condition de ne pas être réfractaire à la chiptune.
La darksoulisation de Zelda
Mina the Hollower emprunte autant aux Zelda GameBoy qu'aux souls-like et plus précisément à Bloodborne, en affichant, en prime, quelques idées fraiches et plutôt intéressantes. La carte peut être explorée comme bon vous semble, même si quelques barrières liées à certaines ressources précieuses viendront forcément vous empêcher d'avancer jusqu'aux derniers donjons du jeu. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'on est pas totalement face à un Zelda pur jus, puisqu'il n'y a aucun outil supplémentaire de type grappin ou ocarina pour vous permettre de progresser. C'est assez étrange, mais à la place, Mina va compter sur des expérimentations avec ses armes secondaires et ses reliques pour proposer des passages secrets qui paraissent infranchissables. Plutôt déroutant, puisque les fameuses armes secondaires sont perdues à chaque mort et qu'elles n'apparaissent qu'à des spots précis de la carte, rendant les tests particulièrement périlleux.
Au moins les reliques font le job, avec des emplacements fixes et qui fonctionnent peu ou prou comme ceux de Hollow Knight, mais il n'empêche que cette progression très morcelée est étrange. Finalement, les seuls vrais barrages de progression sont liés au nombre de fioles d'estus max que vous avez sur vous et aussi au nombre de bluettes, qui correspond grosso-modo à votre nombre de vies maximum. Et c'est là qu'on va commencer à causer souls-like, puisque chaque mort dans Mina, du moins au début, est un gros risque de perdre tous vos os, correspondant aux âmes des jeux FromSoft. Une punition qui peut facilement faire perdre plusieurs dizaines minutes de jeu, mais justement, les bluettes préviennent la perte des os à partir du moment où elles ne sont pas toutes consommées : si vous avez par exemple 2 bluettes, il faudra que vous soyez mis en échec par 3 fois pour perdre tout votre expérience.
Et ça arrivera, parce que la difficulté de Mina est brutale : les ennemis frappent fort, de nombreux écrans du jeu sont bourrées de pièges et ce dernier est de toute façon assez impitoyable du début à la fin. Il va falloir persévérer, au moins au début, jusqu'à récupérer un équipement décent et plusieurs améliorations de statistiques. Difficile donc, mais loin d'être insurmontable et surtout, particulièrement ingénieux lorsqu'il s'agit de vous balancer de nouvelles manières d'exploiter le level design de ces zones. C'est cette inventivité dans la construction des niveaux qui pousse à aller de l'avant dans Mina et ce qui fait probablement sa plus grande force. C'est simple, en dehors des reliques mentionnées plus haut, vos actions se limitent à une attaque, un saut et la possibilité de vous enfouir sous terre quelques secondes. Malgré cette palette de mouvements de base limitée, Mina parvient à se renouveler pendant la grosse vingtaine d'heures que dure l'aventure.
Pixel perfect
Pour ce nouveau titre, Yacht Club Games s'est imposé les restrictions techniques d'une production GameBoy Color, pour un rendu qui devrait immédiatement faire fondre le coeur des nostalgiques. Cela fera surement marrer ceux qui ne jurent que par les AAA, mais Mina est est un titre à la réalisation impeccable, qui ne va finalement être gêné que par son point de vue isométrique. Et ce n'est pas seulement visuel : la perspective fait qu'on a le droit à quelques soucis de collision, puisqu'en pensant taper face à nous, l'arme ricoche vers le haut en se prenant ce qui est pourtant un plafond. Pas de quoi piétiner toutes les bonnes ondes que Mina a à diffuser, mais dans un titre aussi difficile, les morts qui ne sont pas de la faute du joueur sont particulièrement frustrantes.
Qu'à cela ne tienne, cela ne nous a pas empêché de relancer l'aventure en NG+ une fois les crédits défilés afin de voir les modificateurs de partie, qui correspondent plus ou moins à un système de "mods" directement intégré dans votre partie. Ces options sont destinées aux amateurs de runs farfelues et à ceux qui ont envie de se faciliter la tâche lors d'une nouvelle partie. Et honnêtement, même si l'on voit l'attrait potentiel de cette surabondance d'options, afin de personnaliser à fond l'expérience, on aurait bien du mal à le considérer comme l'un des grands points positifs de Mina the Hollower : c'est là, c'est cool, mais cela n'en fait pas un meilleur (ou un moins bon) jeu.











